Vendredi 25 septembre 2020

Japon : 5 incontournables du nord de la préfecture de Kumamoto

Par Julien Loock | Publié le 14/12/2019 à 06:23 | Mis à jour le 20/12/2019 à 03:13
Photo : Kurokawa Onsen
kurokawa-onsen-japon

Située au sud-ouest de l'île de Kyushu, au Japon, la préfecture de Kumamoto occupe une place particulière dans l'esprit des amoureux de l'Archipel et des curieux baroudeurs. Outre son côté attachant, renforcé par l'espièglerie de Kumamon, mascotte ô combien adulée (et rentable), la préfecture de Kumamoto offre plusieurs visages aux visiteurs, de la mer au cratère. La ville de Kumamoto, ville principale de la préfecture éponyme, se trouve à deux heures de vol environ de Tokyo, de quoi permettre un saut enjoué le temps d'un long week-end ou plus. Le nord de la préfecture, là où règne l'impressionnant complexe volcanique du mont Aso, cache de nombreux trésors autant matériels qu'immatériels. Découvrez le nord de la préfecture de Kumamoto en cinq coups de cœur pour que tout séjour sur ses terres soit une réussite complète.

 

mont aso kumamoto



Le mont Aso... vu d'en haut


Le complexe volcanique, encore actif, du mont Aso offre aux visiteurs un panorama naturel saisissant. Située dans le parc national d'Aso-Kuju, la quinzaine de cônes volcaniques regroupée au sein d'une caldera colossale (24 km sur 18!) se détache de l'horizon pour former un paysage captivant, à la frontière du lunaire. Le parc est bordé de vertes prairies, de lacs, de forêts et de sources d'eau chaude que l'on retrouve en contrebas, offrant alors aux bains thermaux leurs bienfaits. Au milieu de ce complexe règne en maître le Naka-dake du haut de ses 1506 mètres. Ce volcan est le plus actif. Des fumées épaisses émanent en permanence de son cratère gargantuesque. Ce décor sensationnel est propice à la balade, à la randonnée, au vélo ou encore... au survol. En effet, dans ce cas de figure, l'hélicoptère semble être le moyen de transport le plus adapté à la découverte d'un décor cinématographique et de son volcan principal en ébullition. Saga Aviation, et son tour du mont Aso, propose cette option atypique et sensationnelle. L'hélicoptère, qui ne peut accueillir que quatre personnes, dont le pilote, transporte les heureux visiteurs jusqu'aux cimes du cratère pour une vue plongeante inoubliable, accompagnée de ressentis entre frissons et adrénaline, l'engin volant, léger, donnant l'impression de n'être qu'un jouet pour adulte. Une belle façon de découvrir le plus beau trésor naturel de la région. 

 

aso kumamoto japon



Pédaler au cœur de Minami-Aso


A l'instar de l'hélicoptère, si le temps le permet, découvrir la région de Minami-Aso en vélo fait partie des belles expériences du nord de la préfecture de Kumamoto. Les paysages panoramiques saisissants offerts par la nature environnante créent un cadre unique à admirer de sa selle et de son guidon. Plusieurs trajets (débutants ou intermédiaires) sont facilement accessibles aux touristes grâce à une carte très détaillée éditée en anglais. Il est même possible de profiter des itinéraires, via son smartphone, pour que l'expérience soit la plus agréable possible. Ces balades permettent aux sportifs baroudeurs d'un jour de découvrir le sud du mont Aso à travers des petites routes et des chemins qui serpentent au milieu d'une nature tantôt luxuriante, tantôt lunaire. Ce moyen de transport, assez peu utilisé en règle générale en voyage, permet surtout de visiter la région à son rythme. La jeune entreprise Trim Company permet aux visiteurs les moins aguerris de vivre la même expérience accompagnée d'un guide, lui aussi en selle. Les vélos proposés sont neufs et chaque visiteur peut choisir celui qui lui convient le mieux (comme un vélo électrique, par exemple). Le plus indéniable de la sortie en vélo guidée est de pouvoir sortir littéralement des sentiers battus, le guide aimant s'arrêter dans des endroits méconnus, où se cachent souvent des curiosités pittoresques.

