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Immobilier en Thaïlande : les professionnels proposent plusieurs pistes pour sortir de la crise

Le marché immobilier thaïlandais ralentit alors que plus de 50% des demandes de prêts sont refusées. Les professionnels du secteur proposent 5 mesures pour relancer les achats et adapter le marché.

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Écrit par Juliette THORIN
Publié le 8 octobre 2026


 

Le marché immobilier thaïlandais traverse une période difficile. Selon les 3 principales associations du secteur, le problème ne vient pas uniquement du manque d’acheteurs mais surtout de leur difficulté à obtenir un crédit immobilier. Plus de 50% des demandes de prêts sont aujourd’hui refusées par les banques. Face à cette situation, la Housing Business Association, la Thai Condominium Association et la Thai Real Estate Association ont présenté 5 propositions au gouvernement et aux établissements financiers.

 

Le logement, pour tous

 

La première concerne l’accès au crédit. Les professionnels demandent que les banques prennent davantage en compte les revenus réels des emprunteurs plutôt que de se baser uniquement sur les fiches de paie. Une mesure qui concernerait notamment les jeunes actifs, les indépendants et les créateurs de contenu (sur internet, les réseaux sociaux, Youtube, …) dont les revenus sont irréguliers.

 

Les associations proposent également de mettre en place des garanties publiques pour certains emprunteurs et de moduler les taux d’intérêt en fonction du risque présenté par chaque client.

Elles souhaitent aussi relancer les dispositifs d’aide destinés aux primo-accédants. Cela signifie que les trois associations demandent au gouvernement de remettre en place ou de renforcer des aides pour les personnes qui achètent un logement pour la première fois.

 

Environnemental friendly

 

Deuxième piste : développer la « green finance ». Les professionnels veulent faciliter le financement des logements moins énergivores, aussi bien pour les promoteurs que pour les acheteurs. Les constructions intégrant une meilleure ventilation, un éclairage naturel ou des énergies renouvelables pourraient ainsi bénéficier de financements à des conditions préférentielles.

 

Le secteur demande également que les risques liés au changement climatique soient davantage pris en compte dans l’urbanisme. Les inondations représentent notamment une menace pour les logements et leur valeur, particulièrement dans la région de Bangkok. Les associations appellent donc l’État à développer de grandes infrastructures de gestion des eaux et souhaitent que les promoteurs intègrent davantage de dispositifs de rétention dans leurs projets.

 

Les étrangers au cœur des discussions

 

Les professionnels souhaitent également renforcer l’encadrement des transactions immobilières réalisées par des étrangers. Ils demandent notamment davantage de transparence sur les achats de condominiums, plus communément appelés « condos », et sur les baux de longue durée afin de lutter contre les « nominees », des Thaïlandais utilisés dans certains cas comme prête-noms pour permettre à des étrangers de contourner les restrictions sur la propriété.

 

Les associations proposent aussi de revoir la fiscalité appliquée aux acheteurs étrangers et de consacrer une partie des recettes supplémentaires au soutien des ménages thaïlandais modestes et des personnes âgées.

 

Les investisseurs étrangers représentent une part importante du marché des condominiums. Au premier semestre 2026, 6.533 appartements ont été vendus à des acheteurs étrangers en Thaïlande, pour une valeur totale de 28 milliards de bahts (environ 750 millions d’euros). Le nombre de transactions a cependant diminué de 8,8% sur un an. Les Chinois restent les principaux acheteurs étrangers devant notamment les Russes, les Américains, les Taïwanais, les Français et les Britanniques.

Ces nouvelles propositions pourraient donc modifier les conditions dans lesquelles les étrangers investissent dans l’immobilier thaïlandais. Elles ne prévoient toutefois pas, à ce stade, de modifier la règle nationale, qui limite à 49% la surface totale des logements d’un même condominium pouvant être détenue par des étrangers en Thaïlande. Le principal changement envisagé concerne plutôt le contrôle des transactions, la fiscalité et la lutte contre les prête-noms.

 

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