Édition internationale

La crise au Moyen-Orient fait grimper les prix et inquiète les ménages grecs

En Grèce, le prix de l’essence à la pompe augmente et le coût de l’électricité repart à la hausse, ravivant les inquiétudes sur le pouvoir d’achat déjà fragilisé depuis la crise énergétique de 2022.

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Écrit par Lepetitjournal Athènes
Publié le 17 mars 2026

 

Blocage du détroit d’Ormuz, quel impact pour les ménages ?

Le blocage du détroit d'Ormuz empêche plus de 25% du commerce du pétrole mondial de transiter via ce passage (selon l'Agence internationale de l'énergie), ce qui entraîne des conséquences importantes. Les prix de l’énergie augmentent fortement en Grèce. Avec un baril de pétrole qui atteint les 100$, le prix moyen de l’essence a dépassé le seuil symbolique de 2 € par litre, tandis que le diesel s’approche de ce niveau avec environ 11,98 €/litre. Parallèlement, le prix de gros de l’électricité a fortement progressé, atteignant 116,2 €/MWh après une hausse d’environ 16 % en une seule journée. Cette augmentation est principalement due à une baisse de la production d’énergies renouvelables et hydroélectriques, ce qui oblige le système électrique à utiliser des sources plus coûteuses.

De plus, la récente hausse du prix du gaz naturel pourrait encore faire monter les prix de l’électricité dans les prochaines semaines. Dans ce contexte, les tensions internationales dans le golfe Persique alimentent les inquiétudes sur les marchés de l’énergie. Le gouvernement grec indique qu’il est prêt à mettre en place des mesures de soutien pour les ménages et les entreprises si la crise énergétique se prolonge. En comparaison, pendant la crise énergétique de 2022, les prix avaient explosé : le marché de gros avait dépassé 697 €/MWh au pic de l’été 2022 et les factures d’électricité avaient fortement augmenté pour les ménages et les entreprises.

Par ailleurs, les consommateurs grecs font face à de nouvelles hausses de prix alors que le coût de la vie est déjà très élevé depuis la crise énergétique de 2022. Les prix alimentaires sont aujourd’hui environ 22 % plus élevés qu’en 2022 et près de 38 % plus élevés qu’en 2020, ce qui augmente fortement la part du budget des ménages consacrée à l’alimentation. Avec les tensions au Moyen-Orient et la hausse du carburant, le gouvernement craint de nouvelles augmentations et prévoit des mesures pour limiter la spéculation et protéger les consommateurs.

 

Interventions du gouvernement

Le gouvernement grec a annoncé des plafonds pour protéger les consommateurs des hausses de prix déclenchées par la crise au Moyen-Orient. Le ministre de l’Énergie Stavros Papastravrou a détaillé les interventions sur le marché du carburant liquide, qui resteront en vigueur jusqu’au 30 juin 2026. De ce fait, dans les stations-services, il est interdit de dépasser une majoration de 12 centimes par litre au-dessus de leur prix d’achat.

Outre le carburant, le blocage du détroit d’Ormuz touche également les supermarchés et les fabricants. Le ministre Takis Theodorikakos a annoncé que les plafonds de profit s’étendront également à la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Ainsi, il est interdit aux entreprises de dépasser la marge bénéficiaire brute moyenne de 2025.

Si ces règles ne sont pas respectées, des amendes seront versées à ceux qui les enfreignent.

La fermeture du détroit d’Ormuz a démontré l’importance vitale pour l’économie mondiale de ce passage. Les menaces pour le transport maritime commercial au milieu de la guerre ont étranglé le trafic des navires. Ce samedi, un tanker pétrolier sous pavillon grec a été visé en mer Noire par une attaque de drone.

 

Quelles sont les perspectives à venir pour la Grèce ?

Le gouvernement grec élabore plusieurs scénarios économiques face aux conséquences potentielles d’un conflit international, car la guerre pourrait fragiliser la croissance, les finances publiques et le pouvoir d’achat. Les autorités prévoient d’augmenter les dépenses publiques, notamment pour soutenir les ménages face à la hausse des prix de l’énergie (par exemple via des subventions sur l’électricité) et pour couvrir les besoins accrus de l’État. Dans ce contexte, le déficit budgétaire pourrait être plus élevé que prévu, ce qui limiterait la marge de manœuvre du gouvernement pour de nouvelles mesures économiques. Les prévisions de croissance seraient également revues à la baisse tandis que l’inflation pourrait atteindre environ 5 %, en grande partie à cause de l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières. Enfin, l’incertitude liée à la durée de la guerre pourrait retarder certaines étapes importantes de la politique économique grecque, comme la sortie du régime de surveillance renforcée par les créanciers européens.

 

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