La Commission électorale thaïlandaise a décidé le renvoi de 26 sénateurs devant la Cour suprême pour supposée collusion lors des élections de juin 2024. La décision fait des vagues.


La Commission électorale thaïlandaise a voté, lundi 14 septembre 2026, le renvoi de 77 personnes devant la Cour suprême dans l'affaire de collusion liée à l'élection du Sénat de 2024. 26 sénateurs en exercice sont concernés. La décision finale déçoit l'opposition et ses grandes attentes concernant ce qui est peut-être le plus grand scandale électoral de l'histoire politique thaïlandaise.
Une élection indirecte sous le feu des critiques
L'élection contestée s'est déroulée en juin 2024. Il s’agissait du premier scrutin de ce type depuis le coup d'État de 2014. Longtemps, alors, les sénateurs ont été nommés par l'armée. En 2024, les 200 sénateurs ont été choisis selon un système indirect, complexe et pour le moins opaque, parmi des groupes de la société civile. Un large réseau a été accusé d’avoir faussé le scrutin, trafiqué les listes et opéré des mouvements financiers suspects. Dès l'annonce des résultats, les accusations ont commencé à pleuvoir. L'enquête a finalement porté sur 427 personnes, un nombre presque deux fois supérieur à celui de 229 initialement avancé.
77 personnes seulement renvoyée devant la Cour suprême
La Commission électorale thaïlandaise s’est donc prononcée lundi 14 septembre 2026 et a demandé à la Cour suprême d'examiner les accusations contre 77 personnes, dont 26 sénateurs en activité. « Seulement », crient les mécontents. Un mécontentement lié au nombre mais aussi à la qualité des suspects : aucun cadre de parti politique, député membre de l'Assemblée nationale, autre détenteur de fonction politique ou sénateur suppléant.
L'opposition conteste la protection des politiques
Natthaphong Ruengpanyawut, leader du Parti du Peuple, a immédiatement et publiquement demandé pourquoi la décision excluait des ministres, des députés et des cadres du Bhumjaithai (le parti au pouvoir), dont il affirme qu’ils sont impliqués. Il accuse la Commission électorale d'avoir manqué à son devoir en les épargnant. Il a argumenté que l'opération présumée de manipulation du vote du Sénat était énorme et s'est demandé si la Commission croyait vraiment que la plus grande opération organisée de manipulation du vote du Sénat de l'histoire politique thaïlandaise n'impliquait aucun politicien.
Cinq actions contre la décision de la Commission électorale
Le Parti du Peuple a, dans la foulée, annoncé avoir pris cinq décisions, en réponse à ce verdict : engager des poursuites légales contre la Commission électorale pour prétendue malveillance, demander un examen judiciaire distinct pour les personnes blanchies par cette même Commission, déposer une motion de censure au Parlement contre les responsables gouvernementaux impliqués, demander une réforme constitutionnelle et légale pour limiter les pouvoirs du Sénat et demander une réforme de certains organismes indépendants (les processus de nomination amenant, selon les plaignants, à ce type de décision).
Le président de la Commission électorale, Narong Klanwarin, se déclare prêt à défendre sa position en justice, considérant que la Commission a agi selon la loi. La Commission électorale qui dispose désormais de 60 jours pour déposer ses conclusions auprès de la Cour suprême.
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