Des cargaisons introuvables, des documents douteux, le gouvernement ordonne une inspection nationale des dépôts de carburant, après plusieurs anomalies dans la chaîne d’approvisionnement.


Tout commence en mer, au large du sud de la Thaïlande. Des tankers quittent les raffineries, cap vers des dépôts à Surat Thani, province de la côte du golfe. À l’arrivée, les volumes ne correspondent plus. Des millions de litres manquent. Les premières alertes remontent début avril. Près de 57 millions de litres de carburant disparaissent entre le départ et la livraison. Les trajets sont identifiés, les écarts répétés. Sur certains navires, les systèmes de localisation s’éteignent en mer.
Des cargaisons qui changent de route
Les enquêteurs s’orientent rapidement vers une hypothèse : des transferts entre navires, loin des ports. Du carburant déchargé en mer, puis redistribué hors des circuits officiels. Le Department of Special Investigation (DSI) élargit ses investigations. Une vingtaine de trajets présentent des anomalies. Plusieurs compagnies maritimes sont interrogées. L’affaire ne ressemble plus à une erreur logistique. Mais en mer, les preuves sont fragiles. Les volumes se diluent, les responsabilités aussi.
Retour à terre
Changement de méthode. Cette fois, les contrôles se déplacent vers les dépôts. Le ministre de l’Énergie Akanat Promphan ordonne une inspection nationale. Objectif : vérifier ce qui reste, ce qui manque et ce qui n’a jamais été déclaré. Les autorités passent au crible les registres de stockage, les bons de livraison et les volumes réellement présents. Plus de 100 documents suspects sont déjà évoqués. Certaines livraisons existent sur le papier mais pas dans les cuves.
Une chaîne difficile à suivre
Transport maritime, stockage, distribution : chaque étape ouvre une possibilité de détournement. Un volume peut disparaître en mer, réapparaître ailleurs ou ne jamais être déclaré. Les inspections doivent établir si ces anomalies relèvent d’initiatives isolées ou d’un système plus structuré. Pour l’instant, aucune réponse définitive. Le calendrier des contrôles n’est pas précisé. Dans les dépôts, les chiffres restent à vérifier. En mer, ils ont déjà disparu.












