Travailler au Japon, c’est allier carrière internationale et découverte culturelle. L’Archipel nippone attire 2.3 millions de travailleurs étrangers, que ce soit pour ses salaires compétitifs, son dynamisme économique ou la possibilité de vivre une expérience culturelle unique. Il reste néanmoins essentiel de se renseigner sur la démarche à suivre pour y travailler.


Travailler au Japon fait rêver, mais mieux vaut partir avec une vision lucide. Le marché de l’emploi y est solide, mais aussi très codifié. Pour les expatriés, et en particulier les Occidentaux, l’accès à un emploi reste plus exigeant qu’en Europe.
Sur le papier, les chiffres sont attractifs. En novembre 2025, le taux de chômage au Japon est resté stable à 2.6 %. À Tokyo, il y a plus d’offres que de demandeurs d’emploi. Cela montre une réalité incontestable : le Japon manque de main-d’œuvre. Mais cela ne signifie pas que les opportunités sont ouvertes à tous. Une grande partie des postes concerne des emplois précaires ou à temps partiel, et les postes qualifiés restent difficiles d’accès pour les étrangers.
Trois secteurs offrent de vraies opportunités aux expatriés : l’informatique et la tech recrutent fortement, avec des salaires attractifs et parfois un environnement de travail en anglais. On retrouve également l’enseignement des langues, surtout l’anglais, qui reste la voie la plus accessible pour commencer sans parler japonais. Le commerce international recherche des profils en vente et marketing internationaux capables de travailler entre le Japon et l’étranger.
Trouver du travail au Japon
Le marché reste conservateur et la barrière de la langue peut rendre l’accès aux postes plus difficile, mais plusieurs solutions existent pour maximiser vos chances. Les trois moyens les plus utilisées sont : les sites d’emploi comme CareerCross, Daijob ou Gaijinpot, les cabinets de recrutement tels que Michael Page ou Robert Walters, et bien sûr le réseau via LinkedIn, les associations, les connaissances locales ou le bouche-à-oreille. Il est conseillé d’avoir un CV en anglais, que ce soit pour les entreprises françaises ou étrangères. Pour les entretiens, la première impression compte beaucoup. Les recruteurs s’intéressent autant à votre personnalité et à votre compatibilité avec l’équipe qu’à vos compétences.
Il existe différents types de contrats : CDI (seishain), CDD d’un an (shokutakushain), travail temporaire (rôdôsha hakenjigyô) ou petits boulots rémunérés à l’heure (part ou arubaito). Certains choisissent même d’enchaîner ces petits contrats, on les appelle freeters.
La saison influence également le recrutement : avril est la période phare pour les embauches, septembre offre une seconde rentrée plus discrète, et certains secteurs comme le tourisme ou les sports d’hiver connaissent un pic saisonnier, surtout en été (juin à août).
Pour vous accompagner, plusieurs organismes peuvent vous aider. La CCIFJ propose des annonces d’entreprises françaises et étrangères au Japon. France Travail International offre un suivi à distance. Des associations comme Les Français du Japon permettent de partager expériences et conseils pratiques.
Les différents visas pour travailler au Japon
Au Japon, on ne travaille pas sans visa… et surtout pas sans employeur. Le visa de travail est toujours lié à un contrat avec une entreprise japonaise. C’est elle qui sponsorise le salarié et qui dépose souvent la demande de certificate of eligibility (COE) auprès de l’immigration. Vous ne pouvez pas faire la demande vous-même. Ensuite, l’entreprise obtient le certificat auprès du Consulat du Japon en France, situé dans plusieurs grandes villes françaises (Strasbourg, Lyon ou encore Marseille). Si vous résidez à Paris, la demande se fait auprès de l’Ambassade du Japon. Voici les catégories de visas de travail les plus courantes pour les expatriés :
Visa ingénieur / spécialiste / services internationaux
Le plus répandu pour les profils qualifiés, notamment en informatique, ingénierie, R&D, marketing international ou conseil. Délivré pour 1, 3 ou 5 ans et renouvelable.
Visa professeur / enseignant (ALT)
Ce visa est destiné aux personnes enseignant dans les écoles, universités ou établissements de langues, principalement pour l’enseignement des langues étrangères.
Visa travail qualifié spécifique
Ce visa est conçu pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs comme la restauration, le bâtiment, l’agriculture ou l’aide à la personne, avec des démarches parfois plus simplifiées.
Visa intra-groupe (transfert inter-entreprises)
Pour les salariés détachés au Japon par leur entreprise d’origine, dans le cadre d’une mission temporaire.
Visa journaliste
Ce visa est destiné aux correspondants de presse, journalistes, photographes ou équipes audiovisuelles travaillant pour un média, avec accréditation ou mandat officiel. Il permet uniquement l’exercice de l’activité journalistique.
Visas professionnels spécifiques
Pour certaines activités sur dossier, comme artiste, chercheur ou personnel religieux, un partenariat avec une structure japonaise reconnue est nécessaire.
Il faut prévoir environ trois mois avant l’obtention de son visa de travail. Sans ce document, il est impossible de travailler au Japon. Le coût du visa est d’environ 25 à 45 €, pour les frais de dossier, mais peut être pris en charge par l'employeur.
Préparer son dossier pour travailler au Japon
Avant de déposer votre demande de visa de travail pour le Japon, il est indispensable d’anticiper et organiser la préparation de votre dossier.
- Signer votre contrat de travail avec l’entreprise japonaise. Le contrat officialise votre emploi et permet à l’employeur de commencer les démarches pour votre visa.
- Dépôt de la demande du COE par l’entreprise. L’employeur envoie votre dossier au bureau d’immigration japonais pour l’obtenir, étant un document indispensable pour le visa.
- Réception du COE. Le certificat est généralement délivré en 1 à 3 mois et confirme que vous remplissez les conditions pour travailler au Japon.
- Demande de visa auprès de l’ambassade ou du consulat japonais. Une fois le COE reçu, vous pouvez déposer votre demande de visa dans votre pays de résidence avec tous les documents requis.
Les documents requis pour la demande de visa :
- Passeport valide
- Certificate of Eligibility (COE) original
- Formulaire de demande de visa complété
- Photo d’identité récente
- Contrat de travail
- Justificatif d’assurance santé

