Le ministère de la Culture grec est déterminé à agir pour sauver ces trésors nationaux, à travers un plan visant à limiter les effets que le climat peut avoir sur eux.


Le danger est réel pour de nombreux sites archéologiques grecs : alors qu’ils ont été témoins de la gloire et du déclin de nombreux empires, et survécu à d’innombrables guerres, le coup fatal pourrait bien venir d’une toute autre origine. Certains lieux, comme le sanctuaire de Delos, pourraient ne même pas voir la fin du siècle.
Delos est un nom qui parle aux amateurs de mythologie hellénique: lieu de naissance d’Apollon et d’Artémis, cette île était considérée comme sacrée par les anciens grecs.Or, les ruines du sanctuaire d’Apollon se trouvent à proximité du rivage. Le niveau des eaux pouvant monter d’un demi-mètre d’ici à 2100 selon le scénario médian du GIEC (niveau constant d’émissions de gaz à effet de serre par rapport à aujourd’hui), le site risque d’être englouti si la situation actuelle persiste.
L’Acropole face aux contrastes de températures
Cet exemple est encore plus frappant, car il concerne ni plus ni moins qu’un emblème national. La Parthénon et les bâtiments qui l’entourent sont en effet réalisés en marbre, un matériau qui est très sensible aux variations de chaleurs intenses. Les saisons à Athènes étant de moins en moins tempérées (des pluies diluviennes est assez acides succédant à des périodes de sécheresse), l’intégrité de ces monuments se retrouverait compromise, selon le professeur de l’Académie d’Athènes Christos Zerefos.
Les vagues de chaleurs sont un facteur aggravant d’après lui, risquant de provoquer des départs d’incendies à l’intérieur même de l’Acropole. La mauvaise qualité de l’air athénien joue également, car elle peut favoriser la combustion spontanée des résidus de bois.
Le gouvernement grec et son plan de contre-attaque
Afin d’éviter la destruction de ces sites à la valeur inestimable, et soutenir le secteur touristique générant chaque année plusieurs milliards d’euros de revenus, le ministère de la Culture grec a réalisé une étude visant à identifier les sites les plus en danger. De 2022 à 2025, 19 zones ont déjà été délimitées, incluant la cité d’Olympie, mise en péril par les feux de forêt, le théâtre antique de Delphi, menacé par les chutes de pierre, et le sanctuaire de Dion qui est sujet aux inondations.
Le projet qui en résulte, soutenu par l’'Observatoire national d'Athènes et le centre de recherche Demokritos, nécessite un budget de plus de 20 millions d'euros, couvert par de financements de l'UE et nationaux. L’objectif est de couvrir un réseau de 40 sites d'ici 2030, a déclaré la ministre de la Culture Lina Mendoni lors d'une conférence à Athènes le mois dernier.
Des mesures visant à protéger les monuments mais aussi les visiteurs
Concernant les feux de forêts, des détecteurs vont être installés sur les 19 sites mentionnés ci-dessus, et les plans d’évacuation vont être revus pour aider le travail des pompiers. De nouvelles routes vont également être créées en cas d’urgence pour faciliter leurs déplacements.
Le maire de Delphi, Panagiotis Tagalis, a confirmé que des treillis métalliques avaient été installés sur les falaises autour du théâtre antique. Enfin, des zones de végétation vont être rasés afin de créer des pares-feus naturels. D’après Madame Mendoni, « il y a vingt ans, il était absolument interdit de créer des pare-feu dans les zones protégées. Heureusement, la mentalité a changé. »




















