Samedi 18 septembre 2021

Lassaad Mhirsi, entre carrière diplomatique et création artistique

Par Hélène Decaestecker | Publié le 06/05/2021 à 05:30 | Mis à jour le 06/05/2021 à 12:49
Photo : Helene Decaestecker
Lassaad Mhirsi ambassadeur et peintre

Ambassadeur de Tunisie en Grèce depuis 4 ans, Lassaad Mhirsi consacre son temps libre à la peinture. Il s’inspire de son quotidien, de ses voyages, d’un petit rien, ou d’un peu tout à la fois. Dans son atelier, à côté des pinceaux et tubes de peinture, il revient sur son parcours, en tant que représentant de son pays à Athènes, ainsi que sur sa passion, à laquelle il s’adonne régulièrement.

Ambassadeur Tunisie peintre
Crédit Photo : Helene Decaestecker 

 

Des portes de l’ambassade aux pinceaux de son atelier

Ses premiers pas dans le monde de la diplomatie, Lassaad Mhirsi les attribue au destin. “Je faisais mon doctorat de lettres à Paris” commence t’il. ”J’étais boursier d’Etat, j'habitais la cité universitaire. Un jour, j’y ai rencontré le ministre Tunisien des affaires étrangères. Je lui ai dit que je finissais mon doctorat et que je rentrerai à Tunis ensuite. Je lui ai également dit que j'avais auparavant étudié l’espagnol. Il m’a alors suggéré de le contacter à mon retour, car le ministère recherchait quelqu’un qui parlait cette langue. Une fois rentré en Tunisie, j'ai été appelé quelque mois plus tard et j’ai commencé à travailler au ministère des affaires étrangères. J’y ai évolué jusqu’à devenir directeur des relations avec l’union européenne !”.  

 De l'Espagne, au Sénégal, au Liban et à la Grèce aujourd’hui, sa carrière diplomatique l’a amené à vivre dans différents contextes culturels. “C’est une vie de nomade qui comporte des avantages et des inconvénients. Ça peut être difficile pour les enfants de s’adapter mais ça peut aussi être très enrichissant !”. Pour sa compagne, la difficulté est toute autre. En tant que femme de diplomate, elle n’est pas autorisée à travailler dans le pays dans lequel son mari est accrédité, mais peut, en revanche, s’adonner à des activités sans but lucratif.

Lassaad Mhirsi, lui, s’est laissé imprégner de ces expériences dans différents univers, aux histoires, couleurs et senteurs variées, qui colorent aujourd’hui les toiles de son atelier.

 

Une vie en peinture

Celui-là, c’est Corrida. Il symbolise le pouvoir des femmes qui soufflent sur le monde et le transforment. Greek landscape représente la méditerranée.” Sahara, Favelas, This is war, Sérénité... Lassaad Mhirsi est l’auteur de dizaines de peintures abstraites, aux formes, couleurs et textures très différentes. Depuis son premier coup de pinceau, des années se sont écoulées et bien plus d’heures passées à peindre, moyen pour lui de s’évader et de s’exprimer.

C’est simple, l’été je pêche, l’hiver je peins ! J’ai commencé en 1998 en Espagne,” se souvient -il. “J’ai habité dans un immeuble ou vivait un Tunisien qui peignait. J’ai commencé à apprendre avec lui à peindre à l'huile. Aujourd’hui j’utilise plutôt l’acrylique et l’huile lorsque j’ai envie de passer plus de temps avec un tableau.” Explique-t-il.

Ambassadeur Tunisie peintre
Crédit photo : Helene Decaestecker 

L’inspiration, Monsieur Mhirsi ne se l'explique pas vraiment.  “Lorsqu’on me parle d’inspiration ou de motivation, je réponds qu’elle provient de la vie ! Ce que tu vois au quotidien, les gens que tu rencontres, les voyages, un détail dans un film, un livre, un tableau, c’est ça qui est enrichissant. L’inspiration provient de choses très simples, que l’on ne remarque plus forcément avec l’habitude, parce que l’on vit comme des fous. Mais lorsque l’on voit la beauté du monde dans lequel on vit, c’est grandiose !

A Athènes, Lassaad Mhirsi a eu l’occasion d’exposer publiquement son travail pour la première fois à la galerie municipale de Psychiko, dans ce pays qui partage avec le sien, entre autres, l’air méditerranéen. Une liberté qu’il revendique d’autant plus qu’elle ne lui pas toujours été accordée, en tant que diplomate, à l’époque du régime répressif de Ben Ali en Tunisie.

Hélène Decaestecker

Hélène Decaestecker

Après une licence de sociologie-ethnologie, je me suis tournée vers le journalisme et suis actuellement étudiante en master. Je suis passionnée d'écriture et de photographie.
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