Édition internationale

La consommation de drogues par les jeunes thaïlandais inquiète

Une enquête ThaiHealth alerte sur la consommation de drogues par les jeunes en Thaïlande. Elle souligne une accessibilité aux drogues inquiétante en 2026.

Jeune thaï drogue Jeune thaï drogue
Écrit par Émilien PEZZOLI
Publié le 9 mars 2026


 

Sur les 13.631 jeunes poursuivis en 2024 pour des infractions pénales, 8.971 avaient des antécédents de consommation de drogue. Certains étaient encore lycéens, voire collégiens. Les plus jeunes toxicomanes étaient parfois âgés de 11 ans seulement. Une situation préoccupante, d'autant que l'accessibilité aux substances est de plus en plus facile. En ligne, les ventes de drogues se sont largement répandues. X, le principal canal de diffusion, représente pas moins de 68% des publications liées à la drogue diffusées sur internet. Les techniques sont bien ficelées : des emojis détournés permettent de parler implicitement de drogues, rendant la détection difficile. La consommation, elle, se fait dans des espaces privés dans la majorité des cas.


Meth, cannabis : une accessibilité facile

 

Parmi les drogues les plus utilisées par les jeunes Thaïs, la méthamphétamine reste en tête. La Thaïlande étant une plaque tournante de cette drogue de synthèse, l'offre y est conséquente et la consommation facilitée.

 

Crystal meth

 

De même pour le cannabis, évidemment aussi très consommé depuis sa dépénalisation. Sur les 8.971 jeunes ayant des antécédents de toxicomanie, 3.240 ont consommé du cannabis en 2024. Parmi les milliers de weed shops qui étaient sortis de terre en quelques mois, 7.000 ont fermé en 2025 à la suite de modifications législatives et d'un retour en arrière réglementaire. Dans les faits, beaucoup restent ouverts et le cannabis demeure accessible très facilement.

 

Le kratom : entre tradition et encadrement

 

Le kratom est une plante tropicale originaire d'Asie du Sud-Est dont les feuilles sont consommées pour leurs effets stimulants ou relaxants selon la dose. Elles contiennent notamment de la mitragynine, un alcaloïde qui agit sur le système nerveux. Les feuilles sont mâchées, infusées en thé ou mélangées à des boissons.

 

Kratom

 

Traditionnellement, ce sont les ouvriers agricoles qui en sont les consommateurs principaux, l'utilisant notamment pour des raisons de productivité dans les champs. Aujourd'hui, la consommation se fait aussi à des fins récréatives. Longtemps interdit, le kratom a été légalisé en 2021 en Thaïlande, où il est désormais vendu librement dans certaines échoppes ou sur les marchés. Sa consommation reste cependant encadrée : les autorités surveillent notamment les mélanges avec d'autres substances, particulièrement dans certaines boissons.

 

Une situation bien différente en France

 

En France, depuis 2020, le kratom et ses principaux composés ont été classés comme substances psychotropes, rendant leur achat et leur détention interdits. Les autorités sanitaires justifient cette décision par des risques avérés pour la santé : dépendance, syndrome de sevrage et troubles psychiques ont été signalés chez certains consommateurs. David Kroll, professeur de pharmacologie et toxicologie à l'Université du Colorado, nuance le discours alarmiste dans une interview donnée à Ouest-France en septembre 2025. Il rappelle que le véritable danger ne viendrait pas tant de la plante brute que des produits dérivés enrichis en 7-hydroxymitragynine, un composé aux effets opioïdes bien plus puissants. Pour lui, le kratom reste "une arme à double tranchant, remède pour les uns, dangereux pour les autres, dans le cadre d'un usage récréatif." Les recherches en cours laissent même entrevoir un potentiel thérapeutique, certaines de ses molécules pouvant ouvrir la voie à de nouveaux traitements contre la dépendance aux opioïdes. Une perspective qui contraste avec l'urgence sanitaire thaïlandaise. En 2025, 260.000 personnes, en Thaïlande, cherchaient un traitement ou un psychiatre pour les aider à décrocher. Malheureusement, la capacité du système de santé reste bien plus limitée.

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