Avant de pouvoir déposer votre demande de visa, il est nécessaire d’obtenir le COE. Le COE peut être demandé par le demandeur lui-même, par un employé de l’entreprise ou de l’école au Japon. La procédure est gratuite. Le traitement prend généralement 1 à 3 mois. Le certificat est ensuite envoyé au demandeur ou à son mandataire au Japon, qui peut vous le faire parvenir pour compléter votre dossier de visa auprès de l’ambassade ou du consulat. Pour que votre demande de COE soit traitée rapidement, il est essentiel de préparer tous les documents requis :
- Formulaire de demande de COE (1 copie)
- Photo récente (4cm x 3cm) sur fond uni, visage dégagé, datant de moins de 3 mois
- Enveloppe affranchie pour le retour au Japon
- Pièces justificatives selon le cas (contrat, documents de l’entreprise, preuve du statut du mandataire si applicable)
- Lettre de garantie
Le salaire et le coût de la vie au Japon
Le Japon est l’un des pays les plus chers d’Asie. En 2025, le salaire moyen au Japon est d’environ 4.6 millions de yens par an (l’équivalent de 27.659 € par an), soit environ 2.300 € par mois brut. Le salaire minimum, appelé Saitei chingin, varie selon les préfectures pour s’adapter au coût de la vie locale : à Tokyo, il est de 186.080 yens (soit 1.163 €) et à Osaka de 170.240 yens (soit 1.064 €). Le coût de la vie pour une personne vivant seule varie selon la ville. Par exemple, le niveau de vie à Tokyo est à 790€, à Osaka c’est 645€ et pour la ville la plus chère, Nagoya le coût de la vie atteint 813€.
Comprendre la culture japonaise et s’y intégrer
Il est essentiel de s’adapter à la culture japonaise pour réussir son expatriation. Commencez par approfondir votre japonais : même si vous n’avez déjà aucune base, commencez à pratiquer, prenez des cours, rejoignez un club de conversation ou participez à des échanges linguistiques. Le respect des codes sociaux est également primordial. Par exemple, au Japon, les salutations se font par une petite inclinaison de la tête plutôt que par une poignée de main ou une bise, et pour dire merci à quelqu'un que vous connaissez peu, utilisez « dômo » plutôt qu'« arigato » qui est plutôt réservé aux proches.
La culture japonaise est différente de l’Occident, et il serait illusoire de vouloir la résumer en quelques règles. Pour autant, un concept clé permet déjà d’éviter de nombreux malentendus : la distinction entre Tatemae et Hon’ne.
Le tatemae, c’est l’attitude que l’on montre en public. Une attitude polie et mesurée, même en cas de désaccord, afin d’éviter toute confrontation ou malaise. À l’inverse, le Hon’ne correspond à ce que la personne pense vraiment, mais qu’elle n’exprime qu’en privé, avec des proches en qui elle a confiance. Cette logique permet de mieux décoder certaines situations professionnelles ou sociales : un « oui » peut parfois signifier « je vous ai entendu ».

Le travail occupe une place centrale dans la vie sociale. Beaucoup de salariés la considèrent comme une seconde famille. Dès l’université, les étudiants cherchent plus à rejoindre une entreprise sur le long terme, plutôt qu’un métier précis.
Côté professionnel, de nombreuses entreprises françaises recrutent régulièrement, notamment dans le cadre du VIE:
- Le Secteur du luxe : LVMH, Chanel, Hermès, principalement à Tokyo et Osaka.
- L’industrie d’agroalimentaire : Danone, Lactalis, dans la région du Kanto.
- Le secteur technologique et services : Capgemini, Dassault Systèmes, dans les hubs technologiques.
- L’aéronautique et transport : Airbus, Safran, dans la région du Kansai.
- La distribution : Decathlon, Carrefour, implantés dans plusieurs grandes villes.
Point sur l'emploi des personnes en situation de handicap au Japon
Les secteurs qui recrutent le plus facilement pour les Français sont l’enseignement, l’hôtellerie et la restauration. Dans ces domaines, le porte-à-porte et les candidatures spontanées sont souvent bien accueillis.
Pour faciliter l’intégration au Japon, il est utile de rejoindre des associations et réseaux d’expatriés tel que l’Association des Français & francophones du Japon, basée à Tokyo sous le haut patronage de l’Ambassadeur de France. Il existe aussi Internations, une plateforme internationale où les personnes ouvertes aux échanges culturels (dont des communautés d'expatriés français) peuvent résulter, socialiser et trouver des informations et services fiables. La chambre de commerce et d’Industrie Franco-Japonaise (CCIFJ), qui propose des ateliers, événements de networking et des aides pour l’emploi.
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