Améliorer les liaisons entre elles et vis-à-vis de leur pays, mettre fin à l’isolement énergétique et construire davantage de logements sont quelques-unes des initiatives que l’exécutif européen cherche à mettre en œuvre dans le cadre de cette stratégie.


« Les îles ont été négligées par le passé, mais cela va maintenant prendre fin », a déclaré le vice-président du Parlement européen Younous Omarjee lors d’une conférence sur les îles et les communautés côtières de l’UE vendredi. On peut se demander pourquoi elles ont été mises de côté en premier lieu, étant donnée le nombre de citoyens européens dont la vie est directement ou indirectement liée à elles.
Environ 17 millions de personnes vivent sur environ 4000 îles au large de l’Europe, couvrant toutes ses façades de la Méditerrranée à la Baltique en passant par l’Atlantique. Parmi elles, trois sont d’ailleurs États membres : l’Irlande, Chypre et Malte. A cela s’ajoute 95 millions de personnes établies sur le littoral de 22 États membres, formant ensemble la façade maritime permettant à l’Union européenne d’échanger avec le reste du monde.
« Le coût de l’insularité »
« Les îles font face à des défis similaires à ceux des autres territoires européens, mais l'impact est souvent accentué par une condition spécifique : leur isolement», a souligné le vice-président, en insistant sur le fait que le problème n'est pas seulement « un fait géographique », mais un véritable coût économique. Selon Raffaele Fitto, vice-président de la Cohésion et des Réformes, c’est un prix « que des millions de citoyens et d'entreprises de l'UE paient chaque jour simplement à cause de l'endroit où ils vivent et exercent leurs activités, avec un effet structurel négatif à long terme sur leurs revenus et leur compétitivité. »
Selon les données présentées par la Commission, par rapport au continent, les coûts de transport sur les îles peuvent être supérieurs de 300 %, les dépenses publiques de 30 à 50 %, et les prix de l'immobilier de 75 à 130 %. La plupart des îles européennes ont un PIB équivalent à 70 % de la moyenne de l'UE. En Italie, on estime que l'insularité peut réduire le PIB en Sicile de 7 % et en Sardaigne jusqu'à 36 %. En ce qui concerne les taux d'emploi, la moyenne pour les îles est de 59 % de la moyenne européenne.
Impliquer les espaces insulaires dans leur développement
La stratégie pour les îles est donc structurée autour de quatre piliers : le développement économique, la connectivité, la compétitivité et l'innovation ; la sécurité énergétique, la protection de l'environnement et la résilience climatique ; la communauté et la démographie ; la sécurité et la préparation aux crises. Sur ce point, Raffaele Fitto a rappelé que « le champ d'application de cette stratégie n'a pas été défini à Bruxelles », notant que la Commission européenne a « organisé des réunions, des missions et des discussions à travers l'Europe et lancé un appel formel à contributions, auquel 358 parties prenantes de 18 États membres ont participé ».
Concernant les méthodes employées pour atteindre ces objectifs, il reviendra aux États membres de transmettre des propositions une fois que le nouveau budget du bloc sera dévoilé. Après études puis validation par les autorités dédiées, les fonds sera alors débloquées afin de compléter le projet. Raffaele Fitto a déclaré que ceux qui concerneront des usines de dessalinisation ou la création et réhabilitation de logements figureront parmi les priorités.
Un effort à l’échelle continentale
En présentant la stratégie pour les communautés côtières, le commissaire européen à la Pêche et aux Océans, Costas Kadis, a noté qu’elles génèrent « environ 265 milliards d'euros de valeur ajoutée brute chaque année et soutenant des millions d'emplois », mais sont déstabilisées par le changement climatique, le manque de logements abordables et l’accès difficile aux services publics. Le plan donc sera structuré autour de trois objectifs : la prospérité, la résilience et la qualité de vie. Il sera soutenu par 13 actions clés qui prendront en compte la grande diversité de ces territoires, « allant de petits villages de pêcheurs à de grandes villes portuaires » comme l’a souligné Kadis.
Les deux stratégies s’alignent sur le Pacte européen pour les océans, lancé en 2025. Cependant, les régions ultrapériphériques de l’UE ne sont pas couvertes par ces propositions, car elles font l’objet d’une stratégie spécifique distincte qui sera présentée d’ici la fin de l’année. Parmi les autres propositions figure le projet OceanEye, qui ferait de l'UE un leader en observation et en recherche océaniques, tout en promouvant les technologies et les navires à usage double pouvant être utilisés à la fois pour la pêche et le tourisme.


















