Siline Ng-Amphoux est née à Paris, d’un héritage cambodgien et chinois. Elle a toujours vécu au milieu des déracinés. Aujourd’hui directrice générale de l’AFBT, elle poursuit son chemin d’entraide.


Siline Ng-Amphoux a des origines sino-cambodgiennes par son père et chinoises de Shanghai par sa mère. Ses parents se sont rencontrés en Chine, ou son père faisait ses études. Mariés à Hong Kong, ils ont ensuite choisi de rejoindre la France, où Siline est née. La petite fille a été biberonnée à l’immigration, aux difficultés d’intégration et à la solidarité. « J’ai grandi à Paris, près de mes grands-parents paternels, parmi beaucoup de réfugiés khmers, se souvient-elle. Leur intégration, comme la mienne, n’était pas facile. L’entraide communautaire comptait énormément. » Beaucoup de réfugiés passaient un moment, à leur arrivée, dans l’atelier de maroquinerie familial.
Une enfant isolée qui n’a parlé qu’à 7 ans
Siline était une enfant assez isolée. Elle n’a pas parlé jusqu’à l’âge de 7 ans. Certainement à cause du mélange des langues qui faisait son quotidien et d’une maîtrise encore chaotique du français.

Elle a 12 ans quand ses parents décident de repartir en Chine et confient son éducation à ses grands-parents. On est à la fin des années 70, début des années 80. Son grand-père, artiste-peintre, philanthrope, préside une association d’entraide. Siline hérite du virus.
J’ai eu très vite envie de partir
« Je ne me suis jamais sentie bien en France, confesse-t-elle aujourd’hui. Je n’y étais pas malheureuse mais je ne me sentais pas à ma place. J’ai eu très vite envie de partir. Mon papa m’a proposé de partir faire mes études en Chine. J’ai accepté bien volontiers. » À Shanghai, Siline étudie les langues et les sciences sociales. Presque normal. Elle qui a grandi dans une tour de Babel apprendra rapidement les langues des pays où elle vivra. Il ne lui faudra qu’un an pour le mandarin. Les événements de Pékin, à la fin des années 80, écourtent son parcours dans un pays où elle se sentait pourtant bien. Le début des années 90 se passe à Hong Kong, chez Balenciaga. Business développer pendant trois ans, elle apprend cette fois le cantonais. Elle part au Japon par amour, apprend bien sûr à parler la langue, lit, écrit et effectue du bénévolat.
Une rencontre le 14 juillet
De retour à Hong Kong, Siline Ng crée une société en 2002, un bureau d’achat spécialisé dans les arts de la table, à destination du marché français. Elle rencontre son mari un 14 juillet, celui avec qui elle partage le nom d’Amphoux. Il travaille dans la finance. Siline a déjà deux enfants. Ils en ont un troisième ensemble.

En 2013, il décide de se reconvertir dans l’import de denrées alimentaires de luxe. Il travaille enfin dans ce qu’il aime. Elle aussi a envie de changement. Elle vend sa société, reste un peu, jusqu’à ce que son mari se voir offrir une opportunité en Thaïlande. C’était il y a dix ans et ils n’ont plus quitté Bangkok.
C’est la suite logique, une évidence
Membre de l’association Bangkok Accueil, Siline Ng-Amphoux propose son aide. Elle aidera deux ans, avant de prendre la présidence pour trois ans. « C’était plus un poste de directrice générale que de présidente et qui demandait donc un énorme investissement », explique-t-elle. « À Bangkok Accueil, j’ai connu deux ambassadeurs qui ont demandé aux associations de travailler ensemble. Souvent, à l’époque, chacun gardait secrets ses projets et protégeait ses bénévoles, de peur qu’ils n’aillent aider ailleurs. Ce n’était pas tout à fait ma vision des choses. Un jour, Bruno Peytel m’a proposé de rejoindre l’Association Française de Bienfaisance en Thaïlande (AFBT), qu’il préside. La cause, la mission, je ne les connaissais que de loin. Mais tout cela me plaisait. Lorsque j’ai quitté mes fonctions à Bangkok Accueil, on en a reparlé. J’ai d’abord fait une pause. Et puis début 2026, Bruno m’a dit que l’association avait besoin d’une directrice générale pour aider à bien structurer le fonctionnement. J’ai dit oui. Et aujourd’hui, je viens en aide à une communauté étrangère, comme le faisaient mes grands-parents. C’est la suite logique, une évidence. »
Travailler les fondations de la communication
À son arrivée dans ses nouvelles fonctions, Siline Ng-Amphoux constate que l’association n’est pas assez visible de ceux qui n’en sont ni les usagers ni des officiels.

« J’ai tout de suite expliqué que, pour qu’on nous fasse confiance et qu’on nous donne de l’argent pour agir, il faut que nous nous fassions connaître, que nous fassions savoir ce que nous faisons et comment, que nous soyons totalement transparents. J’ai pensé qu’il fallait avant tout travailler les fondations de la communication. Le site internet a été revisité. On y présente nos actions. On y explique comment devenir donateur ou mécène. La plaquette de l’association donne des chiffres, des exemples. Nous sommes présents sur les réseaux sociaux au moins une fois par semaine. »
Association d’utilité publique en 2027
Une quinzaine de bénévoles l’accompagnent dans sa mission.
Apres être devenue une association de droit thaï en août 2022, l’AFBT entend devenir une association d’utilité publique en 2027. Comme en France, ce statut offre des déductions fiscales aux donateurs et constitue donc une aide précieuse à la collecte de fonds. Et des fonds, il va en falloir encore plus car l’AFBT a des projets. « À l’avenir, nous souhaitons ouvrir notre propre Ehpad. Avec deux autres bénévoles, nous en avons visité d’existants pour comprendre comment ils fonctionnent. »
Pour lever des fonds, il n’y avait jusqu’ici quasiment que la soirée Beaujolais nouveau (qui aura lieu cette année le 21 novembre à la résidence de France). Mais Siline Ng-Amphoux souhaite désormais organiser plusieurs événements dans l’année. Ils permettent à la fois de collecter de l’argent et d’obtenir de la visibilité.
Prochain rendez-vous le 24 octobre 2026.
Pour tout savoir de cette soirée-conférence, suivez ce lien :
Et pour visiter le site de l’AFBT, c’est par ici :
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