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Fanzara : la rédemption d’un village valencien grâce à l’art urbain

Par Shirley SAVY-PUIG | Publié le 01/07/2019 à 14:34 | Mis à jour le 02/07/2019 à 10:27
Fanzara street art

Si certaines municipalités désespèrent de voir les façades des maisons en proie aux graffitis d’artistes de rue, à Fanzara, petit village situé à seulement une heure de route au nord de Valencia, ces fresques urbaines lui ont permis de retrouver un second souffle et des milliers de visiteurs chaque année. 

Fanzara fait partie des villages espagnols qui se méritent. Depuis Valencia, il vous faudra une petite heure en voiture et quelques routes sinueuses pour accéder à ce bourg montagnard qui compte à peine 300 âmes. Mais croyez-nous, il en vaut le détour ! En effet, depuis 2014, Fanzara est devenue un musée à ciel ouvert d’art urbain attirant de nombreux artistes internationaux. Plus de 150 œuvres décorent ainsi les ruelles, représentant le travail de 73 artistes. Et pourtant, au départ, c’est un tout autre projet qui aurait dû voir le jour …

 

fanzara street art
Une grande fresque sur l'art à Fanzara

 

Au départ, le projet d’une usine de retraitement de déchets toxiques 

Pour comprendre l’histoire de ce musée, il faut remonter au début des années 2000. A cette époque, José Centelles Gustems, Maire du village (Partido Popular), propose d'installer une usine pour les déchets toxiques et dangereux ainsi qu'une macro décharge qui doit permettre de développer des emplois pour la région.

Face à ce projet, qui aura forcément des retombées écologiques pour le voisinage, la riposte s’organise et des habitants de Fanzara et de sa ville voisine Onda, se regroupent autour d’un collectif appelé "PLATAFORMA VERTEDERO SUSTANCIAS PELIGROSAS NO" : « Nous pensons que notre village ne doit pas être considéré et traité comme la poubelle des produits dangereux de la Communauté de Valence et tous nos efforts viseront à l'empêcher » déclaraient-ils à l’époque sur leur site internet.

S’ensuit une bataille de plusieurs années entre les habitants favorables à ce projet et ses opposants. Une affaire qui va raviver des tensions liées à la Guerre civile espagnole qui ont perduré à travers les générations. 

Il faudra attendre les élections municipales de 2011 et l’arrivée à la mairie de la liste PSOE-PSPV pour que le projet de décharge soit abandonné.  

 

fanzara street art
Un des personnages qui accueille les visiteurs de Fanzara

 

Le Musée inachevé d'art urbain (MIAU) de Fanzara

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Afin d’apaiser ces années de conflits et donner une nouvelle image à Fanzara, la nouvelle municipalité se tourne vers l’art urbain pour encourager la cohésion sociale et le vivre-ensemble. 

Le concept est plutôt simple : une fois par an, début juillet, des dizaines d’artistes urbains et graffeurs s’installent à Fanzara pour réaliser leurs œuvres directement sur les façades des habitations, des palissades et même des containers à ordure ! 

Si au début, une partie des villageois était plutôt suspicieuse et rétissante à cette idée, l’ampleur de ce Musée, devenu une étape obligatoire pour de nombreux artistes internationaux, a fini de les convaincre. 

 

fanzara street art
Détail d'une oeuvre dans les rues de Fanzara

 

Du 4 au 7 juillet 2019, le festival MIAU de Fanzara

Pour sa sixième édition, le festival se déroulera cette année du jeudi 4 au dimanche 7 juillet. Pas besoin de tickets pour accéder à ce musée à ciel ouvert mais s’armer de patience puisque des milliers de visiteurs sont attendus une fois de plus et que la balade dans les rues étroites pourra s’avérer compliquée. Mais c’est l’occasion de voir des street-artists travailler à même leur support citadin.

Par ailleurs, ce musée étant accessible toute l’année, n’hésitez pas à attendre la basse saison pour en profiter plus sereinement.  

 

fanzara street art
Un coeur sur une maison à Fanzara

 

fanzara street art
La façade d'une maison

 

fanzara street art
Une ruelle de Fanzara


 

fanzara street art
Même les contenairs à verre sont des supports artistiques

 

 

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Shirley Photo Pro

Shirley SAVY-PUIG

Responsable d'édition - Parisienne de naissance mais Valencienne d'adoption depuis sa plus tendre enfance, cette touche-à-tout aime mettre en lumière la culture espagnole et les personnalités francophones de talent.
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