Samedi 5 décembre 2020

Nicolas Levi, Franco-Polonais, chercheur et spécialiste de la Corée

Par Cédric Tavernier | Publié le 17/08/2020 à 05:00 | Mis à jour le 19/08/2020 à 18:34
nicolas levi Corée

Nicolas Levi est un des plus grands spécialistes de la Corée en Europe. Franco-Polonais, né à Paris, découvrez dans notre article son histoire et son parcours de vie particulièrement intéressants !

 

lepetitjournal.com : Vous êtes Franco-Polonais, c’est-à-dire ?

Nicolas Levi : Je suis d'origine polonaise par ma mère. Ma mère est Polonaise et mon père Français,  Je suis né en France, à Paris. Ma femme est Polonaise et nous avons une fille.

 

lepetitjournal.com : Dans quel cadre êtes-vous arrivé en Pologne ?

Nicolas Levi : Je suis arrivé en Pologne en 2002 dans le cadre d'un Erasmus. Au préalable j’ai fait des études en classe préparatoire en France puis par la suite j’ai bifurqué en université où j’ai obtenu une maîtrise d’économie. Ensuite j’ai obtenu un troisième cycle de gestion franco-polonais (ESSEC-SGGW). Concernant ma carrière professionnelle, j'ai également effectué quelques missions dans des boîtes polonaises et étrangères en Pologne ainsi qu'un passage à la chambre de commerce franco-polonaise. Comme beaucoup de Français en Pologne, j'ai commencé à donner des cours particuliers, à enseigner en entreprise, en école primaire etc. Je tiens ici à remercier Marek Smyk qui m'a donné une toute première opportunité en Pologne. À l’époque, en 2002, je cherchais un emploi en Pologne. En France, doté de mon BAFA je travaillais comme animateur en colonie. En Pologne avec un tel diplôme et par l’intermédiaire de Marek Smyk, je me suis retrouvé à enseigner le français dans des écoles privées pour fils d'expats. En plus de cela j’enseignais le français en entreprise. Ce qui m’a retenu en Pologne, ce sont des frais d’éducation moins chers qu’en France ainsi que des débouchés professionnels importants. Puis par la suite la rencontre fatidique avec ma femme en mars 2009 m’a retenu au pays de la vodka.

 

lepetitjournal.com : Quand avez-vous commencé à vous spécialiser sur la Corée et spécialement sur la Corée du Nord ?

Nicolas Levi : La Corée du Nord a commencé à m’intéresser suite à un cours de Piotr Ostaszewski à SGH (il est dorénavant ambassadeur de la Pologne en Corée du Sud). Par la suite, je me suis rendu plusieurs fois à l’ambassade nord-coréenne de Varsovie où étaient organisées des réunions relatives à l’histoire et à l’idéologie nord-coréennes. Puis, dans le cadre de mes études en Sciences Politiques, j'ai défendu une thèse relative à la Corée du Nord. La Péninsule Coréenne ne m'a jamais abandonné, puisque j’ai écrit sur le sujet sept livres en polonais et anglais. Je suis allé une fois en Corée du Nord, j’y suis interdit de séjour depuis 8 ans. En revanche, j’ai effectué dix séjours en Corée du Sud. Mon site internet https://nkreports.com présente de manière synthétique les fruits de mes recherches.

 

lepetitjournal.com : Pourquoi la Corée et particulièrement la Corée du Nord ? Qu’est-ce qui vous fascine dans ces pays ?

Nicolas Levi : J’ai toujours été intéressé par l’Asie et par son histoire, et tout particulièrement l’histoire des pays communistes. Certaines choses ne se justifient pas, c’est probablement le côté mystérieux de la Corée qui m’a inspiré. La Péninsule Coréenne n’était pas le sujet le plus prisé il y a 20 ans, c’est pour cela que j’y ai consacré une majeure partie de mes dernières 20 années de vie. La Péninsule Coréenne reste une région dynamique, néanmoins la gravité des problèmes m’a poussé également à chercher une autre voie professionnelle relative à mon éducation et expérience professionnelle. Je suis enseignant en université en Pologne dans le cadre de cursus financiers où j’enseigne la comptabilité, les finances et la microéconomie.

