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LINDA BEDDOUCHE – "Loin du Québec, le français existe !"

Par Lepetitjournal Toronto | Publié le 15/03/2016 à 19:58 | Mis à jour le 16/03/2016 à 10:05

Depuis deux ans, Linda Beddouche s'occupe des programmes de langue française dans les écoles de Colombie-Britannique. Finaliste des Trophées des Français de l'étranger dans la catégorie Meilleur Espoir, elle travaille à promouvoir sa langue maternelle dans son pays d'accueil.

"Ce que j'aime beaucoup, c'est l'importance qu'on met dans le développement socio-émotionnel de l'enfant. On le prend en considération comme un individu qui se développe et grandit." Linda Beddouche, 29 ans, est tombée sous le charme du système éducatif britanno-colombien. Elle apprécie cette volonté de personnaliser l'apprentissage et d'accompagner l'enfant, peu importe ses faiblesses.

D'abord enseignante dans un lycée français, elle est directrice du bureau des programmes de langue française au ministère de l'Éducation de la Colombie-Britannique depuis 2014. Elle essaye d'aller toujours plus loin, de se surpasser avec son équipe de six personnes pour répondre aux besoins du territoire. "Même entre le Nord et Vancouver, par exemple, les défis sont différents", souligne-t-elle.

Un milieu moins strict

Au début, elle a été un peu surprise par leur façon de travailler, elle s'attendait à quelque chose d'encadré. "Les gens sont plus abordables." Elle et ses collègues travaillent dans un openspace, où aucune place n'est attitrée. "Une secrétaire peut se retrouver à côté d'un adjoint ou d'un sous-ministre ! Cela crée des conversations et des idées", explique-t-elle.

Elle comprend aussi que son franc-parler ait pu être déroutant pour eux : "J'ai pu paraître un peu abrupte à des moments quand je disais non ça ne va pas !" Car c'est un milieu très positif où l'on met plutôt l'accent sur ce qui est bien fait plutôt que sur ce qui est mal fait.

Le français valorisé dans les écoles publiques

Aujourd'hui, le contact avec les élèves lui manque un peu. Raison pour laquelle elle attend les visites dans les écoles avec impatience. D'ailleurs, Linda Beddouche remarque un grand intérêt des familles non-francophones pour l'apprentissage de la langue. "On peut avoir tendance à penser que loin du Québec, le français n'existe pas ou peu, mais c'est faux !"

Le programme d'immersion français (French Immersion Program) permet aux enfants de commencer leur apprentissage du français comme langue seconde dès la maternelle jusqu'à la 12e (équivalent de la classe de terminale). Diplômés, ils sont complètement bilingues. Il est aussi possible d'entrer en cours de route, en 6e.

Ce programme a un tel succès que certains conseils scolaires ont dû opter pour un système de loterie comme concours d'entrée. Pour d'autres, c'est le premier arrivé qui est le premier servi. Trop de demandes, pas assez de places.

Épanouie dans son travail

Linda Beddouche a trouvé "le parfait équilibre" : travailler dans un pays anglophone tout en valorisant la culture et la langue française. Sans compter l'atmosphère de l'île de Vancouver, où elle habite. "Ici, les gens disent qu'on a notre propre fuseau horaire parce que tout le monde est calme, détendu, souriant."

Si bien que, quand elle revient en France, elle vit le choc culturel inverse : elle ressent beaucoup de stress. "Mais il y a beaucoup de choses qui me manque... Notamment le fait de ne pas vivre en français : faire mes courses, prendre le bus, entendre et parler en français !"

Kim Chaze (www.lepetitjournal.com/toronto) mardi 15 mars 2016

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