Depuis la Thaïlande, le directeur régional de l’ONUSIDA a rappelé quelques chiffres qui inquiètent et encourager toutes les parties concernées à collaborer dans le combat.


lepetitjournal.com s’en est fait l’écho à plusieurs reprises, la Thaïlande est loin d’être débarrassée du sida. Depuis Bangkok, Eamonn Murphy, directeur régional de l’ONUSIDA pour l’Asie-Pacifique, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale a lancé un appel collectif. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) encourage les gouvernements, les communautés plus particulièrement concernées, les entreprises et d’autres secteurs à collaborer pour combler les lacunes en matière de prévention et de traitement du VIH dans toute la région Asie-Pacifique.
Toujours les mêmes populations, hélas
Eamonn Murphy a souligné que des partenariats étaient indispensables pour mettre fin à l’épidémie de sida, en insistant sur trois priorités : atteindre les populations qui n’ont pas accès aux services liés au VIH, lever un certain nombre d’obstacles juridiques et politiques et placer les communautés au cœur du dispositif de lutte.
Grâce à une action collective menée entre 2010 et 2025, le nombre de nouvelles infections par le VIH a diminué de 21% et l’accès aux traitements s’est considérablement élargi dans toute la région. C’est notable. Mais environ
280.000 personnes encore ont contracté le VIH en 2025, dans toute la région. Malheureusement, ce sont toujours les mêmes populations et leurs partenaires qui représentent près de quatre nouvelles infections sur cinq.
Les obstacles au dépistage et aux traitements
On parle ici des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, des prisonniers ou des personnes vivant dans d’autres milieux fermés, des usagers de drogues, des travailleurs du sexe et des personnes transgenres. Dans certaines îles du pacifique, le nombre d’infections est même encore en augmentation. Fois cinq aux Fidji en trois ans ! Principalement en cause, les programmes de prévention qui ne touchent en moyenne qu’un tiers des personnes les plus vulnérables. En matière de dépistage comme de traitement, les outils existent. Encore faut-il qu’ils soient accessibles à celles et ceux qui en ont besoin.
Eamonn Murphy a également appelé à la suppression des obstacles juridiques et politiques. Il a précisé que 17 pays de la région Asie-Pacifique criminalisent encore les relations consenties entre personnes de même sexe ou les personnes transgenres. Certains pays exigent par ailleurs que les adolescents obtiennent le consentement de leurs parents pour accéder au dépistage du VIH ou aux services de prévention. Ce n’est pas à coups de criminalisation, de stigmatisation, de harcèlement et de discrimination que les personnes vulnérables se feront dépister, écouteront les règles de prévention et accéderont aux traitements.
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