Ce bâtiment à vocation éducative vise à rendre l’observation des astres accessibles au plus grand nombre, fonctionnant grâce à l’effort des passionnés qui lui ont donné vie.


Bien loin des célèbres observatoires de Grèce, situés au mont Penteli ou à Thiseio dans la région d’Athènes, une petite installation se dresse seule à Asea, petit village à seulement quelques kilomètres de Tripoli. L'une des rares à être privatisée en Grèce, elle se trouve sur une colline à la sortie de la municipalité depuis juillet 2017. Sa particularité : elle n'a pas été construite pour la recherche, mais pour initier le public aux mystère de ce ciel que l’on regarde sans jamais vraiment l’observer.
Dimitris Dimopoulos et Konstantinos Anastasiou, natifs de la région, font partie des membres fondateurs de l'Association d'astrophysique, d'astronomie et d'ingénierie d'Asea (5A), créatrice et gestionnaire de l’observatoire. Pourquoi ce village en particulier ? Il n’y avait pas de raison, du moins jusqu’à ce que leur groupe d’amis se retrouve lors des soirées d’été pour observer le ciel étoilé. « On ne voit pas les étoiles à Athènes, alors, quand on était enfants, nous allions dans la cour de l’école la nuit », se rappelle Konstantinos Anastasiou. « Nous pouvions être jusqu’à 40 en août. Ce fut notre tout premier contact avec le ciel étoilé, et j’ai voulu devenir astrophysicien depuis ce jour. »
Genèse d’un groupe d’astronomes plus ou moins confirmé
Dimitris Dimopoulos a acheté un petit télescope quand il était à l’université qu’il amenait à Asea en été, l’installant dans la cour de l’école pour que lui et ses amis puissent avoir un meilleur aperçu du ciel nocturne. « Certaines choses arrivent simplement [...] à partir d'une série de coïncidences heureuses », confie-t-il. « Ces enfants du village ont tous fini par étudier la science. Une partie d'entre nous s’est dirigé vers l’astronomie amateur (comme lui) et a installé ses télescopes dans le village. Les gens semblaient apprécier l'activité, alors nous avons commencé à encadrer les sessions d'observation avec des conférences scientifiques données par des experts venant d'Athènes ».
La 5A fut fondée en 2013 en réponse à la popularité croissante de ces événements. Son siège, symboliquement, a été installé là où tout a commencé, dans l’imposante école en pierre du village qui n'est plus en activité aujourd’hui. Asea compte actuellement moins de 100 habitants en hiver, mais sa population quadruple plus ou moins pendant les vacances et les week-ends grâce à sa proximité avec Athènes et au fait que de nombreux natifs d'Asea ont gardé un pied à terre sur place.
La naissance de l’observatoire
Dimitris Dimopoulos est à l’origine du projet : ayant étudié le génie civil et la physique, il était plus que qualifié pour le travail. « Nous ressentions le besoin de quelque chose qui puisse inspirer les enfants, pour leur donner un sentiment d'émerveillement. Les télescopes sont super, mais ce n'est pas suffisant. Il n'y a pas d'observatoires amateurs ; nous sommes les seuls. Et bien qu'il existe toutes sortes de clubs d'astronomie de ce type en Grèce, nous sommes les seuls à avoir notre propre observatoire », dit-il.
« Ce n'était pas une tâche facile, surtout à cause du dôme. Je l'ai conçu de A à Z en utilisant toutes sortes d'innovations, le budget assez modeste provenant des dons des habitants et des sponsors », ajoute-t-il. L’observatoire a été entièrement fait main : le dôme, par exemple, a été fabriqué dans un entrepôt à Athènes, découpé en quatre morceaux et réassemblé sur place. Une grande partie du matériel a été achetée d’occasion, et remise en état de fonctionnement par les membres de l’association. Enfin, un petit télescope solaire a été obtenu depuis le Canada grâce aux efforts d’un habitant du village.
Une mission de transmission et d’initiation
Souhaitant encourager les jeunes à s’intéresser à l’astrophysique et à l’astronomie, et aux sciences de manière plus générale, l’association organise des cours pour les lycéens pendant les vacances d’été. La popularité de l’association croit très vite, et les les demandes proviennent désormais de tout les pays ; cependant, il ne peut y avoir plus de 20 participants par an. En plus des leçons, les participants réalisent des expériences, observent le soleil et montent à l’observatoire la nuit pour regarder les étoiles et les planètes.
Tous ceux qui veulent utiliser les installations et l'équipement pour observer le ciel nocturne sont bienvenus. Conséquence directe de cette philosophie, un nombre croissant de touristes étrangers expriment un intérêt à rejoindre les sessions estivales, après avoir entendu parler de l'observatoire en ligne. Ils en profitent assez souvent pour visiter le hameau voisin de Kerastari, lieu de naissance de Tassio Tzioumis qui deviendra un astronome célèbre en Australie. Dans ce coin isolé du Péloponnèse, on n’aime décidément pas avoir les pieds sur Terre.




















