À Koh Mak, île de 340 habitants, les plages de carte postale deviennent des points d’échouage pour des déchets plastiques charriés par les courants du golfe de Thaïlande.


Voici Koh Mak, une petite île de la province de Trat à l’extrémité orientale du golfe de Thaïlande. Quelques routes, peu de circulation, un tourisme discret et des plages de sable blanc. Pourtant, sur le sable, s’accumulent bouteilles plastiques, emballages, morceaux de polystyrène ou encore filets de pêche. Par endroits, des objets plus volumineux comme des barils en plastique ou des pneus sont visibles. Plus inquiétant encore, parmi la variété de déchets présents sur les plages, des seringues à demi enterrées apparaissent parfois : vigilance obligatoire. Cependant, rien ou presque ne provient de l’île. Ici, la pollution s’échoue.
Un golfe qui concentre les déchets
Le phénomène tient à la géographie. Le golfe de Thaïlande est une mer semi-fermée et peu profonde, où les déchets flottants circulent lentement. Les vents de mousson modifient les courants au fil des saisons et repoussent ces déchets vers certaines côtes. Les îles de l’est, comme Koh Mak, deviennent ainsi des zones d’accumulation.

Une partie de cette pollution s’inscrit dans des flux plastiques transfrontaliers, en provenance notamment des littoraux cambodgiens et vietnamiens. La Thaïlande contribue aussi au phénomène. Le fleuve Chao Phraya transporte à lui seul entre 2.000 et 4.000 tonnes de plastique par an vers le golfe. À l’échelle du pays, près de 80% des déchets marins sont du plastique.
Des initiatives locales face à une pollution importée
Sur place, des initiatives existent : réduction des plastiques à usage unique, alternatives réutilisables, opérations de nettoyage régulières. Mais l’essentiel échappe au contrôle local. Une grande partie des déchets arrive par la mer. Koh Mak reste en première ligne d’un phénomène qui la dépasse.












