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"L’enfant et l’oiseau", un livre divinement beau, par Durian Sukegawa

Par Charlotte Gide | Publié le 11/06/2019 à 08:58 | Mis à jour le 11/06/2019 à 10:26
L'enfant et l'oiseau Durian Sukegawa

Le troisième livre de l’écrivain japonais Durian Sukegawa « L’enfant et l’oiseau » est un roman terriblement émouvant, qui nous plonge dans une histoire d’amitié forte entre un corbeau et un petit garçon. Poétique et diablement addictif. 
 

« Était-ce l’ouïe ou la vue ? ». A vrai dire, un peu des deux. Quand on lit ce livre, c’est des couleurs, des sons, des sensations. On sent, on voit, on entend… on s’émerveille. Cet ouvrage de Durian Sukegawa est une ode poétique à l’amitié et à l’amour. Après le magnifique « Les délices de Tokyo » adapté au cinéma par Naomi Kawase en compétition dans la catégorie Un certain regard au Festival de Cannes en 2015, et « Le Rêve de Ryôsuke », « L’enfant et l’oiseau » est le troisième roman traduit de l’auteur nippon. 
 

Ce roman raconte l’histoire de Johnson, bébé corbeau tombé du nid. Il est alors recueilli par Ritsuko, mère célibataire et voleuse récidiviste à cause du coût de la vie élevé et du faible salaire de ses deux métiers. Elle décide donc de le ramener chez elle pour le soigner à la grande joie de son jeune fils, Yôichi. Un jour, malgré leur discrétion, un gardien de l’immeuble vient les rappeler à l’ordre, les animaux étant interdits. Lorsqu’il fait irruption, le corbeau s’envole par la fenêtre. Commence alors une grande aventure loin de ses sauveteurs, mais des souvenirs à jamais gravés dans son esprit… 

 

durian sukegawa


 

Un conte initiatique du passage à l’âge adulte
 

Durian Sukegawa fait alterner deux points de vue tout au long de l’histoire. D’abord, celui de l’oiseau, Johnson. On le suit dès le début à travers ses péripéties jusqu’à son sauvetage par Ritsuko. Dès les premières lignes, on ne peut s’arrêter de lire, captivé par les épreuves que doit traverser le jeune oiseau. Le corbeau n’est pas choisi au hasard par son auteur, car au Japon, ils se comptent par milliers à l’image du pigeon en France. Dans le livre, il est un animal détesté par les autorités et aussi par les habitants. Rares sont ceux qui veulent le protéger puisqu’il est considéré comme « nuisible ».


Ensuite, arrive en parallèle le point de vue de Ritsuko et Yôichi. Comme ils ne vivent qu’à deux, leurs dialogues sont d’une douceur, d’une innocence et en même temps d’une réalité frappantes ; ce sont des personnages si attachants. Les destins se mêlent, s’entremêlent et parfois se confondent, ne faisant qu’un. Les différences entre ces deux derniers deviennent floues jusqu’à disparaître. Les relations vont être si intenses entre les personnages qu’il en devient difficile de s’en détacher une fois les dernières pages lues. 
 

Contrairement aux deux précédents ouvrages de cet auteur, « L’enfant et l’oiseau » est légèrement plus sombre. Il s’impose comme un conte initiatique du passage à l’âge adulte et de la fin de l’innocence. Le lecteur passe alors par différentes humeurs. On sourit, on est en colère, on s’étonne, on verse même sa petite larme. On est spectateur d’épreuves difficiles, mais aussi d’une histoire pleine de tolérance et d’une amitié sans faille. Emouvant, inattendu, à la fois beau et terriblement déchirant, ce roman est une leçon de vie, à la fois belle et impitoyable, écrite avec finesse et poésie. Un livre à adopter de toute urgence. 


Édition brochée
18.00 €
24 Avril 2019 
140mm x 205mm 
256 pages 
EAN13 : 9782226438034

 

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Charlotte Gide

Etudiante en journalisme, atteinte de cinéphilie aiguë depuis 23 ans. Aime la culture asiatique, les voyages et les koalas.
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