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La Thaïlande mise sur les drones pour moderniser son agriculture

Moins de semences, moins de main-d'oeuvre, plus de rendement. La Thaïlande déploie les drones agricoles et ouvre des centres de formation dans quatre provinces.

Drone agricoleDrone agricole
Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 28 mai 2026


 

Sur une parcelle de 3,5 hectares à Tha Uthen, dans la province de Nakhon Phanom, des drones ont semé, fertilisé et traité du riz gluant. Selon AEROTHAI, l'opérateur des radiocommunications aéronautiques de Thaïlande, les semences ont été réduites de 52% par rapport à une exploitation conventionnelle, les engrais de 25%. Les coûts de main-d'oeuvre ont baissé de 41%. Le rendement moyen a atteint 1.100 kilogrammes par rai (1.600 m²), 250 de plus qu'en agriculture traditionnelle. Le revenu net s'est établi à 5.254 baht par rai, 2.509 de plus que sans drone.

On compte aujourd'hui plus de 200.000 drones agricoles en opération dans le pays, sur des rizières, des vergers et d'autres cultures. Leur usage progresse de plus de 20% par an, selon AEROTHAI. L'appareil ne sert plus seulement à épandre des engrais : il cartographie les parcelles, analyse les données de sol et aide à planifier les cycles de culture.

 

Quatre centres de formation

 

Pour accélérer cette adoption, le Conseil national de la recherche de Thaïlande (NRCT) s'est associé à la Radio Control Airplane Modeler Sport Association pour ouvrir des centres d'apprentissage dans des lycées professionnels. Quatre établissements ont été retenus en 2026, dans les provinces d'Ayutthaya, Chiang Rai, Sukhothai et Lampang. Ils couvrent les bases de la technologie drone et visent à créer des filières d'emploi dans les zones rurales.

Le Département de la vulgarisation agricole a lancé de son côté un stage pratique à Kamphaeng Saen, dans la province de Nakhon Pathom. Deux jours de formation pour 120 agriculteurs, entre théorie et pratique. « Nous voulons que les agriculteurs thaïlandais gardent le rythme avec la technologie et puissent en faire une source de revenus dans leur communauté », a déclaré Anchalee Suvachittanont, directrice générale du Département de la vulgarisation agricole.

 

En France et en Chine

 

Pendant que la Thaïlande forme ses agriculteurs, d'autres pays arbitrent encore les règles du jeu. En France, l'épandage aérien de pesticides était interdit depuis des décennies, le drone étant assimilé à un épandeur classique. La loi du 23 avril 2025 a ouvert une première brèche. L’épandage est limité aux parcelles en forte pente et aux produits autorisés en agriculture biologique. Les textes d'application sont encore en cours de finalisation. En Chine, la dynamique est inverse. DJI et XAG, les deux fabricants mondiaux dominants de drones agricoles, sont chinois. Le marché intérieur a été inondé d'appareils bon marché avant même que la réglementation se structure. Les drones agricoles y ont couvert 173 millions d'hectares en 2024.

 

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