Le ministre grec de l’Intérieur, Theodoros Livanios, a annoncé avoir proposé une réforme majeure visant à renforcer la participation politique des Grecs vivant à l’étranger. L’objectif affiché est double : faciliter l’exercice du droit de vote et resserrer les liens entre la diaspora grecque et la patrie.


Le vote par voie postale, un levier déjà éprouvé
Jusqu’à récemment, les Grecs de l’étranger devaient voter en personne dans des bureaux consulaires. Un dispositif contraignant, qui provoquait une faible participation en raison de barrières logistiques et des longues distances de trajet.
Le vote par correspondance pourrait permettre de lever ces freins. Ce mode de scrutin a été largement utilisé lors des élections européennes de juin 2024, avec environ 150 000 citoyens européens ayant choisi cette option.
Selon le ministère de l’Intérieur, le processus s’est déroulé sans incident notable, dissipant en grande partie les inquiétudes liées à la transparence ou aux risques de fraude. Fort de ce succès, le gouvernement souhaite désormais étendre le vote postal aux élections parlementaires nationales, afin d’encourager une participation plus large et plus inclusive des expatriés grecs.
La création d’une circonscription dédiée avec représentation directe
Au-delà des modalités de vote, la réforme introduirait un changement structurel important, avec la création d’une circonscription électorale distincte pour la diaspora grecque. Trois sièges du Parlement seraient dédiés aux candidats choisis par les Grecs vivant à l’étranger.
« La création d’une circonscription électorale distincte était une demande de longue date de nombreuses organisations de la diaspora », a rappelé Theodoros Livanios.
Jusqu’à présent, les expatriés votaient juste pour des partis, au niveau national, sans pouvoir choisir directement un député.
Désormais, chaque parti pourra présenter jusqu’à cinq candidats dans cette circonscription, et les électeurs auront la possibilité d’exprimer une préférence pour un candidat précis.
Une évolution que le ministre juge essentielle : lors des élections de 2023, les électeurs de l’étranger « n’ont pas pu choisir authentiquement leur représentant dans le Parlement ».
Le nombre total de députés restera fixé à 300. Les trois élus de la diaspora remplaceront des députés dits « d’État », dont le nombre passera de 15 à 12.
Le projet de réforme doit être soumis au Parlement au cours du premier semestre 2026
Pour s’appliquer dès les prochaines élections nationales, prévues en 2027, il devra recueillir une majorité spéciale de 200 députés sur 300, comme l’exige la Constitution pour toute modification de la législation électorale.
Si la Nouvelle Démocratie (parti du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis), dispose d’une majorité simple, il lui faudra obtenir un soutien significatif de l’opposition pour pouvoir appliquer cette réforme.
Une fois le dispositif adopté, tout Grec de l’étranger inscrit sur les listes électorales pourra s’enregistrer sur une plateforme dédiée. À l’annonce des élections, les documents de vote lui seront envoyés par courrier, lui permettant de voter pour le parti et le candidat de son choix, avant de renvoyer son bulletin par voie postale.
Vers une meilleure égalité des droits politiques
Les partisans de la réforme estiment qu’elle garantit enfin l’égalité complète des droits politiques des Grecs de l’étranger, conformément à la Constitution, et qu’elle intègre un groupe historiquement sous-représenté dans la vie politique nationale.
Kyriakos Mitsotakis a qualifié cette proposition de « choix national évident, au-delà des lignes partisanes »
Si elle est adoptée et mise en œuvre efficacement, cette réforme pourrait marquer un tournant. Le lien (jusqu'alors essentiellement symbolique) entre la diaspora et la politique nationale se transformerait, conférant aux expatriés une voix institutionnelle directe au sein de la législature.




















