La Thaïlande réaffirme son objectif de 33,2 millions de visiteurs étrangers en 2026, tout en rebaptisant la baisse de fréquentation « stratégie qualité ».


Le ministère du Tourisme et des Sports ne recule pas. Natthriya Thaweevong, secrétaire permanente du ministère, l'a réaffirmé cette semaine : la Thaïlande vise 33,2 millions de touristes étrangers d'ici fin 2026. Sur les cinq premiers mois de l'année, le royaume en a accueilli 14,03 millions. C'est légèrement moins qu'aux mêmes périodes de 2024 (14,76 millions) et 2025 (14,36 millions). Le ministère y voit la preuve d'une « stabilité remarquable ».
Pour ne pas appeler cela une baisse, Bangkok a une formule : « Valeur plutôt que volume ». La Thaïlande ne court plus après les chiffres bruts, assure Natthriya Thaweevong, elle construit une « destination de qualité ». Moins de touristes mais de meilleurs touristes. Potentiellement.
Sauf que lepetitjournal.com avait signalé il y a peu que l'Autorité du tourisme de Thaïlande (TAT) avait déjà revu à la baisse ses prévisions pour les visiteurs long-courriers, ramenant l'objectif de 11 à 10 millions à cause du conflit au Moyen-Orient, qui a fait plonger les arrivées en provenance de cette région de 32% depuis janvier. Et en mars, la même TAT envisageait le pire scénario : moins de 30 millions de visiteurs sur l'année, soit moins qu'en 2025. Ça, c'était avant la « stratégie qualité ».
Koh Samui, meilleure île d'Asie-Pacifique... selon Travel + Leisure
Le ministère convoque également Koh Samui pour illustrer son propos. L'île du golfe de Thaïlande vient d'être élue « meilleure île 2026 » de la région Asie-Pacifique par le magazine Travel + Leisure, à l'issue d'un vote de ses lecteurs. Entre janvier et fin mars 2026, l'île a accueilli 1.006.112 visiteurs étrangers pour 25,53 milliards de bahts de recettes.
Le titre fait plaisir. Il mérite toutefois d'être lu avec le mode d'emploi en main : le palmarès Travel + Leisure repose sur les votes du lectorat du magazine, non sur des critères objectifs mesurés. Ce sont des voyageurs déjà abonnés à un magazine de luxe qui plébiscitent leurs destinations préférées. Utile pour le marketing. Moins pour la géographie comparée.
Le gouvernement thaïlandais n’a d’ailleurs pas précisé comment il comptait mesurer la « qualité » des touristes accueillis.












