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Todos los Santos et la tradition des monstres Valenciens

Par Manuella Leclercq | Publié le 31/10/2018 à 21:23 | Mis à jour le 31/10/2018 à 23:45
Un enfant déguisé tenant une citrouille pour Halloween

La fête d’Halloween rencontre un succès considérable en Europe depuis les années 90, surtout chez les plus jeunes qui profitent de l'occasion pour se réunir entre amis vêtus de déguisements des plus effrayants. S'il est vrai que cette fête tire ses origines de la tradition celte, c'est la culture populaire américaine, notamment à travers des films et séries, qui a réussi à l'imposer dans toute l'Europe. Cependant, cette festivité et ses symboles sont encore souvent considérés comme des “americanadas” par bon nombre de Valenciens, surtout chez les plus âgés. Ces seniors, guidés par le chemin de la tradition, sont les plus nombreux à se retrouver le 1er novembre dans les cimetières de la ville pour rendre hommage à leurs défunts. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu l'arrivée d'Halloween dans la péninsule pour jouer à se faire peur. Mais alors, avant la mode des zombies et autres loups-garous, qu'est-ce qui faisait trembler de peur les petits Valenciens ?

Todos los Santos, le recueillement en famille

Si Halloween est toujours célébré avec un engouement terrifiant, on remarque une évolution dans les déguisements lors des fêtes organisées à cette occasion. En effet, on y croise de plus en plus de personnages incarnant le folklore mexicain : des calaveras (têtes de mort) garnies de couronnes de fleurs et ornées de tissus chatoyants, clin d'œil à la célébration la plus gaie de Todos los Santos, celle pratiquée au Mexique. Là-bas, le 31 octobre, les familles installent dans les cimetières les plats préférés du défunt sur de petits autels pour ensuite les déguster en famille le lendemain au son des Mariachis.

En Espagne, comme en France, la Toussaint reste une célébration empreinte de tristesse. Suivant la tradition catholique, le 1er novembre, les Valenciens apportent des fleurs sur les tombes de leurs proches, souvent des œillets, des glaïeuls ou encore des roses, parfois des photographies. Le recueillement se fait tout en retenue. Les plus croyants prient autour de la pierre tombale et maintiennent plusieurs cierges allumés afin de raviver la mémoire de leurs proches disparus.

Tradition gastronomique et culturelle

S'en suit en général un repas familial à la fin duquel on déguste Los Huesos de San Antonio. Ces confiseries sont confectionnées en massepain et souvent fourrées de jaune d'œuf. Elles ont la forme de petits os, plus précisément d'os de Saint !

Huesitos de Santo (Photo:©Tamorlan)
Huesitos de Santo (Photo:©Tamorlan)

 

Enfin, la nuit de la Toussaint, il est également typique de jouer la célèbre pièce fantastique Don Juan Tenorio de Zorrilla dans les théâtres espagnols.

Monstres et légendes de Valencia

Ces traditions perdurent donc à travers le temps, et ce, malgré l'influence massive d'un Halloween à l'américaine. Il n'en est pas de même pour les monstres et légendes de Valencia, qui sont petit à petit tombés dans l'oubli. Des monstres qui ont terrifié plusieurs générations de petits valenciens et qui aujourd'hui sont récupérés à l'occasion de Todos los Santos.

Une illustration de l'exposition Espanta la Por

Tout d’abord, il y a le Butoni : un énorme monstre poilu aux griffes acérées et à la gueule pleine de crocs. Il apparaît la nuit, se faufilant par la serrure pour emmener les enfants qui ne veulent pas dormir ou terminer leur repas. L'Home del Sac agit également de la sorte : ce nomade se promène de villes en villes pour kidnapper dans son grand sac les enfants qui traineraient trop dans les rues et faire du beurre avec leur graisse ! Les bambins sont tout autant les proies de prédilection de la Quarantamaula. Cet être démoniaque est capable d'adopter de nombreuses apparences pour vous effrayer : chat noir aux yeux rouges et à la queue en flamme, mutant moitié homme-moitié poule au cou de vautour ou simple escargot rampant discrètement jusqu'à votre chambre. El Dragon du Patriarca, quant à lui, aurait terrorisé les Valenciens et en aurait d'ailleurs dévoré quelques-uns. La légende raconte qu'il aurait été tué par un chevalier et qu'il est toujours possible d'admirer la dépouille de la bête au collège du Patriarca (il s'agit en réalité d'un crocodile disséqué).

Pour en savoir plus sur ces lutins, démons, sorcières et autres personnages terrifiants qui illustrent les nombreuses légendes et chansons populaires de Valencia, rendez-vous au musée d'ethnologie pour profiter de l'évènement Espanta la Por ! jusqu'au 11 novembre.

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Manuella

Manuella Leclercq

Cette Lilloise, titulaire d'une Maîtrise en Langue et Littérature , passionnée de musique, vit à Valencia depuis plus de dix ans. À travers plusieurs projets, elle prend plaisir à construire des ponts entre sa langue/culture d'origine et d'adoption.
1 Commentaire (s) Réagir
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Sophie jeu 01/11/2018 - 10:56

savez-vous d'où vient le nom de mariachi? Si vous le savez bien, sinon je peux vous le raconter

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