 

vélo kumamoto japon



Kurokawa Onsen, là où le temps s'arrête


Kurokawa Onsen est définitivement un véritable coup de cœur. Ce village de sources thermales, niché dans une nature luxuriante et bordant la rivière Chikugo, peut être considéré comme un ambassadeur de l'imaginaire collectif du Japon, un digne représentant de ce qui fait de l'art de vivre à la japonaise une exquise saveur à expérimenter une fois dans une vie. Dithyrambique, certes, mais ô combien proche de la réalité ! Kurokawa Onsen est un lieu où le temps s'arrête et où le visiteur se perd dans une imagerie et dans un patrimoine consolidant l'amour que l'on porte à la culture nippone. Le village, composé de 30 ryokans, est un havre de paix au cœur du relief de la région. Connu pour ses bains thermaux thérapeutiques, il est aussi reconnu pour son ambiance et son atmosphère idyllique. Le tableau l'est tout aussi. La rivière, d'où émane de la vapeur, se glisse entre les ryokans à l'architecture sauvegardée, les rues pavées bordées de petites boutiques et les ponts qui mènent le visiteur, drapé de la tenue typique de ces lieux enchantés, vers les onsen et les rotenburo. Et lorsque la nuit tombe, le son des sabots de bois sur le pavé est amplifié, les couleurs automnales sont embellies par les jeux de lumières pensés avec précision et les visiteurs ralentissent le pas pour profiter d'un moment particulier dans un cadre qui l'est tout aussi. Pour que la nuit soit elle aussi au diapason de l'ambiance du lieu, le Ryokan Fumoto se fait l'honneur d'être l'allié de choix de cette réussite globale. En effet, outre la beauté de la maison et son atmosphère chaleureuse, ce ryokan offre à ses hôtes plus de quinze sources thermales dont plus d'une dizaine de bains privés. Entourés par tant de beauté, nous aurions tort de bouder un instant de plaisir égoïste...

 

kurokawa onsen



Le château de Kumamoto


Considéré comme l'un des trois plus beaux du Japon, aux côtés de celui de Himeji et de celui de Matsumoto, le Kumamoto-jô est un très bel exemple d'architecture militaire de l'époque Edo. Son patrimoine matériel a été en partie désigné "biens culturels importants" du Japon. Sa construction, entamée en 1601 sous le commandement de Kato Kiyomasa, s'est achevée sept ans plus tard. Le complexe historique, qui s'étend sur 98 hectares et sur un périmètre de 5,3 km, est une pièce maîtresse de la stratégie militaire de l'époque. Malheureusement, comme il est monnaie courante pour ces édifices en bois, le château a brûlé en grande partie lors d'un incendie en 1877. Le donjon a ainsi été reconstruit en béton en 1960 et plusieurs structures ont été rénovées entre 1998 et 2008. Mais c'est bien une autre menace qui a ébranlé le Kumamoto-jô en 2016. Entre le 14 et le 16 avril de cette même année, une série de puissants tremblements de terre a frappé l'île de Kyushu entraînant des pertes humaines et des dégâts matériels très importants. Le château n'a pas pu échapper au drame et une partie de son patrimoine a été endommagé.

 

château kumamoto japon

 

Visiter le Kumamoto-jô aujourd'hui est pourtant plus que jamais un immanquable. En effet, au-delà des blessures toujours visibles (un tiers des murs du château a été détruit), se rendre dans ce lieu permet surtout de se rendre compte de la force et de l'abnégation du peuple japonais lorsqu'il s'agit de reconstruire un monument de son histoire. Le visiteur prend conscience de la tâche colossale qui devrait durer plus de 20 ans ! Les ouvriers et les ingénieurs s'efforcent de reconstruire le château à l'identique tout en faisant face aux épreuves du monde moderne. Un exemple flagrant : comment rendre accessible le centre du complexe aux grues et engins de travaux alors que le lieu n'a pas été pensé pour de tels déplacements lors de sa construction... il y a 400 ans. C'est ainsi qu'une passerelle en béton a été érigée temporairement pour permettre les va-et-vient des outils du 21ème siècle. Et c'est tout ce contexte très particulier qui rend la visite saisissante et pleine d'émotions. Elle pourra cependant en décevoir plus d'un, le château étant, encore pour un moment, plus que l'ombre de lui-même.  

 

kumamoto château



Le sanctuaire Kamishikimi Kumano-imasu


Ce sanctuaire est un des trésors cachés de l'architecture religieuse de la région. Et dire qu'il est caché n'est pas usurpé ! Ce lieu de culte est en effet camouflé par une dense forêt de cèdres non loin de la petite ville de Takamori. Son enveloppe naturelle, tout en hauteur, lui confère une atmosphère toute particulière, à la frontière du mystique. Pour s'y rendre, le visiteur doit affronter de très nombreuses marches parmi les arbres pour enfin atteindre le cœur du sanctuaire. Ce lieu de culte est simple, sans exubérance, mais son cadre unique rend la visite spirituelle. La cime des cèdres nous cachant le ciel, on se sent seul, perdu et gentiment oppressé par la luxuriante nature environnante. Ce sentiment est aussi exacerbé par le fait que peu de visiteurs s'y rendent. Une aubaine pour les amoureux des ambiances nippones de ce style. 

 

sanctuaire japon

 

En partenariat avec TCVB et la préfecture de Kumamoto. #KYUSHUxTOKYO

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Julien Loock

Julien Loock

Rédacteur en chef de l'édition de Tokyo depuis décembre 2016.
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