Pendant cinq jours, du 18 au 22 juin, l'AsiaWorld-Expo a accueilli la deuxième édition de l'International Automotive & Supply Chain Expo (Hong Kong), un salon devenu en seulement deux ans l'une des vitrines les plus stratégiques de l'industrie automobile chinoise. Sous le slogan « Powered in China, Launched from Hong Kong », l'événement a réuni constructeurs, équipementiers, fournisseurs technologiques et investisseurs autour d'un objectif commun : préparer la prochaine phase de l'expansion mondiale des marques chinoises. À l'issue de cette édition 2026, Hong Kong s'affirme progressivement comme une plateforme d'expérimentation, de financement et d'internationalisation pour les acteurs chinois de la mobilité.


De l'automobile à la mobilité
L'un des enseignements majeurs du salon est l'évolution du discours des constructeurs chinois. Là où les précédentes vagues d'exportation reposaient essentiellement sur des véhicules compétitifs en prix, les groupes présents à Hong Kong, notamment BYD, Geely, GAC, Chery, Hongqi et Leapmotor, ont mis en avant des écosystèmes complets mêlant intelligence artificielle, conduite autonome, services numériques, recharge ultra-rapide et solutions logistiques connectées.
« Going global » n'est plus seulement synonyme d'exportation. Les constructeurs cherchent désormais à déployer à l'international des technologies, des infrastructures et des services de mobilité intégrés.
Cette évolution se retrouvait dans l'ensemble du salon. Aux côtés des véhicules exposés, de nombreux stands présentaient des plateformes logicielles de conduite intelligente, des systèmes de gestion de flotte, des technologies de recharge, des robots de service ou encore des démonstrations de mobilité autonome, illustrant l'élargissement progressif du secteur automobile vers un écosystème technologique plus vaste.
Les robotaxis volent la vedette
Parmi les attractions les plus commentées du salon figurait sans doute le Robotaxi de CaoCao Mobility, filiale du groupe Geely.
Le constructeur a profité de l'événement pour annoncer plusieurs partenariats stratégiques autour de la mobilité autonome. CaoCao Mobility vise le déploiement de 100 000 robotaxis d'ici 2030. En parallèle, un partenariat conclu avec Geely Farizon prévoit également le déploiement de 100 000 véhicules logistiques autonomes à l'horizon 2030.
Plus significatif encore pour Hong Kong, Geely Farizon, WeRide et Kwoon Chung ont signé un accord visant à développer une nouvelle génération de robotaxis spécifiquement conçus pour les marchés à conduite à droite. Hong Kong servira de terrain d'essai grandeur nature avant un déploiement potentiel vers d’autres pays. Pour les industriels, la densité urbaine de Hong Kong, son réseau routier complexe et son système de transport public très développé en font l'un des environnements les plus exigeants au monde pour tester les technologies de conduite autonome.
Hong Kong, vitrine des marchés à conduite à droite
Cette orientation vers les marchés à conduite à droite (RHD) était d'ailleurs visible dans l'ensemble du salon. De nombreuses marques comme BYD, GAC, Hongqi, Chery, Leapmotor, MG ou encore DFSK, ont mis en avant des modèles destinés ou adaptés aux marchés RHD, une priorité stratégique pour leur expansion en Asie du Sud-Est, priorité stratégique, et dans plusieurs marchés du Commonwealth. Plusieurs dirigeants ont notamment cité l'Indonésie parmi les marchés clés de leur développement international.
Dans cette stratégie, Hong Kong joue un rôle particulièrement précieux. La ville permet aux constructeurs de tester leurs produits dans un environnement international exigeant tout en restant à proximité immédiate de leurs centres industriels chinois. Son système de conduite à droite en fait une plateforme idéale pour préparer l'expansion vers de nombreux marchés d'Asie-Pacifique, mais aussi vers d’autres zones du globe.
BYD et la course à la recharge éclair
Autre annonce remarquée : la volonté de BYD d'introduire à Hong Kong sa technologie de recharge ultra-rapide. Selon BYD, cette technologie permettrait de recharger une batterie de 10 % à 70 % en environ cinq minutes lorsqu'elle est associée à son infrastructure de recharge Flash Charging. Le géant de l’automobile chinoise a annoncé le déploiement de plusieurs milliers de stations Flash Charging en Chine continentale afin d'accompagner cette nouvelle technologie.
Les constructeurs chinois cherchent désormais à se différencier non seulement par leurs véhicules, mais aussi par les infrastructures qui les accompagnent, la vitesse de recharge étant devenue un argument commercial majeur dans la concurrence internationale autour des véhicules électriques.
Geely Farizon et le pari du méthanol
Parmi les concepts les plus originaux exposés figurait également l'écosystème « méthanol-électrique » développé par Geely Farizon.
Bus urbains, camions, véhicules logistiques, générateurs mobiles, ferries ou encore robotaxis : le groupe a présenté une gamme complète reposant sur la combinaison du méthanol et de l'électrique. Le constructeur estime que cette approche pourrait répondre à certaines contraintes propres à Hong Kong, notamment la disponibilité limitée du foncier pour l'installation massive de bornes de recharge.
Le lancement d'un autobus à impériale, ces bus à deux étages emblématiques du paysage urbain hongkongais, conçu spécialement pour le marché local, ainsi que l'arrivée prochaine d'un bus au méthanol dans le réseau de transport de la ville, constituent également des signaux forts quant à l'ambition du groupe dans la région.
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