Boris Johnson, Brexit et avenir américain pour le Royaume-Uni ?

Par Nathalie Canet | Publié le 15/12/2019 à 18:00 | Mis à jour le 16/12/2019 à 09:32
Photo : ©flickr.com
Donald Trump Boris Johnson Royaume Uni élection

Le Parti conservateur britannique vient de remporter, sa plus grande victoire à Westminster depuis l'ère de Margaret Thatcher. Avec cette solide majorité absolue, due à l'effondrement du parti de Jeremy Corbyn qui a obtenu son pire résultat depuis les années 30, il est clair, pour la première fois depuis le référendum de 2016, que le Royaume-Uni quittera l'Union européenne. La date annoncée par Boris Johnson est le 31 janvier 2020. Donald Trump s’est empressé de féliciter le nouveau premier ministre et de lui soumettre ses projets post Brexit.

 

Anglais de souche ou expatriés au Royaume-Uni pendant près de 20 ans, et désormais membres de la communauté valencienne, Anna, Maria et Alex partagent leurs sentiments, leurs certitudes et leurs doutes sur la situation.

 

3 expatriés anglais et anglophones de Valence

Maria, Anna et Alex sont tous trois arrivés à Londres et sa région pour différentes raisons. Maria, 38 ans, Argentine, a suivi son mari et obtenu la citoyenneté britannique après 8 ans sur le territoire. Anna, 50 ans, Française expatriée à Londres pendant 20 ans, a débarqué chez les Anglais au début de sa carrière. Alex, 63 ans, est né, a été élevé et à vécu la majeure partie de sa vie en Angleterre.

Tous les quatre ont néanmoins choisi de quitter le pays pour Valence, autour de 2016, date du premier référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Tous s’accordent à dire que le climat, la qualité de vie et l’économie espagnole ont eu raison de leur vie épuisante et grisonnante londonienne.

 

Les sentiments face à l’élection de Boris Johnson

Au lendemain de l’élection du Premier ministre britannique, Boris Johnson, les sentiments sont partagés : doux et amer à la fois, un mélange de soulagement et d’excitation.

Le résultat du vote n’est pas une grande surprise“ nous confie Anna. Le Royaume-Uni n’aurait pas voté “pour“ Boris Johnson, mais plutôt “contre“ la personne de Jeremy Corbyn, qui est vu d’un mauvais œil dans le pays. “En principe je ne suis pas du côté des conservateurs. Mais le leader Jeremy Corbyn ne m’a pas convaincu non plus“ déclare Maria. Alex confirme en ajoutant : “le problème numéro 1 pour moi et pour les autres britanniques était Jeremy Corbyn, plutôt que le Brexit“.

Quelle que soit leur orientation politique, Anna, Maria et Alex confirment que ce résultat apporte une certaine clarté, et écarte le risque d’un Parlement partagé ou d’un autre référendum, créant ainsi un sentiment de soulagement général. “Le Gouvernement britannique va enfin faire avancer les choses après les trois dernières années qui ont littéralement paralysé le pays“.

Jeremy Corby Boris Johnson élection Royaume-Uni
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Les conséquences directes de ce vote

Bien que tous vivent désormais en Espagne, chacun possède encore une attache plus ou moins forte avec leur terre natale ou d’adoption. Des biens immobiliers, une affaire professionnelle, une pension de retraite...

Maria pense conserver son bien sur place et espère pouvoir y retourner régulièrement, alors que Anna ne souhaite qu’une chose, le “vendre le plus vite possible “ et profiter de la remontée de la Livre Sterling (+2,7%) et de la sortie du climat d’incertitude, après la majorité absolue obtenue par Boris Johnson ce 12 décembre 2019, tentant ainsi de récupérer un peu après le recul de 4% que vient de connaître le marché de l’immobilier londonien.

Certains Anglais craignent la privatisation du NHS (National Health Service), le système de santé national, d’autres, que la distribution d’argent ne se radicalise davantage. Alex, quant à lui semble plutôt rassuré concernant sa pension privée, qu’il dit désormais être “en sécurité“.

