Tiphaine où es-tu ? : le livre sur la disparition au Japon de Tiphaine Véron

Par Lepetitjournal Tokyo | Publié le 28/07/2022 à 17:50 | Mis à jour le 29/07/2022 à 05:23
Tiphaine où es-tu ? Le livre écrit par Damien et Sybille Véron

Quatre ans après la disparition de Tiphaine Véron, une touriste française en visite à Nikko, la juge d’instruction française en charge de l’affaire a annoncé vouloir clôturer l’enquête. Dans le même temps, Damien et Sibylle Véron publient chez Robert Laffont leur livre Tiphaine, où es-tu ?. L’ouvrage de quelque 500 pages retrace ces quatre années de lutte pour retrouver leur sœur.

 

Ambassadeur de France au Japon, ministre des Affaires étrangères, association OLES Japon, experts, médias, détectives, avocats ou policiers, japonais comme français, ils sont nombreux à soutenir la famille Véron. Malgré tout, l’enquête japonaise piétine avant de se stopper complètement. La faute aux incompréhensions culturelles ? À un système judiciaire opaque ?

La pandémie mondiale oblige Damien Véron à renoncer provisoirement aux aller-retour entre France et Japon. Il met cependant ce temps à profit, rassemblant ses souvenirs et ses notes pour essayer de comprendre pourquoi, quatre ans après, Tiphaine manque toujours à l’appel.

La disparition de Tiphaine Véron : une enquête difficile entre France et Japon

Après 5 mois d’écriture en solo, Damien confie son projet de livre à sa sœur Sibylle qui l’aide à le mettre en forme. Au fil des pages, on constate que l’enquête vécue de l’intérieur par la famille est loin de se dérouler sans accroc.

La disparition de Tiphaine Véron est signalée à Nikko le 29 juillet 2018. Cette petite ville, proche des montagnes au nord de Tokyo, est un lieu extrêmement touristique qui attire toute l’année de nombreux visiteurs japonais comme étrangers. La police rechigne donc à mener une investigation de grande ampleur pour ne pas « perturber » la vie locale ou faire fuir les touristes. On reproche d’ailleurs très vite à la fratrie Véron leur médiatisation de l’affaire ainsi que plusieurs bourdes diplomatiques. De leur côté, les Français peinent à trouver les mesures prises par la police japonaise suffisantes : pas de battues efficaces pour retrouver un éventuel corps, négligence de la piste criminelle, pas de véritable audition des témoins, pas de demandes pour obtenir les données de localisation du téléphone de Tiphaine avant qu’il ne s’éteigne… « On n’en ferait pas autant pour une Japonaise », répètent pourtant les inspecteurs à Damien lors de leurs entrevues au sujet de l’avancée de l’enquête. Des mots difficiles à comprendre pour le jeune homme qui n’hésite pas à opposer leur travail à celui effectué par la police française dans le cas de la disparition de Narumi Kurosaki, étudiante japonaise assassinée en France par son ex-petit ami chilien.

La relation de confiance entre la famille et la police de Tochigi (préfecture où se situe Nikko) est mise à mal, et ce malgré les efforts fournis par leurs traducteurs ainsi que par les équipes diplomatiques françaises. Pour compliquer encore les choses, Damien et ses proches sont exposés à toute sorte de bruits « parasites », à de faux témoignages, à des maîtres chanteurs ou aux sollicitations de divers médiums plus ou moins crédibles.

début du livre de Damien et Sybille Véron
Tiphaine, où es-tu ?

 

Tiphaine, où es-tu, ou la face cachée du Japon

« Il n’y a aucun risque, le Japon est le pays le plus sur du monde » c’est ce que répondait Tiphaine à son frère lorsqu’il lui conseillait d’être prudente avant son départ pour le Japon. La disparition de la jeune femme amène pourtant la famille Véron à découvrir une réalité bien différente.
Si l’image que les touristes de passage gardent en mémoire est généralement très positive et que de nombreux clichés concernant la civilité et la sécurité circulent sur le pays, Damien comprend pourtant que le Japon ne manque pas de crimes violents. Entre juillet 2018 et août 2019, par exemple, pas moins de 12 corps ou ossements sont mis à jour dans les environs de Nikko.

« Tiphaine, où es-tu » est une lecture souvent difficile, mais qui aborde des sujets intéressants pour tous ceux qui aspirent à une connaissance plus poussée du Japon : enlèvements parentaux, suicides fréquents, crimes sexuels, fonctionnement du système judiciaire, etc. 
Le livre nous donne également un aperçu de ce que peuvent endurer les familles qui font face à une disparition à l’étranger.
Damien a d’ailleurs un projet à long terme : mettre en place une association ou une fondation pour soutenir ces familles dans leurs premières démarches pour retrouver leurs proches (contacts utiles dans le pays concerné, dépôt de plainte en France, etc.).

La famille Véron continue son combat

Aujourd’hui Damien prépare une nouvelle expédition au Japon. Depuis la pandémie, il a redéfini ses priorités avec l’aide de l’avocat Antoine Vey. L’objectif : travailler en collaboration avec des enquêteurs et des avocats japonais afin de faire avancer l’affaire. Il a également tenu à souligner la solidarité de la communauté française du Japon qu’il reverra bientôt : « Ils ont mes remerciements, leur soutien est indispensable ».

Cette année, pas de marche ou d’évènement particulier prévu le 29 juillet. En revanche, une pétition en ligne a été lancée afin de convaincre la juge d’instruction française de ne pas renoncer à l’enquête.
Les recettes du livre contribuent à financer les recherches pour retrouver la jeune Française, vous pouvez le commander sur le site de Kinokuniya ou en passant par le site de l’association Unis pour Tiphaine.
Vous pouvez également participer en faisant un don directement sur le site ici.

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