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8 Mars, la journée de la femme (3) rencontre avec: Françoise Gustin

Par Noé Kolanek | Publié le 08/03/2021 à 13:30 | Mis à jour le 08/03/2021 à 13:30
Photo : Belgium.be
ambassadeur femme Belgique en Grèce Francoise Gustin

République Tchèque, Liban, Syrie… Non il ne s’agit pas d’un "roadtrip" de rêve mais du parcours professionnel de Françoise Gustin plus connue sous le titre de Madame l'Ambassadeur. Après avoir fait ses armes au sein de son pays natal, la Belgique, cette femme d'action s’est très vite engagée dans la diplomatie afin de représenter fièrement son gouvernement à l’étranger. Aujourd’hui Ambassadeure de Belgique à Athènes, Madame Gustin a posé ses bagages dans la capitale depuis 1 an et demi. L’occasion pour elle d’évoquer la vision qu’elle s’est maintenant construite à la fois à propos du pays et du rôle diplomatique d’envergure qu’elle y tient.

Journée femme Ambassadeur Belge Grèce

Quelles sont les différences que vous percevez en tant que femme ambassadeure et la condition de la femme entre les pays dit "sensibles" et maintenant la Grèce ?

Tout d’abord il faut savoir que contrairement aux idées reçues sur le régime syrien, il ne tolère pas lui non plus l’exclusion des femmes au sein de la société. Je dis cela, car j’ai également occupé une fonction professionnelle au Liban semblable à celle que j’ai tenu plus tard de 2012 à 2016 en République Tchèque, c’est-à-dire une fonction « à l’européenne » où les femmes sont gratifiées et valorisées à juste échelle. Dans ces trois pays je n’ai jamais constaté de grandes différences, à part culturellement bien entendu mais d’un point de vue professionnel, la femme est selon moi bien représentée dans les ministères. En Grèce cela me semble évident, il y a même Madame la Présidente (Ekateríni Sakellaropoúlou) pour nous le prouver… Je me sens tout sauf exclue.

Mais qu’en est-il de votre fonction depuis l'apparition de la pandémie ?

En fait, cela est assez spécial à expliquer. Au départ lors de la première vague de COVID-19, je n’exerçais plus qu’une fonction consulaire qui consistait à aider les ressortissants belges à quitter la Grèce. Puis tout doucement, nous nous sommes adaptés comme tout le monde et les activités ont repris. Aujourd’hui, j’ai l’impression de réaliser un travail diplomatique « normal » malgré le deuxième bond pandémique. C’est clair que je ne mène plus de rencontres professionnelles, de réceptions aux côtés d’invités, tout s’effectue désormais par numérique. Cependant, la crise sanitaire ne m’a pas exclue de ma fonction. Pour comparer, à chacun de mes anciens mandats que j’avais à effectuer à l’étranger pendant une durée de quatre ans, j’avais l’obligation de rentrer en Belgique afin d’y exercer un rôle à échelle nationale durant trois ans avant de pouvoir repartir. Cela m’aide à me recentrer et à prendre le temps de réaliser mes bilans personnels sur chacune de mes expériences antécédentes. Et maintenant que je compare mon travail actuel avec ceux que j’ai effectué auparavant, je ne remarque pas de différences malgré la pandémie.

Cela n’a donc pas changé les objectifs que vous souhaitiez atteindre durant votre mandat au moment de votre prise de fonction en Grèce ?

Il est sûr que les moyens engagés pour atteindre ces objectifs ont changé à cause de l’impact de la pandémie mais les objectifs eux restent néanmoins identiques. Avant de commencer chaque mandat, nous avons en tant qu’ambassadeurs, un système d’objectifs pluriannuel sur lequel nous discutons. C’est d’abord un plan plutôt qu’un système d’objectifs d’ailleurs. Concernant la Grèce, il y a bien sûr sa position spéciale au sein de la Méditerranée lui conférant un statut particulier. Le pays est aux portes de l’Orient et n’est séparé de l’Afrique que par la mer. Il compte donc des dossiers politiques très particuliers avec plusieurs de ses voisins frontaliers et notre première ambition est de gérer chacun de ses dossiers du mieux que nous le pouvons. Il y a aussi le dossier international portant sur la Méditerranée que nous suivons avec grande attention.

Journée femme Ambassadeur Belge Grèce
Madame Francoise Gustin lors de la présentation des lettres de Créance

Vous n’avez plus que deux ans et demi à passer en Grèce. Pensez-vous déjà à l’avenir ?

 Non puisque la première de mes priorités est avant tout le travail que je mène ici. Toutefois, il est vrai que j’anticipe déjà l’avenir. J’ai encore quelques années à passer au ministère même si j’ai bientôt 61 ans. (Elle sourit) Quand je rentrerai, j’aimerais bien jouer un rôle vis-à-vis des plus jeunes en les accompagnant dans leur apprentissage concernant cette fonction très spéciale d’ambassadeur. J’accompagne aussi une association qui me tient à cœur. Son nom est « Women At Work. » (« Les femmes au travail » en français) Cette association cherche à rendre la carrière des femmes la plus hospitalière possible en encourageant le ministère belge à harmoniser la répartition homme/femme de diplomates. Actuellement, nous sommes 158 femmes diplomates pour 406 masculins. Si nous avons à parler de futur de la femme, je souhaite que cette association arrive à l’avenir à égaliser cette répartition. Surtout que celle-ci vient, au départ, d’une initiative personnelle… Et aujourd’hui nous étions plus de 60 à la dernière web conférence à laquelle j’ai participé. J’espère que ce chiffre continuera de grimper au fur et à mesure des prochains mois et revalorisera encore plus la position de la femme dans le contexte actuel.

Journée femme Ambassadeur Belge Grèce

 

 

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Noé Kolanek

Mon nom est Noé Kolanek. Je suis passionné par l’écriture comme par l’histoire du monde, j’ai décidé de devenir journaliste afin de pouvoir écrire un peu sur ce qui l'a fait chaque jour.
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