Enfin, Maria restera en Espagne, “profitant de visas, le régime des citoyens non européens“.

 

Hard-Brexit ou Soft-Brexit ? 

BREXIT Royaume-Uni Boris Johnson
©lepetitjournal.comValence

Alex et Maria, pensent que le hard-brexit n’était qu’une menace qui ne sera pas mise à exécution. “Dans ce monde globalisé, nous ne pouvons pas nous enfermer à l'intérieur de nos frontières“. “Il n'est dans l'intérêt de personne d'avoir un Brexit dur, ni du Royaume-Uni ni de l'UE. Donc cela ne se produira pas.“

“J'ai vécu à Londres lorsque Boris Johnson y était maire et il est un politicien de la droite libérale, du centre, contrairement à ce qu'avançaient ses adversaires. Je ne vois pas comment le Royaume-Uni aurait des dispositions différentes de celles de la Suisse“, qui ne fait pas partie de l’EEE (Espace Économique Européen) mais possède des accords bilatéraux afin de préserver son intégration économique avec l’Europe. Certains de ces accords portent sur les questions de la libre circulation et de l’ouverture des marchés respectifs.

Anna reste sceptique, et attend de voir les dispositions prises par le nouveau Premier Ministre britannique.

 

L’après Brexit

"Quelques mois (et peut-être même des années) de négociations difficiles nous attendent, mais au moins maintenant, le gouvernement britannique sait qu'il a la volonté du peuple et du Parlement", a relevé Chris Beauchamp, spécialiste des marchés chez IG, société financière de Londres, avant d’ajouter : "les investisseurs revenant au pays, les actifs britanniques pourraient enfin rattraper le reste du monde".
Shaun Osborne, responsable de la stratégie du marché des changes chez Scotiabank, ajoutait le même jour des élections : “cette levée de l'incertitude sera sûrement accueillie avec soulagement par les entreprises“.
La vision est donc plutôt positive semblerait-il sur le marché britannique, dans le cas où un accord serait enfin signé, mettant fin à ce Brexit qui n’en finit pas.

“Je ne m’attends pas à une révolution, mais on va au moins enfin pouvoir arrêter d’avancer dans l’incertitude constante, et les affaires pourront reprendre comme avant tout ce bazar de Brexit. Les entreprises et les particuliers ont besoin d'une certitude politique pour prendre des décisions “ nous confie Anna, qui désormais expatriée en Espagne, reste très connectée à son pays d’adoption.

Alex, dont toute la famille vit en Angleterre, ne voit que très peu de changement dans le cas d’une sortie de l’UE. “Je m’attends à ce que le Royaume-Uni reste proche de l’Europe sur le plan économique, et reste dans de nombreuses institutions européennes. Je pense que nous continuerons de soutenir l’approche de l’Union européenne à l’égard de la plupart des politiques mondiales, telles que le changement climatique. “

 

En quittant l'union avec la veille Europe, le Royaume-Uni s’ouvrira-t-il un avenir américain ? 

Jusqu’au Brexit et au-delà, tous les yeux resteront rivés sur le Royaume-Uni et Boris Johnson, félicité par Donald Trump, qui a profité de l’occasion pour ajouter une pointe de suspens à son commentaire, ouvrant la voie à un accord commercial avec les Etats-Unis.

"Félicitations à Boris Johnson pour cette grande VICTOIRE ! La Grande-Bretagne et les Etats-Unis seront désormais libres de conclure un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT. Cet accord sera potentiellement beaucoup plus gros et lucratif qu’aucun autre accord qui pourrait être conclu avec l'Union européenne. Bravo Boris!"

Twitter Donald Trump Boris Johnson
©TwitterDonaldTrump

 

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Femme de communication dans l'âme et adepte des défis, c'est après 15 années entre agence de publicité new-yorkaise et grandes entreprises parisiennes, que Nathalie rejoint lepetitjournal.com.
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