Édition internationale

LYCÉE FRANÇAIS DE VALENCE - Interview de rentrée de Gilles Almosnino, Proviseur

Écrit par Lepetitjournal Valence
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 7 octobre 2013

Le Lycée Français de Valence fait partie d´un réseau scolaire unique au monde. Avec plus de 480 établissements dans plus de 130 pays, l´enseignement français à l´étranger se présente comme une valeur sûre. Son succès est dû à une qualité éducative reconnue, autant qu´à une excellence pédagogique dont a encore récemment témoigné le taux de réussite ici, frôlant les 100% au bac en 2013 ici. Gilles Almosnino effectue cette année sa troisième rentrée à Valence.

Le 12 juillet 2013, 1.980 inscriptions étaient enregistrées pour la rentrée. 1950 élèves sont bien arrivés en septembre. Les familles des 30 élèves qui ne se sont pas présentés étant parties vers d´autres horizons, volontairement ou pas. Certes la baisse des bourses subies cette année a contraint certains parents à scolariser leurs enfants ailleurs, mais pour Gilles Almosnino (Photo Lepetitjournal.com), ce n´est pas la principale explication : "Il n´y a pas que les bourses qui expliquent les départs. Chaque année au mois de septembre, nous connaissons ces changements de situation, de familles mutées pour leur travail, certaines rentrent en France, ou déménagent simplement. Ce sont les maternelles les plus concernées, et automatiquement remplacées grâce à un vivier dont nous disposons."

"Le vivier des maternelles est en voie de diminution. Il faut partir à la recherche d´un nouveau public"
"Nous devons faire face à une concurrence nouvelle. Notamment des établissements britanniques qui brillent à mettre en avant le périscolaire, les sports notamment. Dans ce domaine, nous disposons des mêmes offres et des mêmes outils, mais nous ne savons pas les mettre en valeur comme eux le font. Nous devons y travailler. Si notre qualité éducative et académique est largement reconnue, nous devons communiquer sur l´ensemble des services mis à disposition de nos élèves. Nous devons faire la promotion de l´établissement." Ainsi, au mois de novembre seront organisées des portes ouvertes en pleine période de préinscriptions : "Nous ne sommes pas calés sur les dates de préinscriptions que nous faisions plus tard que les autres établissements. Nous allons y remédier dès cette année, accompagnées par des portes ouvertes du Lycée." Renouveler le vivier est important, mais attirer de nouvelles familles de tous niveaux fait également partie du plan, pour atteindre l´objectif d´environ 150 élèves par niveau, de la PS à la Terminale. "En PS nous faisons le plein et pas en MS. Nous devons y être attentifs. Mais attention, nous avons aussi un manque de place." Le lycée n´est pas extensible.

"Avant la note sanctionnait, aujourd´hui elle valorise."
À ceux qui seraient tentés de mettre en doute le niveau ou même l´utilité du baccalauréat, Gilles Almosnino répond avec ironie: "Le niveau baisse depuis Aristote." Plus sérieusement, il donne quelques explications : "Enfin on utilise toutes les échelles de notation ! Une copie excellente peut avoir une note excellente. Avant un 12 en philo était une très bonne note. Aujourd´hui on ose le 18 voire même le 20 si la copie le vaut." L´évaluation des élèves est faite par des professeurs qui ont eux-mêmes été évalués pour obtenir leur diplôme. "Ils ne faisaient que reproduire ce qu´ils avaient vécu. Il était impensable de voir une note supérieure à 12-13 à certains concours. Aujourd´hui les enfants sont coachés différemment. L´approche est différente, les mentalités évoluent. On est dans un autre esprit. Avant la note sanctionnait, aujourd´hui elle valorise. Les critères d´appréciation ont changé avec le temps, les matières se sont multipliées. Sans parler du contenu des disciplines il y a 20 ans et aujourd´hui. Est-ce raisonnable de vouloir comparer à tout prix ?"

