

(photo : http://apuestasformula1.com.es)
À peine terminée cette 4ème édition valencienne du Grand Prix d'Europe de Formule 1, les chiffres commencent à tomber. Quelles sont les retombées économiques de la compétition sur la ville ? Comment se profile le futur de la formule 1 à Valence ? Début de réponses?
Tout d'abord, quelques chiffres, bruts de décoffrage : le week-end dernier, ce sont 120.000 visiteurs qui ont accouru à Valence, dont 80.000 qui ont assisté à la course, et ont dépensé la bagatelle de 7 millions d'euros, selon une estimation de la Fédération Hôtelière Valencienne (FEHV). Madame Barberá, maire de Valence, parle, elle, d'un apport global pour la ville et la région qui avoisinerait les 40 millions d'euros.
Les grands gagnants : hôtellerie et immobilier
Le premier secteur bénéficiaire de la tenue d'un tel événement est bien sûr l'hôtellerie. Du 24 au 26 juin, les établissements de Valence mais aussi d'une bonne partie de la Communauté (Cullera, Gandía) ont affiché un taux d'occupation de 90% et ont pu se permettre de tripler les prix ! La tendance est similaire en ce qui concerne la Marina où touristes, sponsors et membres des écuries ont occupé plus de 500 embarcations.
L'immobilier n'est pas en reste et la formule 1 redonne un sacré bol d'air à de nombreuses agences en cette période de crise. Location d'appartements et de terrasses dans la zone du port, avec vue plongeante sur le circuit, ont connu un franc succès. Là aussi les chiffres d'occupation tournent autour de 90% et, à peine la course terminée, la plupart des emplacements étaient déjà réservés pour l'année prochaine?
Rentable, vraiment ?
Des résultats satisfaisants, bien sûr, mais qui ne doivent pas masquer un fait : l'organisation du grand prix a un coût, et un coût élevé. Bien que confidentiel, il est estimé à 18 millions d'euros. Depuis la 1ère édition en 2008, c'est l'entreprise Valmor, composée de Bancaja, l'entrepreneur Fernando Roig et l'ex-pilote de moto Jorge Martinez Aspar, qui en a la charge. Si elle a pu l'assumer en 2008 et 2009, ce n'est plus le cas depuis 2 ans, et c'est la Généralité qui paie les pots cassés. Toutefois, pour l'administration, c'est une dépense qui vaut largement la peine tant pour les retombées économiques directes que pour l'impact médiatique qui échoit sur Valence avec une retransmission de la course suivie par 600 millions de téléspectateurs. Et donc autant de futurs touristes potentiels.
Non, les mécontents seraient plutôt à chercher du côté des quartiers riverains du circuit, Nazaret et Cabanyal-Canyamelar. Ce dernier a d'ailleurs reçu l'appui des Indignés qui ont mis en place différentes activités de sensibilisation et critiqué les dépenses exhorbitantes liées à la F1 quand le quartier maritime attend depuis des lustres d'être réhabilité. Les habitants de Nazaret, quant à eux, se sentent de plus en plus isolés et se sont plaints du bruit. Des revendications que l'on a pu retrouver derrière le slogan "Fórmula 1, Barrios 0".
Valence et le monopole de la F1 en Espagne
Des contestations qui ne vont nullement freiner les administrations, Ayuntamiento et Generalitat. En effet, la prolongation du bail pour la tenue du Grand Prix d'Europe à Valence est actuellement en négociation avec Bernie Ecclestone, patron de la F1. D'ailleurs, celui-ci semble porter Valence dans son c?ur et s'est dit prêt à appuyer l'avenir de Valence comme capitale européenne de l'automobile. Si les choses suivent leur cours normal, un nouveau contrat pourrait être signé incessamment sous peu, garantissant à la ville l'organisation de l'événement jusqu'à 2019, voire 2021.
L'un des autres souhaits de Francisco Camps et Rita Barberá est d'avancer le grand prix dans le calendrier pour en faire la première date européenne du championnat du monde. Ce qui semble en bonne voie et pourrait conduire à l'annulation future du Grand Prix d'Espagne à Barcelone. Il a lieu plus tôt dans l'année et serait trop rapproché de celui d'Europe. D'autre part, Ecclestone et la plupart des écuries militent depuis quelque temps pour avoir un seul grand prix par pays, question d'intérêt commercial. En ce cas, Valence pourrait bientôt devenir l'unique référence espagnole. Bref, on n'a pas fini d'entendre parler de F1 dans le Levant?
Sylvain PERNET (lepetitjournal.com - Valence) Vendredi 1er juillet 2011







