En plein cœur d’une nouvelle saison critique, le gouvernement promet de renforcer la lutte contre la pollution. Des promesses dont on attend enfin qu’elles changent quelque chose.


Dans le nord de la Thaïlande, la scène ne change pas d’une année à l’autre. Le ciel devient laiteux, les montagnes disparaissent derrière un voile gris, et l’air finit par piquer la gorge. À Chiang Mai, la saison des fumées fait partie du calendrier.
Cette semaine, le Premier ministre Anutin Charnvirakul s’est déplacé dans la région pour suivre les opérations contre les incendies. Sur place, le constat est clair, les mesures actuelles ne suffisent pas. Il demande donc aux agences de durcir l’application des lois environnementales pour ne pas laisser la situation empirer.
Une équation compliquée à résoudre
Sur le terrain, les causes s’additionnent. Il y a les brûlis agricoles, encore largement pratiqués, les incendies de forêt qui sont difficiles à contenir. Et puis les fumées venues des pays voisins, qui compliquent toute tentative de contrôle strict.
Le gouvernement veut agir sur ces deux niveaux : renforcer les contrôles à l’intérieur du pays, tout en envoyant des messages plus fermes sur le plan diplomatique.
La météo ne facilite rien, l’air stagne complètement pendant certaines journées et la pollution reste bloquée au-dessus des villes. Bangkok évoque davantage de recours à la technologie pour mieux gérer ces situations, sans entrer dans les détails pour l’instant.
Des impacts bien concrets
Le tourisme ralentit dès que les niveaux de pollution grimpent, les hôtels enregistrent des annulations et les activités en extérieur tournent au ralenti.
Côté habitants, les habitudes changent aussi. Certains quittent temporairement la région pendant les pics, d’autres s’équipent de purificateurs d’air, quand ils en ont les moyens. Pour les plus exposés, la question sanitaire devient centrale.
Le gouvernement met désormais cet aspect en avant. Meilleure coordination entre les agences, partage des données, préparation des systèmes de santé. L’idée est d’éviter d’être pris de court comme lors des précédentes saisons. Il semble que, pour cette année, il soit déjà trop tard.
Des organisations locales, comme le Réseau du Souffle du Nord, réclament une refonte plus profonde de la gestion de la pollution. Pas seulement des mesures d’urgence, mais une stratégie sur plusieurs mois.
Le compte à rebours est lancé
Alors que la saison des fumées n’est pas encore terminée, les autorités se projettent déjà sur le prochain épisode.
Et cette fois, un autre facteur inquiète avec en plus le risque d’un épisode d’El Niño, synonyme de chaleur et de sécheresse accrues.
Plus de chaleur, plus de sécheresse et donc des conditions favorables aux incendies.
Le gouvernement demande aux agences d’anticiper, en tirant les leçons des années précédentes. Préparer les équipes, mieux coordonner les interventions, limiter les dégâts économiques mais rien ne garantit pour autant une amélioration rapide.
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