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INTERVIEW - Francis Huss, premier vice-président de l'AFE

Par Lepetitjournal Valence | Publié le 26/10/2009 à 01:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 14:06
Début septembre, l'Assemblée des Français de l'Etranger (AFE), dont les membres élus représentent plus de deux millions de Français établis hors de l'Hexagone, élisait le collège de vice-présidents chargés de diriger ses travaux. A leur tête, Francis Huss, élu UFE en Espagne, premier vice-président de l'Assemblée. Rencontre et programme

(Photo FH)

Lepetitjournal.com : Pouvez-nous nous résumer la composition de l'AFE ?
Francis Huss : Il y a en tout 155 élus AFE à l'Assemblée, auxquels viennent s'ajouter 12 sénateurs et 12 personnalités qualifiées. L'Assemblée est présidée de droit par Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, et gérée par un collège de trois vice-présidents, dont je suis le premier, puisque j'ai été élu avec le plus grand nombre de voix : 66% dès le premier tour. Les élus de l'AFE représentent 1.3 millions de personnes inscrites dans les consulats, soit près de 2.2 millions de personnes en réalité, expatriées de par le monde. La répartition des sièges est la suivante : 2/3 pour l' UFE, 1/3 pour l'ADFE.

Et concernant l'Espagne ?
En Espagne, 82.500 personnes sont immatriculées dans les consulats. On estime la population expatriée entre 150.000 et 200.000 personnes. L'Espagne compte 5 élus, dont 3 sont issus de l'ADFE et 2 de l'UFE.

De quelle représentativité jouit l'AFE ?
C'est là un grand problème que nous devons solutionner. Une priorité. Seules 15 à 20% des personnes inscrites dans les Consulats participent au vote. Nous souhaitons augmenter ce chiffre, notamment en améliorant notre communication.

L'AFE est elle menacée par la création du poste de député des Français l'étranger, prévu par Nicolas Sarkozy ? (voir note)
Nous allons tout faire pour que ce ne soit pas le cas. Nous allons mener des actions auprès des pouvoirs publics pour assurer l'existence de l'AFE. Si l'on en arrivait à la suppression des élus de l'AFE, comme cela a pu être évoqué, ce serait comme si au niveau national on supprimait trois échelons : la mairie, le conseil général et le conseil régional. Il faut bien avoir conscience que les membres de l'AFE sont des personnes de terrain, contrairement aux députés, qui risquent d'être « parachutés » depuis la métropole.

Quels sont les grands chantiers de l'AFE ?
Il existe un débat important sur les frais de scolarité. Pour l'année scolaire 2009/2010, les frais seront remboursés pour les élèves de seconde, première et terminale. Cela représente pour un enfant scolarisé quelque 5.500 ? annuels. Pour certains ce remboursement représente une injustice, puisqu'ils estiment que c'est donner de l'argent aux riches. Pour d'autres il n'y a pas de raison que les Français de l'étranger ne bénéficient pas de scolarité gratuite, comme en métropole.
Toujours est-il que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a décidé d'appliquer un moratoire jusqu'à mi 2010 sur cette décision. Cela signifie que pour l'instant les choses restent en l'état : une sorte de statu quo afin de se donner le temps d'y réfléchir. Il va de soi que de mon côté je suis en faveur du remboursement des frais de scolarité et que je vais me battre dans ce sens.

Existe-t-il d'autres points d'accroche ?
Il existe d'autres dossiers sur lesquels nous devons agir, mais contrairement aux frais de scolarité, UFE et ADFE sont d'accord sur la conduite à suivre. Il s'agit notamment du dossier des aides sociales. Par exemple, la baisse de crédit d'action sociale du ministère des Affaires étrangères et européennes ne va pas permettre d'aider au même niveau qu'auparavant les personnes âgées françaises. L'Entraide Française de Madrid recevait 47.000 euros il y a 5 ans. On s'attend à 6.000 euros sur le prochain budget. Pour Palma c'est pire : le budget de 10.000 euros a été réduit à néant.
Autre projet sur lequel je me suis personnellement investi : la création d'un poste de médiateur européen, chargé d'expliquer aux fonctionnaires des pays membres l'application du règlement européen pour les résidents européens étrangers.

Comment va se dérouler l'élection des députés français de l'étranger ?
L'élection des députés se réalisera par circonscription. Il y a en tout 11 circonscriptions dans le monde. L'Espagne fait partie de la circonscription qui inclut le Portugal, Andorre et Monaco.
Tout d'abord nous avons proposé de remodeler les circonscriptions évoquées, afin de les rationaliser et de les rééquilibrer. C'est complexe car d'une part elles doivent répondre à plusieurs critères (représenter entre 95.000 et 130.000 Français, être inscrites dans une continuité géographique et correspondre aux circonscriptions consulaires) et d'autre part des intérêts politiques dépendent de cette réorganisation. Le décret définissant les circonscriptions vient d'être publié (voir notre article).
Il faut également que nous revoyons le fonctionnement des frais de campagne : il est évident qu'un député dont la circonscription va de Saint-Pétersbourg à Auckland, pour prendre l'exemple le plus frappant, aura des frais bien supérieurs à celui dont la circonscription est plus réduite. Difficile aussi de justifier les frais lorsqu'on fait campagne en Ouzbékistan, par exemple. Nous devons repenser le plafond des dépenses, qui ne peut être le même que pour un métropolitain.
Autre préoccupation : l'organisation des bureaux de vote. Lors des dernières élections présidentielles, il y avait jusqu'à deux heures de queue devant le Consulat à Madrid. C'est inadmissible. Que se passerait-il en cas d'attaque terroriste par exemple ?
Enfin nous souhaitons allonger les délais entre premier et second tour. La semaine de rigueur en France n'est pas pertinente pour les Français installés à l'étranger. Sur ce point nous avons déjà obtenu que le premier tour se fasse une semaine avant.

Le fait que le premier vice-président de l'AFE soit originaire d'Espagne va-t-il changer quelque chose pour les expatriés de ce pays ?
Non, en fait cela ne devrait pas changer grand-chose en faveur des Français d'Espagne. Nos priorités au niveau international sont peu ou prou les mêmes que celles au niveau espagnol.

Note :
Jusqu'à présent, douze sénateurs représentent les Français de l'étranger. Ils sont élus par les 155 conseillers de l'AFE.
Avant la révision constitutionnelle impulsée par Nicolas Sarkozy, les Français de l'étranger n'étaient représentés qu'au Sénat, la loi leur permettant, pour les législatives, d'être inscrits dans une circonscription en France.
La Constitution révisée prévoit désormais que "les Français établis hors de France sont représentés à l'Assemblée nationale et au Sénat". Ils seront représentés à l'Assemblée par les députés des Français de l'étranger, dont les prochaines élections auront lieu dès 2012.

Propos recueillis par Vincent Garnier (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 26 octobre 2009
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