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Carnet de voyage d'une Française du Brésil au Japon (2/5)

Par Marie-Gabrielle BARDET | Publié le 08/12/2017 à 09:47 | Mis à jour le 08/12/2017 à 10:02
carnet de voyage japon

Française, vivant au Brésil depuis les années 90 et côtoyant la communauté japonaise de là-bas depuis plus de dix ans - dont sept à étudier la langue, je réalise enfin mon rêve d´enfant en m´envolant pour le Pays du Soleil Levant, à l´été 2017. Après un périple d´un mois de tourisme dans la moitié nord du pays, en remontant depuis Osaka jusqu'à Wakanaï, suivi de six semaines de cours de langue à Sapporo, et une dizaine de jours à Tokyo, voici mes impressions en 5 volets, sur ce pays fascinant.


Positif x négatif


Dans le premier article, je dressais le bilan des choses positives de mon séjour au Japon, ce que j'avais adoré et que l'on ferait bien d'imiter ailleurs. Ce second volet montre, en revanche, que tout n'est pas rose dans ce pays, loin s'en faut - surtout lorsque, comme moi, l'on vit depuis 25 ans au Brésil, pays situé aux antipodes et dont la culture est diamétralement opposée. J'entends par là : climat tropical, peuple chaleureux et extraverti, mélange de races et origines. 


Parmi les choses auquelles j'aurais du mal à m'habituer, je pense, ce sont surtout certains aspects de la vie en société et principalement dans les centres urbains. Ces inconvénients ont tendance à s'amenuiser, je dois dire, dès que l´on s'éloigne des grosses agglomérations et que l'on se retrouve dans des petites villes ou à la campagne. Mais certaines choses sont valables sur le territoire entier, enfin… au moins sur toute la moitié nord du pays que j'ai sillonnée de part en part !


Ce que je n'ai pas apprécié au Japon… 

 

- La clarté le matin très tôt (je sais bien que c'est le Pays du Soleil-Levant mais quand même, 4h et demie du mat en Juin à Sapporo, vous avouerez que...) 
- De même, les nuits qui tombent beaucoup trop vite, même en plein été
- Les corbeaux noirs omniprésents dans tout l'archipel et qui peuvent même vous attaquer en plein vol dans la rue (c'est aussi pourquoi les lieux de ramassage des poubelles de quartier sont protégés de filets)
- Le brouhaha incessant et répétitif des annonces au public faites par haut-parleur, dans les couloirs de métro, les quais de gares et l'intérieur des bus 
- De même, la sempiternelle musique enfantine des konbini, des centres commerciaux et des quais de gare, qui s'incruste dans votre cerveau et ne vous lâche pas de la journée !
- L'invasion des touristes chinois, alors tout avertissement est systématiquement traduit dans leur langue. En plus de l'anglais, ça fait beaucoup tout ça !
- Le bip-bip sonore, aigu et incessant des passages cloutés (essayez donc de faire la sieste dans un appartement près d´un croisement de feux)
- Le supposé tax free annoncé partout mais rarement applicable ou respecté, à part dans les grands magasins
- La climatisation à mort dans les trains et les bus, ce qui explique pourquoi la plupart des Japonais sont grippés et se baladent avec un masque anti-germes ou anti-rhume des foins
- Les poteaux avec leurs fils électriques pendus partout et les tours de transmission (comme d'ailleurs au Brésil) mais bon, il faut bien reconnaître, que dans un pays aussi touché par les tremblements de terre et les tsunamis, ils n'ont pas vraiment le choix… Impossible de tout enterrer !
- La laideur de la plupart des maisons et bâtiments récents (je ne parle pas des maisons traditionelles évidemment) qui contraste avec les jardins si bien enretenus et les fleurs sauvages. On croirait toujours atterrir dans une zone industrielle…
- Devoir chausser des crocs - que tout le monde utilise - pour accéder aux toilettes dans les restaurants (je suis loin de trouver ça hygiénique). En revanche, ôter ses souliers dans les maisons, là oui, je suis pour !

 

carnet de voyage Japon

 

Mes trois épisodes stressants...

 

Bon, je ne peux quand même pas trop me plaindre. Trois incidents en trois mois, c'est parfaitement raisonnable. Mais comme il se sont tous passés dans les premières semaines, cela explique peut-être pourquoi j´ai perdu cinq kilos en l'espace d'un mois et finalement déclenché un zona début juillet. 

Il faut dire que, contrairement au Brésil où je ne me déplace qu'en voiture pratiquement (les distances d'un quartier à l'autre de São Paulo sont impressionnantes), pendant mon voyage touristique au Japon, je parcourais facilement 12 à 18 kilomètres par jour (données enregistrées automatiquement par une appli de mon portable), que ce soit à pied ou en vélo. 

Trois épisodes resteront cependant marqués dans ma mémoire et ont certainement contribué au déclenchement du zona. Le premier s'est passé à l'aéroport de Sapporo où, sachez-le, absolument personne ne parle un mot d'anglais et où j'ai failli rater mon vol pour Osaka car on m'avait orienté vers la mauvaise queue. Je pleurais comme une madeleine et tout le monde s´en moquait éperdument. Le second a eu lieu sur le trajet en train, entre Osaka et Kyoto. Un mini-tremblement de terre a obligé le conducteur à s'arrêter net et malgré les explications par haut-parleur, je n'en menais pas large. 

Le troisième - de loin le plus stressant - se passa à Wakanaï, à la pointe extrême-nord de l'île d'Hokkaïdo. Déjà, il faisait 13 degrés au lieu des 33 de la ville de Sapporo que j'avais quittée la veille, mais surtout ce jour-là, des pluies torrentielles se sont abattues sur Asahikawa, située à mi-chemin sur la ligne ferroviaire. Or, il faut le savoir, sur ces 300 kilomètres correspondants à  5 heures de voyage (à 60 à l´heure), il n'y a qu'une seule et unique file de rails que le même train parcourt dans un sens puis dans l´autre, dans la même journée. 

Bref, pour des raisons de sécurité, que je comprends parfaitement, on ne passait plus. Mais voilà, le hic c'est que je me suis retrouvée à midi, coincée dans le hall de la gare-terminus (qui fermait à 19h après le dernier train) avec mes bagages, sans argent ou presque, et surtout sans chambre d´hôtel (j'avais déjà fait le check-out). J'ai paniqué à mort en me disant que j'allais devoir dormir à la belle étoile par 10 degrés Celsius et un vent de Sibérie qui me coupait en deux. Heureusement, vers 18h45, le chef de gare a finalement autorisé les voyageurs à embarquer. Je ne vous dis pas le soulagement mais c'est sur le trajet du retour que j'ai senti les premiers pincements et chocs électriques du zona qui s´annonçait ! J'étais bonne pour trois semaines d´antibiotiques…
 

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