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Bangkok menacée de submersion : un tiers de la ville pourrait être sous l’eau d’ici 2050

Lors d’un séminaire organisé dans la capitale thaïlandaise le 7 octobre 2026, des experts ont alerté sur les risques liés au changement climatique et à la gestion de l’eau à Bangkok.

Bangkok inondée Bangkok inondée
Écrit par Juliette THORIN
Publié le 9 octobre 2026


 

Bangkok pourrait faire face à une submersion durable d’une partie de son territoire. Lors d’un séminaire consacré à la prévention des inondations en Thaïlande, Sonthi Kotchawat, expert en environnement et en santé thaïlandais, a estimé qu’un tiers de la capitale pourrait se retrouver sous les eaux d’ici 2050, si le pays ne réforme pas en profondeur sa gestion de l’eau.

 

20 à 30 cm d’ici 2050

 

Plusieurs facteurs aggravent cette menace. Bangkok est située dans une plaine de basse altitude et ses sols s’affaissent de 1 à 2 cm par an dans certaines zones. Dans le même temps, le niveau de la mer dans le golfe de Thaïlande augmente d’environ 4 mm par an. Le réchauffement climatique pourrait également rendre les moussons plus imprévisibles et multiplier les épisodes de pluies intenses, alternant entre sécheresses et inondations soudaines.

Selon les projections présentées par Sonthi Kotchawat, la montée des eaux pourrait atteindre 20 à 30 cm d’ici 2050 et jusqu’à 75 cm dans le scénario le plus défavorable. Les quartiers côtiers de Bangkok, notamment Bang Khunthian, ainsi que les provinces voisines de Samut Prakan et Samut Sakhon figurent parmi les zones les plus exposées. À plus long terme, d’ici 2100, le niveau de la mer pourrait augmenter de 1,5 à 1,7 mètre dans le golfe de Thaïlande, menaçant les zones côtières de 24 provinces.

 

Des solutions à court terme contre une menace à long terme

 

Pour limiter les risques, les experts préconisent de renforcer les digues, d’améliorer les systèmes de drainage et de construire des bassins de rétention et des tunnels destinés à évacuer les eaux pluviales. Ils recommandent également de restaurer les mangroves, de préserver les espaces verts et de favoriser les sols perméables pour que l’eau puisse s’infiltrer naturellement. L’intelligence artificielle pourrait aussi permettre d’anticiper les inondations en analysant en continu les précipitations, les débits des cours d’eau et le niveau des barrages.

Au-delà des infrastructures, les spécialistes dénoncent le manque de coordination entre les administrations chargées de la gestion de l’eau. Ils appellent à centraliser les décisions en cas de crise et à investir davantage dans la prévention plutôt que dans les interventions après les catastrophes.

Seree Supratid, directeur du Centre sur le changement climatique et les catastrophes de l’université Rangsit, a toutefois précisé qu’aucune crue majeure venue du nord ne se dirigeait actuellement vers Bangkok. La menace à long terme reste néanmoins importante. Pour les experts, la Thaïlande doit adapter dès maintenant ses infrastructures aux risques futurs. Sans réformes structurelles et sans meilleure anticipation des phénomènes météorologiques extrêmes, la capitale pourrait devenir de plus en plus vulnérable à la montée des eaux.

 

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