 

lepetitjournal.com : Que pensez-vous de la situation géopolitique actuelle dans les deux Corées ?

Nicolas Levi : Je continue de considérer que Kim Jong Un est un dirigeant dangereux pour l’équilibre géopolitique en Asie du Nord-Est et que ses voisins peuvent être exposés à de graves problèmes structurels en raison de la politique nucléaire nord-coréenne. Les conséquences techniques des essais nucléaires (concernant par exemple la gestion des déchets nucléaires) ne seront connues que dans une dizaine d’années.

 

lepetitjournal.com : Actuellement, vous êtes donc enseignant et chercheur à l’Institut des cultures méditerranéennes et orientales où vous êtes spécialiste de la péninsule coréenne. Avez-vous d’autres activités ?

Nicolas Levi : Je suis chercheur à l’Institut des Cultures Méditerranéennes et Orientales de l’Académie des Sciences de Pologne. Mon travail se résume entre autres à organiser des événements, à  écrire des publications scientifiques, à être le rédacteur en chef de la revue scientifique Acta Asiatica Varsoviensia qui est dédiée à l’Asie et à gérer diverses tâches administratives. En raison de ma formation et de mon expérience professionnelle, je suis également enseignant et chercheur à l’académie des finances Vistula à Varsovie, où j'enseigne des matières proches de la comptabilité et de l’économie, telles que la comptabilité financière, l’entreprenariat, la construction de business plans, la microéconomie  dans le cadre de cursus étudiants pour polonophones et anglophones, c'est-à-dire des étudiants venant des quatre coins du globe et tout particulièrement d'Asie et d’Afrique avec un non nombre non négligeable d’étudiants francophones.

 

lepetitjournal.com : Quelle est votre opinion sur la Pologne de 2020 et quelles différences principales constatez-vous entre la France et la Pologne?

Nicolas Levi : J'apprécie les Polonais pour leur franchise, et Varsovie pour sa bibliothèque française :)  mais ce que je garde de la France, c'est la rigueur et un esprit de réflexion qu'on ne trouve hélas pas habituellement dans les universités polonaises. Je pense particulièrement à nos fameuses dissertations en trois parties :) En Pologne les études sont différentes (il y a un certain nombre de tricheurs aux examens et cela même dans les meilleurs établissements). C'est quelque chose d'étonnant quand on sait les risques encourus par cette pratique lorsqu'on étudie en France. Surtout ce qui me choque en Pologne c'est la possibilité d'obtenir un 5 à un examen, l'équivalent d'un 20 sur 20 en France, quand tout le monde sait qu'en France quelqu'un ayant un seize à un examen est déjà considéré comme un génie. Malgré son PIB qui fait de la Pologne la 22ème économie mondiale, la Pologne est encore un pays où beaucoup de choses bougent. C'est encore un peu le far-west, mais c’est très motivant. Par ailleurs, Varsovie est une petite ville en comparaison de Paris (pas en termes de superficie), il y est plus facile de rencontrer des gens, de monter un projet. Un gros hic ici: la nuit qui tombe à 15h30 en plein hiver :( Et puis le métro y est peu développé, un inconvénient majeur par rapport à Paris, ville où je suis né.

 

lepetitjournal.com : Un dernier mot ?

Nicolas Levi : La Pologne ne représente pas que des opportunités professionnelles pour moi mais ce pays est également le pays de naissance de ma femme et de ma fille. Le français lui a été transmis dès sa naissance et dans le cadre de son éducation, je l’ai inscrite dans une des maternelles franco-polonaises de Varsovie.

 

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cedric tavernier

Cédric Tavernier

En Pologne depuis 2003, diplôme franco-allemand en Commerce International, a dirigé des filiales de groupes français à Varsovie. Votre interlocuteur commercial pour les campagnes publicitaires en Pologne. Réalise des traductions polonais/français.
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