Face à la pollution aux particules fines dans le nord du pays, la Thaïlande prévoit d’installer 234 chambres filtrantes, pour protéger plus de 6.000 personnes vulnérables.


La Thaïlande renforce son dispositif de protection contre la pollution atmosphérique. Le gouvernement prévoit de déployer 234 « chambres sans poussière » dans 17 provinces du nord, d’ici la fin de l’année budgétaire 2027, afin de protéger précisément 6.077 personnes vulnérables. Le programme, porté par les ministères du Développement social et de la Sécurité humaine et de l’Enseignement supérieur, de la Science, de la Recherche et de l’Innovation, cible notamment les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les patients alités.
Une première phase a déjà permis de mettre en place 83 chambres dans huit provinces du nord. Ces installations peuvent accueillir 1.822 personnes. Une deuxième phase prévoit la création de 151 chambres supplémentaires, afin d’étendre le dispositif à l’ensemble des 17 provinces concernées. Les équipements associent un système de filtration de l’air à une technologie de pression positive. Celle-ci maintient une pression intérieure légèrement supérieure à celle de l’extérieur, limitant ainsi l’infiltration de particules polluantes.
Une pollution saisonnière particulièrement sévère dans le nord de la Thaïlande
Cette initiative intervient alors que le nord de la Thaïlande connaît chaque année d’importants épisodes de pollution aux particules fines PM2,5. Ces particules, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, sont suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les poumons. Une exposition importante peut aggraver les maladies respiratoires et cardiovasculaires et augmenter les risques pour la santé à long terme.
Le phénomène s’intensifie généralement pendant la saison sèche, entre novembre et avril, avec un pic souvent observé en mars et en avril. Les incendies de forêt, les brûlis agricoles et la combustion de résidus de culture constituent des sources importantes de pollution. Les fumées provenant des pays voisins contribuent également à la dégradation de la qualité de l’air dans la région.
La géographie accentue le problème. À Chiang Mai, deuxième ville du pays, les montagnes et les vallées peuvent limiter la dispersion des polluants, notamment lorsque les conditions météorologiques favorisent leur accumulation près du sol. Selon la NASA, les fumées liées aux feux de biomasse constituent l’une des principales causes de la mauvaise qualité de l’air dans le nord du pays, pendant la saison sèche. Les véhicules et les activités industrielles contribuent également à la pollution.
Protéger les personnes qui peuvent difficilement se mettre à l’abri
Les conséquences sanitaires ne touchent pas tous les habitants de la même manière. Les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques sont particulièrement exposés. Pour les personnes alitées ou vivant dans des établissements médico-sociaux, il peut être difficile de quitter un environnement pollué ou d’adapter leur quotidien aux alertes sanitaires.
Les chambres sans poussière doivent leur offrir un espace où réduire leur exposition lorsque les concentrations de particules augmentent. Le ministère thaïlandais de la Santé recommande également de limiter les activités en extérieur pendant les épisodes de pollution, de suivre les relevés officiels et de porter un masque filtrant de type N95 lorsqu’une sortie est nécessaire.
Le gouvernement entend ainsi compléter les mesures d’urgence déjà mises en place lors des pics de pollution. En avril 2026, les autorités sanitaires avaient notamment renforcé la surveillance médicale dans les zones les plus touchées et déployé des dispositifs mobiles pour examiner les personnes exposées.
Mais ces installations ne règlent pas le problème à la source. La réduction durable de la pollution dépend aussi de la prévention des incendies, de la limitation des brûlis agricoles et de la coopération régionale pour lutter contre les fumées transfrontalières. Alors que la saison sèche approche, les chambres sans poussière constituent une réponse immédiate pour protéger les populations les plus fragiles, sans se substituer aux politiques nécessaires pour améliorer durablement la qualité de l’air.














