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JR : assis près des rails d'un shinkansen à 300 km/h par obligation

Par Julien Loock | Publié le 28/08/2018 à 09:44 | Mis à jour le 28/08/2018 à 17:36
jr-shinkansen-japon-gare

Pour ses équipes de maintenance, la compagnie ferroviaire japonaise JR West a mis en place un exercice particulièrement traumatisant. Malgré plusieurs plaintes de certains salariés, l'entreprise a pris la parole, lundi, pour justifier le bien-fondé de cet entraînement, visant à la sécurité des trains. La pratique incriminée consiste à obliger les techniciens à s'asseoir près des rails, dans un tunnel, pour expérimenter le passage d'un shinkansen à 300 km/h. 


Environ cent quatre-vingt-dix employés ont participé à cet exercice particulier. Vêtus d'une protection pour la tête et de lunettes de sécurité, les membres du personnel sont donc dans l'obligation de se recroqueviller dans un sillon, entre les rails, mesurant à peine un mètre de large pour un mètre de profondeur. L'exercice permet alors de vivre le passage d'un shinkansen de sept-cents tonnes lancé à 300 km/h de très près. A cet endroit, dans ce tunnel, le train japonais dévore les rails à sa vitesse maximale. 

 

shinkansen
copyright : Mainichi


Cet exercice a pourtant un véritable but pédagogique pour la compagnie de trains japonaise. Il a ainsi été mis en place en 2016, suite à un incident technique survenu en août 2015. La pièce d'un shinkansen de tête s'était détachée, entraînant des dommages sur le suivant. L'inspection de sécurité du train avait été mise en cause.


D'après le média japonais Mainichi, un porte-parole de JR West a justifié l'exercice car "il donne l'opportunité aux employés, qui travaillent sur les trains, d'expérimenter et de comprendre l'importance de leur travail". 


L'AFP a également recueilli les mots du porte-parole de l'entreprise japonaise qui ne comptait pas arrêter l'expérience. "Nous faisons très attention à la sécurité quand nous réalisons l'exercice". 


Bien évidemment, le son de cloche des employés est très différent. Interrogé par le Mainichi, un employé a expliqué que le personnel comprenait le danger de la perte de boulons ou de pièces métalliques sans pour autant devoir aller dans ce tunnel. "C'est une question de mise en danger du staff". Un autre technicien a qualifié l'exercice de "flagellation publique", toujours d'après le Mainichi, repris par l'AFP.


Certains internautes doutent également de l'utilité fondée de cet entraînement censé être éducatif. Depuis lundi, les commentaires négatifs sont nombreux : "cela ressemble plus à de l'intimidation qu'à de l'entraînement", "malheureusement, tout ce précieux entraînement sera perdu lorsqu'un morceau de métal frappera la tête d'un employé"... 


Pour conclure avec une touche d'humour, un internaute a pointé du doigt un business lucratif : "Les densha otaku (ndlr les fans japonais de trains) paieraient sûrement une belle somme d'argent pour une telle expérience".

 

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Julien Loock

Julien Loock

Rédacteur en chef de l'édition de Tokyo depuis décembre 2016.
1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

ours vaudois dim 02/09/2018 - 13:40

On pourrait imposer la même pratique à la SNCF Cependant sur la ligne Genève Lyon particulièrement mal desservie les cheminots risqueraient de s'endormir.

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