Édition internationale

Fira del Llibre de Valencia : 600 auteurs et une édition record à Viveros

Du 30 avril au 10 mai, les Jardins del Real (Vivers) se transformeront une nouvelle fois en capitale du livre. Pour sa 61ᵉ édition, la Fira del Llibre de València ne se contente pas de confirmer son statut : elle franchit un cap, avec des chiffres record et une ambition assumée… tempérée par une certaine prudence.

des personnes assiant à la fira del llibre de valenciades personnes assiant à la fira del llibre de valencia
@Fira de Llibre Valencia
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 27 avril 2026

Pendant onze jours, les allées ombragées de Viveros verront affluer plus de 105 exposants, répartis dans 142 casetas. Une hausse d’environ 10 % sur un an, qui confirme la place de la Fira parmi les grands rendez-vous littéraires du pays : deuxième en volume commercial, juste derrière Madrid.

Mais derrière cette croissance, les organisateurs commencent à lever le pied. « Le risque, c’est de mourir de succès », alerte le Gremi de Llibrers dans les colonnes d’El Periódico. L’idée n’est plus d’étendre à tout prix, mais de stabiliser, de garder la main sur un format qui fonctionne sans l’étirer jusqu’à la rupture.

Reste que les ambitions sont là : dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires et franchir la barre des 500.000 visiteurs. Des chiffres élevés qui disent surtout une chose plus simple : à Valence, le livre continue de rassembler, largement.

 

affiche de la fira del llibre de valencia
@virginialorenteillustration

 

Fira del Llibre de Valencia : une programmation XXL et 600 auteurs au rendez-vous

La richesse de la Fira ne tient pas seulement à ses stands, mais à son programme dense et tentaculaire : près de 200 activités officiellement annoncées, et jusqu’à 1.700 si l’on compte tout ce qui gravite autour — présentations, tables rondes, ateliers pour les plus jeunes, concerts, concours…

Côté invités, l’affiche mêle figures nationales et voix internationales. La romancière franco-marocaine Leïla Slimani, qui recevra le prix international, y côtoie Luis García Montero, Carme Riera, Martí Domínguez ou encore l’auteur turc Zülfü Livaneli.

Au total, près de 600 auteurs sont attendus, pour environ 1.500 séances de dédicaces. Une cadence soutenue, presque vertigineuse, qui se traduit chaque année par des files d’attente interminables, souvent tenues par un public jeune, et visiblement prêt à patienter pour quelques pages signées.

 

Le Palau de la Música entre en scène, la culture s’élargit

Grande nouveauté cette année : le Palau de la Música de València entre dans la danse. Une partie de la programmation s’y déploiera, entre conférences, concerts et rencontres. Le mouvement est clair : la Fira s’émancipe du seul livre pour devenir un espace culturel plus large, où la littérature dialogue avec la musique, la pensée et les arts.

L’édition 2026 fera aussi place à la mémoire. Celle du poète valencien Josep Piera, récemment disparu, mais aussi celle de Francesc Almela i Vives, désigné auteur de l’année par l’Acadèmia Valenciana de la Llengua. Et, dans un registre plus européen, la Fira marquera les dix ans de la disparition d’Umberto Eco.

En filigrane, une même ligne : la Méditerranée. Une identité revendiquée, portée par des auteurs venus de ses deux rives. 

 

Une feria populaire… et gratuite : dans un cadre verdoyant et central, la Fira reste entièrement gratuite, fidèle à sa vocation de démocratisation de la lecture. Horaires : du lundi au jeudi : 11h – 14h / 17h – 20h30. Vendredi et veilles de fêtes : jusqu’à 21h. Jours fériés : 11h – 14h30 / 17h – 21h Accessible en métro (stations Facultats, Primat Reig ou Benimaclet) ou via de nombreuses lignes de bus, l’événement s’inscrit pleinement dans la vie quotidienne des Valenciens.

 

À Valencia, les librairies indépendantes au cœur du modèle

Née en 1966 et installée dans les Jardins del Real (Vivers) depuis 1985, la Fira del Llibre de València s’est construite autour d’un choix clair : placer les librairies indépendantes au centre. Un parti pris assumé, à l’heure où la chaîne du livre se recompose sous pression.

Ici, ce sont elles qui tiennent la scène, vulnérables, souvent, mais indispensables. Les organisateurs y voient une force autant qu’un équilibre. Un « modèle valencien » qui, au fil des années, a fini par inspirer d’autres foires à travers le pays.

Dans un paysage saturé d’écrans, Valencia continue ainsi de faire du livre un lieu de rencontre et de circulation lente. Un espace où l’on prend le temps. Et peut-être, au fond, la raison pour laquelle la Fira ne désemplit pas.

 

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