

Les algues vertes qui prolifèrent sur les côtes françaises sont-elles dangereuses ? La mort d'un cheval en Bretagne relance le débat. Des dégagements de gaz toxiques provenant des algues semblent être à l'origine de cette tragédie
Une personne regarde une marée d'algues vertes qui a envahit la plage de Saint-Efflam à Saint-Michel-en-Grève, le 11 Janvier 2002 (AFP)
(Rédaction Internationale) - Une gentille balade à cheval peut vite virer au cauchemar. Vincent Petit en sait quelque chose. Alors qu'il trottait près d'une plage de Saint-Michel-en-Grève, près de Lannion, dans les Côtes d'Armor. Il a failli mourir "empoisonné" après s'être enlisé avec son cheval dans une zone mouvante envahie d'algues vertes. L'équidé, lui, n'a pas eu la même chance.
Une mort suspecte
Le cheval serait "mort en moins d'une minute", selon l'analyse de Pierre Philippe, médecin soignant du cavalier. Ce dernier, qui s'était enlisé et évanoui près de la bête, ne doit son salut qu'au passage d'un tractopelle chargé de ramasser les algues vertes. Les gendarmes ont imputé la mort du cheval à un étouffement provoqué par la vase. Mais toujours d'après le praticien, les algues vertes sont à mettre en cause. "Les poumons étaient gorgés de sang et le tableau clinique présente tous les signes d'un empoisonnement", a-t-il précisé
Les algues incriminées
Les associations de protection de l'environnement s'inquiètent depuis longtemps de la prolifération des algues vertes, en particulier en Bretagne, un phénomène qui est lié au rejet de nitrates dans l'eau par l'agriculture intensive. Leur risque pour la santé n'a cependant jamais été prouvé. Selon le Dr Philippe, le "malaise fulgurant" et la mort du cheval seraient dus à un dégagement d'hydrogène sulfuré produit par des accumulations d'algues vertes en décomposition. Yves-Marie Le Lay, président de l'association Sauvegarde du Trégor, acquiesce : "tout laisse à penser qu'il s'agit d'une intoxication à l'hydrogène sulfuré qui se dégage par les algues en putréfaction". Les résultats de l'autopsie commandée par le propriétaire de l'équidé confirment d'ailleurs que ni eau ni vase n'ont été retrouvées dans les poumons de l'animal mais que celui-ci a succombé à un "?dème pulmonaire".
Un goût de déjà-vu
Pierre Philippe, qui vit depuis de longues années dans la région, affirme avoir déjà assisté à plusieurs cas similaires pouvant être imputés à l'algue verte. Ainsi, dix ans plus tôt, un employé d'une société de ramassage de cette algue est "tombé dans un coma brutal". L'an dernier, deux chiens ont été retrouvés mort sur une plage en baie de Saint-Brieuc. Plus surprenant encore, en 1989, un joggeur de 27 ans est également décédé à l'endroit exact où le cavalier et sa monture se sont enlisés. Les analyses toxicologiques devraient bientôt permettre de faire la lumière sur la substance à l'origine du décès de l'animal. Vincent Petit a décidé, quant à lui, de ne pas attendre et de déposer une plainte. Une manifestation en soutien au maire de la commune bretonne "injustement mis en cause par le cavalier" est annoncée dimanche prochain.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 6 août 2009
Article de Ouest France, Mobilisation relancée contre les algues vertes dans les Côtes-d'Armor
Article de France Info, La mort d'un cheval relance l'inquiétude autour des algues vertes


























