Avec 500.000 à 600.000 personnes vivant avec le VIH, la Thaïlande enregistre 8 à 9.000 nouvelles infections annuelles. Les jeunes de 15 à 24 ans représentent près de la moitié des nouveaux cas.


En Thaïlande, le VIH continue sa progression malgré des décennies de lutte. D’après les derniers chiffres communiqués, le pays enregistre entre 7.000 et 10.000 nouvelles infections chaque année (avec des pointes bien supérieures encore), principalement lors de rapports sexuels non protégés et notamment chez les jeunes. 500.000 à 600.000 personnes vivraient avec le virus. 50.000 vivraient avec sans même le savoir. Ces chiffres placent la Thaïlande parmi les pays les plus touchés de la région.
Ce qui préoccupe les autorités sanitaires, c'est la stagnation de ces chiffres. Les campagnes de dépistage massif et de sensibilisation lancées ces dernières années semblent ne pas porter leurs fruits. Les comportements à risque demeurent.
Les jeunes, première population vulnérable
Près de la moitié des nouvelles infections au VIH enregistrées en Thaïlande chaque année touchent des personnes âgées de 15 à 24 ans. Cette tendance inquiète particulièrement le Dr Suchada Jiamsiri, chef de la Division du SIDA et des infections sexuellement transmissibles du ministère de la Santé publique thaïlandaise, qui y voit un manque d'attention de la jeunesse face à la maladie.
La progression parallèle des infections sexuellement transmissibles renforce ce sombre constat. Le nombre de cas de syphilis a été multiplié par 2,5 depuis 2018 et a presque triplé chez les adolescents, selon le Dr Virawat Manosuddhi, porte-parole du département de la lutte contre les maladies. À tel point que pour obtenir un permis de travail en Thaïlande, il vous est demandé de réaliser une prise sang qui prouve que vous n’êtes pas porteur. Ces infections vont de pair avec les comportements sexuels non protégés qui facilitent la transmission du VIH.
L’avenir en danger
Dans un pays occidental comme la France, les jeunes aussi ont tendance à se moquer des campagnes de prévention et certains le paient très cher. En 2024, plus de 5.000 personnes ont découvert leur séropositivité, notamment des 15-24 ans. Mais si les comportements se ressemblent, la chaîne de soins diffère. L’accès aux traitements antirétroviraux est bien plus commode en France qu’en Asie du Sud-Est.
La Thaïlande s'est engagée auprès de l'ONU à réduire significativement l'incidence du VIH d'ici 2030. Avec une moyenne annuelle qui stagne autour de 8 à 9.000 nouvelles infections depuis plusieurs années, atteindre cet objectif devient de plus en plus irréaliste.
Dans ce contexte, les campagnes de sensibilisation s'intensifient, particulièrement auprès des adolescents et des jeunes adultes. Mais, sans avancée significative dans l'utilisation du préservatif et l'éducation sexuelle, il n’y a malheureusement aucune raison que les statistiques s’améliorent.












