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HISTOIRE - Abou El Kacem Chebbi, poète de la liberté

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 03/07/2017 à 22:00 | Mis à jour le 04/07/2017 à 09:26

Abou El Kacem Chebbi a donné un souffle nouveau à la poésie tunisienne et arabe, au siècle dernier. Amoureux de son pays, il écrivit 135 poèmes sur ses thèmes de prédilection : la nature, la rébellion et le patriotisme.

Abou El Kacem Chebbi, né le 24 Février 1909 à Tozeur, est décédé le 9 Octobre 1934. Il est  considéré comme l'un des plus grands poètes de la Tunisie, et  l'un des meilleurs poètes arabophones des temps modernes.

Ses poèmes furent publiés dans les plus prestigieuses revues tunisiennes ou orientales. La poésie de Chebbi offrant une mélodie rythmée, elle a été utilisée par les plus grands chanteurs et les compositeurs qui l'ont mise en musique.

Une enfance très studieuse

Il fit des études classiques à l'université d'Ezzitouna où il apprit le Coran, la tradition de la religion et la poésie mystique. Il vécut dans des médersas pendant dix ans, dans des conditions difficiles qui n'arrangeront pas sa santé précaire. Il en ressortira un profond mépris pour cet enseignement sclérosé .

Il découvre des auteurs occidentaux, notamment les romantiques, à travers des traductions en arabe grâce à sa fréquentation assidue, dès 1927, des bibliothèques de la Khaldounia (institut fondé par les nationalistes tunisiens), du club littéraire de l'association des anciens élèves du Collège Sadiki ou du club littéraire An-Nâdi Al Arabi (Foyer arabe).

Très intéressé par la littérature moderne, la littérature romantique traduite, ainsi que l'ancienne littérature arabe, il révéla très vite son talent poétique, à partir de 14 ans.

Une conférence historique

En parallèle à l'écriture de ses poèmes, il participe aux manifestations anti-zitouniennes qui agitent alors Tunis. Le 1er février 1929, il tient une conférence à la Khaldounia avec pour sujet l'imagination poétique chez les Arabes.  Cette conférence déclenche dans tout le Proche-Orient des réactions violentes à son encontre, car il y critique la production poétique arabe ancienne. Cependant, elle sera aussi l'un des déclics pour le renouvèlement de la poésie arabe.

Selon les dernières volontés de son père, décédé en 1929, il épouse durant l'été 1930  l'une de ses cousines, Shahla Ben Amara Ben Ibrahim Chebbi, dont il aura deux enfants : Mohamed Sadok, né le 29 novembre 1931, qui devient colonel dans l'armée, et Jalal, né le 4 janvier 1934, ingénieur.

En janvier 1930, Chebbi donne une conférence qu'il espère à la hauteur de celle de la Khaldounia. Malheureusement, elle est boycottée par ses adversaires les conservateurs, ce qu'il ressent comme un véritable échec. Ils ne lui auront pas pardonné ses phrases "choc" et son jugement sévère lors de sa première conférence : "Les poètes arabes n'ont jamais exprimé de sentiments profonds, car ils ne considéraient pas la nature avec un sentiment vivant et méditatif, comme quelque chose de sublime, mais plutôt comme on regarde d'un ?il satisfait un vêtement bien tissé et coloré ou un beau tapis, rien de plus ....Les Arabes n'ont comme expression de la beauté que celle de la femme ... mais au lieu de la placer sur un piédestal et de la voir d'un regard noble et sacré, à l'exemple des artistes grecs qui en firent leurs muses, le poète arabe ne l'évoque qu'en tant qu'objet de son désir et de sa convoitise charnelle ...  la vision de la femme dans la littérature arabe est une vision médiocre, très basse et complètement dégradée"

Sa santé, déjà fragile, se dégrade encore considérablement et il meurt quelques années plus tard à l'âge de vingt-cinq ans.

Publications
Ô Amour (1924)
Tounis al-Jamila (La Belle Tunisie, 1925)
La Guerre (1926)
Chakwat Yatim (La Complainte de l'orphelin, 1926)
Le Chant du tonnerre (1926)
Poésie (1927)
Rivière d'amour (1927)
D'hier à aujourd'hui (1927)
L'Éclat de la vérité (1927)
L'Imagination poétique chez les Arabes (1929)
C'en est trop mon c?ur (1929)
Ilâ Allah (À Dieu, 1929)
Ya Ibna Ommi (Ô mon frère, 1929)
Le Prophète méconnu (1930)
Salawat fi hakel al-Hob (Prières au temple de l'amour, 1931)
Pastorale (1933)
Iradat al-Hayet (La volonté de vivre, 1933)
Mes chansons (1933)
Sous les branches (1933)
La Chanson de Prométhée (1933)
L'Aveu (1934)
Le C?ur du poète (1934)
Ela Toghat Al Alaam (Aux tyrans du monde, 1934)
Aghani al-Hayat (Les chants de la vie, 1955)
Journal (1965)
Correspondances (1965)


La Rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis) mardi 4 juillet 2017

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