Deux cultures, trois langues minimum, et des perspectives de réussite uniques vers l´enseignement supérieur
Une des mesures phares mise en place est la certification en langues. En effet, l´enseignement des langues s´inscrit à part entière dans une perspective européenne. Avec le français et l´espagnol étudiés et pratiqués dès la PS, c´est avec trois langues minimum que les élèves terminent leur cursus au Lycée français de Valence. Les certifications sont une priorité pour le Proviseur : "De plus en plus, les niveaux doivent correspondre aux niveaux européens. Y compris pour les non francophones. Ils doivent partir d´ici avec un niveau B2 en français et en anglais. Une convention mondiale a été signée en ce sens entre l´AEFE (Agence pour l´Enseignement Français à l´Etranger), la MLF (Mission Laïque Française) et le CIEP (Centre International d´Etudes Pédagogiques, seul habilité à délivrer les certifications en France)." Avec deux cultures et trois langues minimum, les élèves disposent d´une formation, d´une culture et d´un état d´esprit leur ouvrant des perspectives de réussite vers l´enseignement supérieur dans des secteurs et des pays variés. Le forum des orientations et le carrefour des métiers se tiendront conjointement le même jour cette année, fin janvier 2014, afin de donner un maximum d´informations et de répondre au mieux aux interrogations des élèves et de leurs familles.

"La première année on observe, la deuxième on formalise, et la troisième on récolte tout en restant dans une dynamique"
Gilles Almosnino entame sa troisième année à la tête du Lycée Français de Valence. Si il est encore prématuré de faire un bilan, le Proviseur livre un début d´analyse, et fait part de nouveaux projets : "J´apprécie ici la proximité avec la France et la vie à Valence. Du point de vue professionnel, j´aimerais quelques fois que les choses bougent plus vite. Il faut savoir motiver les équipes parfois ici depuis longtemps. Ne pas s´endormir sur ses lauriers et rester dans une dynamique. L´équipe pédagogique du LFV sait répondre aux sollicitations pour s´inscrire dans une dynamique de projet. Nous récoltons quotidiennement les fruits de notre travail, mais c´est une lutte de chaque jour. Il faut se remettre en question continuellement, faire évoluer les choses, entamer ou finaliser des projets." A cet égard, le projet d´une salle polyvalente avec gradins amovibles, pouvant accueillir 300 personnes est dans les bacs. En perspective aussi, l´anniversaire du lycée qui fête ses 125 ans en 2014 : "Nous voulons regrouper des anciens élèves du Lycée pour le fêter, mais nous ne savons pas encore exactement ce que nous allons faire."

Soumis à une inspection générale à la rentrée
L´Etat français verse chaque année entre 2,5 et 3 millions d´euros au Lycée Français de Valence. Le ministère des Affaires étrangères a lancé à la rentrée une concertation sur l´enseignement français à l´étranger, "pour permettre d´adapter régulièrement notre stratégie aux nouveaux enjeux mondiaux." Plusieurs établissements français en Espagne ont donc été soumis à une inspection générale en septembre. Aussi, deux chargés de mission, délégués par le ministère des Affaires étrangères d´une part et par le ministère de l´Education d´autre part, sont-ils venus à Valence à la rencontre des acteurs de la Communauté Educative afin d´établir un rapport dont il sera rendu compte prochainement.
Enfin, concernant la charte de laïcité censée être affichée dans tout établissement scolaire public français, ce n´est pas si simple à l´étranger, car elle peut poser problème dans certains pays. "Nous sommes en attente des recommandations de l´AEFE. C´est la loi du pays hôte qui prime et je la vois mal affichée telle quelle dans certains pays."

Cécile PANISSAL (www.lepetitjournal.com- Espagne) lundi 7 octobre 2013

lepetitjournal valencia alicante
Publié le 6 octobre 2013, mis à jour le 7 octobre 2013
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