Le 17 novembre, un jour de fierté nationale en Grèce

Par Lepetitjournal Athènes | Publié le 16/11/2022 à 19:10 | Mis à jour le 23/11/2022 à 14:39
Un char qui tire et émet une épaisse fumée

Les plaies sont fermées depuis longtemps mais le symbole reste. Le 17 novembre commémore chaque année l'assaut donné en 1973 par les forces armées de la dictature contre les étudiants de Polytechnique réfugiés dans l'enceinte de leur école, qui appelaient à la chute du régime des colonels. Un acte barbare qui a précipité la fin de la dictature et qui symbolise à jamais en Grèce le souffle de la liberté.

En 1973, cela fait près de 6 ans que la Grèce subit une dictature militaire dirigée notamment par le colonel Papadopoulos. Enfermement et torture des opposants politiques, abolition des droits civils, dissolution des partis et censure rythment la vie politique grecque. Le monde étudiant n'est pas épargné qui se voit dans l'impossibilité d'élire des représentants au sein des institutions universitaires, n'a pas le droit de publier aucune revue ni de mener aucune manifestation et encore moins de s'organiser en syndicat. Un régime totalitaire donc qui entame cependant cette année là un timide processus de "libéralisation" en promettant la tenue d'élections et le retour aux lois civiles.


Comment s'est organisée la rebélion des étudiants

Galvanisés par ces balbutiements de démocratisation , les étudiants de l'école polytechnique se regroupent le 14 novembre 1973 au sein de leur établissement et entame une manifestation appelant à la chute de la dictature.

Leurs slogans, "Liberté, pain, éducation ! "ou encore "Pour une patrie libre et démocratique !" rencontrent un large écho dans la population, d'autant plus que les étudiants ont réussi à fabriquer une station de radio capable d'émettre dans tout Athènes. Pour la première fois depuis des années, la population grecque, soumise à une censure drastique, entend la révolte gronder et commence à se diriger vers l'école polytechnique pour soutenir les insurgés. Le mouvement enfle jusqu'au 17 novembre. A ce moment là, plusieurs autres universités du pays (Patras, Thessalonique,...) se sont elles aussi soulevées. Au point que le régime panique et décide de réprimer le mouvement en envoyant ses chars à l'assaut de polytechnique.

Les universités, lieux d'asile

Un assaut meurtrier (les chiffres divergent mais s'accordent sur au moins 27 victimes), filmé par des journalistes étrangers et retransmis en direct sur l'antenne de la radio clandestine étudiante. Un assaut qui va indigner et soulever une opinion publique qui, à l'exception des opposants déportés ou poussés à l'exil, s'était montrée jusque là plutôt passive. Un assaut cruel qui a certainement sonné le début de la chute du régime, qui tombera moins d'un an plus tard. Et si les Grecs commémorent avec autant de ferveur cette révolte étudiante, c'est qu'elle symbolise encore aujourd'hui la résistance et l'appétit démocratique.
Suite à cet acte de répression sanglant, les universités ont été déclarées zones d'asile (ASYLUM). Un droit acquis sur lequel se cristallisent souvent les révoltes, querelles ou mécontentements étudiants actuels.

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