Le Japon a commémoré hier le 68e anniversaire de l'explosion de la bombe A à Hiroshima. Une cérémonie s'est tenue au parc de la paix, en présence du Premier ministre Shinzo Abe, du maire de la ville, ainsi que d'autres dignitaires japonais et étrangers. L'occasion d'honorer les victimes et de réaffirmer la position du Japon sur les armes nucléaires
Plus de 50.000 personnes ont assisté hier à la cérémonie commémorative du bombardement atomique d'Hiroshima. Accompagnés par Shinzo Abe et Kazumi Matsui, maire de la ville, ils ont observé une minute de silence à 8h15, heure exacte de l'explosion de "Little Boy" il y a 68 ans. La bombe américaine, qui a marqué le début de la fin pour l'empire japonais dans la Seconde Guerre mondiale, a tué plus de 50.000 personnes sur le coup. Elle a fait 70.000 victimes supplémentaires dans les jours suivants, du fait des radiations. Aujourd'hui, on estime à environ 230.000 le nombre total de victimes résultant du premier bombardement atomique de l'Histoire. C'est la deuxième bombe, lâchée sur Nagasaki trois jours plus tard, qui mettra un terme définitif à la Seconde Guerre mondiale.
Abe, Hiroshima et le nucléaire
"Etant le seul pays à avoir subi une attaque nucléaire, le Japon à le devoir de travailler à l'éradication des armes nucléaires dans le monde", a déclaré Shinzo Abe hier lors de son discours, après s'être incliné devant le cénotaphe d'Hiroshima, érigé en mémoire des victimes. Le Premier ministre n'a néanmoins pas mentionné la catastrophe de Fukushima, ni le dilemme que connaît actuellement le Japon, pays pauvre en ressources énergétiques, par rapport à une production d'énergie nucléaire qui peut s'avérer vitale. Le maire d'Hiroshima, Kazumi Matsui, a également prononcé un discours, saluant les survivants du bombardement du 6 août 1945. "La bombe atomique est l'arme inhumaine ultime, le mal absolu. Les hibakusha [survivants de l'attaque], qui connaissent l'enfer du bombardement atomique, se sont continuellement battus contre ce mal". Il y a a aujourd'hui près de 200.000 hibakusha encore en vie au Japon, d'une moyenne d'âge de 79 ans. Certains d'entre eux étaient présents à la cérémonie d'hier. Kazumi Matsui, lui-même fils d'hibakusha, a également profité de son discours pour critiquer la volonté du gouvernement de vouloir redémarrer certaines centrales nucléaires du pays. "Nous exhortons le gouvernement à rapidement développer et mettre en ?uvre une politique énergétique responsable qui met la priorité sur la sécurité et le bien-être du peuple".
Les reliques d'Hiroshima de plus en plus difficiles à conserver
Au lendemain du 6 août 1945, Hiroshima n'est plus qu'un champ de ruines, mais certains bâtiments ont tenu bon. Alors que la ville se reconstruisait petit à petit, ces reliques, témoins de la violence de l'attaque, ont été conservées et entretenues. La plus connue étant le fameux dôme de Genbaku, à l'époque palais des expositions situé à seulement quelques centaines de mètres de l'explosion et aujourd'hui devenu mémorial de la paix inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. D'autres bâtiments plus éloignés sont également restés debout et ont été conservés. Toutefois, la bombe ayant endommagé leur structure, ils sont de plus en plus difficiles à entretenir avec le temps, en plus de n'avoir souvent aucune utilité commerciale. L'expansion de la ville rend en effet plus difficile la conservation de ces reliques. "C'est très regrettable, mais je n'avais pas le choix", a réagi M. Kirihara, cité par le Japan Times. Ce propriétaire d'une usine ayant résisté au bombardement l'a fait détruire en 2012 pour construire un nouvel entrepôt à la place. "Je sais qu'il est important de conserver les restes du bombardement atomique, mais je dois rester compétitif et payer mes salariés". Au cours des 17 dernières années, 10 de ces rares bâtiments ont été démolis. En 1996, il y avait 98 sites enregistrés. Un chiffre descendu à 86 sites en 2013. Le célèbre dôme de Genbaku subit lui aussi son lot de problèmes. En mai dernier, sa résistance éventuelle aux séismes a été remise en cause. Des tests ont été conduits et des échantillons prélevés par des groupes d'experts qui envisagent aujourd'hui des solutions pour renforcer sa structure.
Damien Corneloup (http://www.lepetitjournal.com/tokyo) mercredi 8 août 2013
| Le rôle capital des Britanniques dans le bombardement atomique récemment dévoilé Des documents déclassifiés la semaine dernière par les archives américaines révèlent que la Grande-Bretagne a apporté un soutien crucial aux États-Unis pour le bombardement atomique du Japon, plus d'un mois avant l'attaque du 6 août 1945 sur Hiroshima. Le gouvernement britannique avait exprimé son soutien officiel aux États-Unis dans l'utilisation de la toute nouvelle arme atomique sur le Japon lors d'une réunion à Washington, le 4 juillet 1945. Les Anglais utilisaient même un code secret pour parler des bombes atomiques, qu'ils appelaient "Tube Alloys" ("alliages de tube"). Le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada s'étaient mis d'accord en 1943 pour un développement coordonné d'armes atomiques. Les documents révèlent également que la décision d'un éventuel bombardement atomique du Japon avait été prise dès septembre 1944, lors d'une réunion à New York entre le président américain Franklin D. Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill. La bombe atomique n'était pas terminée à l'époque, mais une utilisation contre le Japon dès son achèvement était déjà envisagée. (http://www.lepetitjournal.com/tokyo) mercredi 8 août 2013 |











