Le Premier ministre Mitsotakis a exprimé ce dimanche lors de son allocution hebdomadaire une série de mesures économiques visant à atténuer l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les prix intérieurs. Ces mesures devraient entrer en vigueur début avril.


Une hausse des prix
La Grèce est particulièrement vulnérable aux effets du conflit au Moyen-Orient, en raison de sa forte dépendance aux combustibles fossiles dans son mix énergétique (environ 80%). Dans sa consommation finale, les transports et les ménages sont les deux principales utilisations de cette énergie, respectivement 41% et 24%, selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), d’où une augmentation à la pompe et pour les factures d’électricité. Le prix du mégawattheure sur le marché de l’électricité était d'ailleurs supérieur à 19,15% en mars au prix moyen de février, à 93,35€ contre 78,35€.
Cette hausse des prix, notamment des carburants dépassant les 2€/litre, a incité les autorités à intervenir avant que les tensions économiques n’entraînent des conséquences politiques, sachant que la situation intérieure est de plus en plus tendue.
Tout en suivant de près l’évolution de la situation en Iran et dans le Golfe, le gouvernement Mitsotakis s’attache à atténuer l’impact économique du conflit sur la Grèce et sa population. L’Iran autorise sélectivement la circulation des navires qu’il considère comme amis, permettant ainsi les importations de céréales et certains acheminements d’énergie. Mitsotakis a déclaré que le gouvernement était prêt, dans la limite des capacités budgétaires, à lutter contre la hausse des prix.
Des mesures sociales pour aider entreprises et les plus démunis
À la suite de sa visite à Bruxelles, le premier ministre grec a annoncé un ensemble de quatre mesures, d’un montant total de 300 millions d’euros, destinées à soutenir les citoyens. Ce plan comprend une aide à l’achat de gazole pour les ménages à faible revenus et les entreprises, des mesures de protection pour les agriculteurs face à la forte hausse des prix des engrais, ainsi que des garanties contre l’augmentation du coût du carburant.
Accompagné de cela, le gouvernement devrait ouvrir début avril une plateforme de « laissez-passer » pour les carburants, qui permettra de verser une subvention aux ménages ou personnes à faible revenus. Il a également annoncé une augmentation du salaire minimum, qui passera de 880 à 920€ pour les travailleurs.
Le vice-Premier ministre Kostis Hatzidakis a souligné que les subventions sur les carburants iront directement dans le portefeuille des consommateurs et seront mises en œuvre par la loi, quelle que soit l’évolution du conflit, car l’économie et le marché resteront affectés.
Ainsi, cette annonce adresse un message à l’Europe en pleine crise. Mitsotakis a réaffirmé que la Grèce joue déjà un rôle de premier plan dans l’élaboration d’une réponse européenne unifiée. D’autres mesures de la part du gouvernement ne sont pas à exclure dans le futur, dans la limite de ses capacités budgétaires. Les conséquences du conflit sur les marchés pourront être importantes, et ce pour la plupart des pays européens. La Grèce continue à joueur la position défensive, et refuse d‘intervenir avec les Américains dans le détroit d’Ormuz. Dans l’attente d’une résolution du conflit, qui reste assez imprévisible, le gouvernement grec devra amortir autant que possible les effets économiques, afin d’éviter une crise politique interne.


























