La nouvelle ministre française de l'Agriculture, Christine Lagarde, a rencontré son homologue allemand Horst Seehofer (CSU) vendredi à Berlin. Objectif : incarner un couple franco-allemand uni sur l'agriculture, en prévision des négociations de l'OMC. Une coopération déjà menacée par les difficultés politiques du ministre allemand
Christine Lagarde et Horst Seehofer, un couple à la fois authentique et sophistiqué (Photo. Magali Floris)
C'est un couple tout en contrastes qui incarne la nouvelle coopération franco-allemande en matière d'agriculture. Christine Lagarde et Horst Seehofer, deux personnalités aux parcours très différents, ont présenté vendredi à Berlin leur vision commune de la politique agricole européenne face à l'OMC.
Deux personnalités pour une vision commune
Avocate de formation, Christine Lagarde est une brillante femme d'affaire, classée 30e femme la plus puissante du monde en 2006 par le magazine Forbes. Après une carrière aux Etats-Unis, elle a occupé le siège de ministre du Commerce extérieur sous Villepin. Depuis la formation du gouvernement Fillon, elle est la première femme depuis Edith Cresson à diriger le ministère de l'Agriculture, traditionnellement réservé aux hommes. Elégante et déterminée, elle a immédiatement su apprivoiser son homologue allemand, un Bavarois un peu bourru, traditionnellement peu porté sur l'international.
La carrière politique de Horst Seehofer est en effet intimement liée à sa région d'origine. Son ascension au sein de la CSU, l'aile conservatrice et bavaroise du parti de droite allemand l'a porté en janvier 2007 à briguer la succession d'Edmund Stoiber, actuel ministre-président du Land de Bavière et président de la CSU. Ministre de l'Agriculture du gouvernement Merkel depuis 2005, il s'est dit vendredi satisfait des relations avec Paris, et ne fait aucun doute sur une continuité franco-allemande et européenne concernant les questions agricoles.
Une coopération déjà menacée
Le nouveau couple a exposé vendredi à la presse sa vision de l'intérêt européen dans les négociations de l'OMC. Ostensiblement complices, les deux ministres ne manquaient pas de se glisser une petite plaisanterie à l'occasion. Détendus, il ont donné l'image d'un couple sûr de lui dans la perspective des négociations avec l'OMC : "Il sera hors de question de brader l'agriculture pour une poignée de tarifs", a martelé Christine Lagarde. Les deux ministres ont insisté sur la nécessité de défendre leur modèle agricole face à la mondialisation. "La libéralisation, oui, mais selon nos conditions", a conclu Horst Seehofer.
Cette cordialité naissante risque cependant de ne pas durer. Horst Seehofer a été appelé samedi à la démission par plusieurs membres du Bundestag, dont le propre groupe parlementaire du ministre, la CSU. Seehofer, qui a créé le scandale il y a quelques mois après la révélation d'un enfant hors-mariage, est accusé d'avoir exercé des pressions pour protéger sa vie privée. Si l'intéressé exclut pour l'instant toute idée de démission, ce nouvel épisode a durablement entamé sa crédibilité politique.
Magali Floris et Cécile Boutelet (www.lepetitjournal.com - Berlin) lundi 4 juin 2004














































