Déposée jeudi 8 octobre 2026 par l'opposition, la motion de censure vise Anutin Charnvirakul et 17 membres de son gouvernement. Le débat est attendu à la fin du mois d’octobre 2026.


Les partis d'opposition thaïlandais ont déposé, jeudi 8 octobre 2026 à 14h, une motion de censure contre le Premier ministre, Anutin Charnvirakul, et 17 de ses ministres. Le texte, présenté à la Chambre des représentants à Bangkok en vertu de l'article 151 de la Constitution, réunit le Parti du peuple, le Parti démocrate, Thai Pakdee, Thai Ruam Palang et Seri Ruam Thai.
145 députés signataires
Selon le chef de l'opposition, Natthaphong Ruengpanyawut, 145 députés ont signé la motion. Natthaphong Ruengpanyawut affirme vouloir mettre en lumière un « régime bleu » (la couleur du parti Bhumjaithai au pouvoir), qui aurait étendu son influence au Sénat, aux agences indépendantes et à d’autres contre-pouvoirs. Il précise que les 18 personnes visées ne sont pas toutes concernées par l’affaire qui a secoué le Sénat.
Les principaux griefs
Les accusations portent sur une supposée manipulation de l'élection sénatoriale de 2024, sur des fraudes aux concours de recrutement dans les collectivités locales, sur des abus de pouvoir et sur des défaillances face aux crises, notamment la gestion des inondations de fin septembre.
Anutin Charnvirakul, également ministre de l'Intérieur, concentre sur sa personne l’essentiel des reproches : usage de réseaux politiques pour consolider son pouvoir, pressions sur la justice et les organes indépendants, absence de réponse au « capital gris » (l'argent d'origine opaque) et nominations influencées par des intérêts politiques.
Parmi les vice-Premiers ministres :
- Phiphat Ratchakitprakarn (Transports) est présenté comme une figure clé de la prétendue manipulation du Sénat et accusé de gêner les mécanismes d'enquête et de favoriser de grands intérêts économiques ;
- Songsak Thongsri, notamment en charge de la gestion des inondations, est lui aussi visé dans le dossier sénatorial ;
- Ekniti Nitithanprapas (Finances) est accusé de ne pas avoir traité la crise économique ni le « capital gris » ;
- Suphajee Suthumpun (Commerce) est critiquée pour sa gestion de la hausse du coût de la vie.
Les autres ministres font face à des accusations de corruption, de conflits d'intérêts ou d'échecs administratifs. Ces allégations n'ont, à ce stade, aucune valeur judiciaire et les personnes nommées restent présumées innocentes.
Un gouvernement « prêt »
Jeudi 8 octobre 2026, Anutin Charnvirakul s'est dit prêt, observant que la motion ne nomme que des ministres du Bhumjaithai. Le débat serait, selon le Premier ministre thaïlandais, un procès de l'ensemble du gouvernement. Il a toutefois présenté la procédure comme un processus démocratique normal et une occasion d'expliquer l'action du gouvernement « aux citoyens, pas à l'opposition ».
Suphajee Suthumpun, pour sa part, s’est dite prête à répondre sur la croissance, inférieure aux attentes.
Un calendrier à fixer
L'opposition a demandé cinq jours de débat, en raison du nombre de ministres visés, indique le vice-président du Parti démocrate, Satit Wongnongtaey. Le président de la Chambre, Sophon Zaram, évoque la possibilité d’un débat parlementaire organisé à la fin du mois d’octobre 2026. Anutin Charnvirakul juge que trois à quatre jours, durée habituelle, devraient suffire. L’organisation du débat sur la motion de censure devra tenir compte d’un calendrier politique et diplomatique déjà chargé, qui comprend des réunions de l'ASEAN et de l'APEC, ainsi que des visites de dirigeants étrangers.








