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Thaïlande : des engrais calibrés par sol pour réduire les coûts agricoles

Depuis le blocage du détroit d’Ormuz, Bangkok cherche des alternatives à ses importations d’engrais. Un projet pilote du TISTR mise sur des formules mixtes produites localement dans 30 coopératives.

Engrais agricoleEngrais agricole


 

La Thaïlande importe plus de 40% de ses engrais chimiques. Pendant des décennies, les agriculteurs ont appliqué des formules standardisées, identiques quelle que soit la parcelle, quel que soit le sol. Les coûts ont grimpé, les terres se sont appauvries. La crise a pris un tour aigu au printemps 2026, quand la fermeture du détroit d’Ormuz a bloqué plusieurs cargaisons de fertilisants, obligeant Bangkok à négocier en urgence des approvisionnements avec la Malaisie, Brunei, le Kazakhstan et la Russie.

Le ministère de l’Enseignement supérieur, des Sciences, de la Recherche et de l’Innovation (MHESI) et le ministère de l’Agriculture ont lancé dimanche 14 juin 2026 le projet « Engrais sur mesure pour les agriculteurs thaïlandais ». La cérémonie s’est tenue à la coopérative agricole d’Udon Thani, présidée par le vice-Premier ministre Yodchanan Wongsawat.

 

Des formules calculées parcelle par parcelle

 

Jusqu’ici, les engrais chimiques étaient appliqués selon une formule standardisée, identique pour tous les sols et toutes les cultures. Le projet change la logique. Chaque parcelle fait l’objet d’une analyse de sol. Le programme de calcul du TISTR, le Thailand Institute of Scientific and Technological Research, en déduit un mélange organique-chimique adapté à la culture et aux carences identifiées. Ce mélange est produit dans la coopérative locale, qui assure aussi la distribution.

Dans sa première phase, le projet prévoit 30 unités de ce type dans trois provinces pilotes : Udon Thani, Chai Nat et Chiang Rai. Udon Thani a été retenue en priorité : plus de 70% de son territoire est consacré à l’agriculture, selon le gouverneur de la province, Rachan Soonhua.

Les essais de terrain chiffrent la réduction des coûts de 40 à 60% et un regain de fertilité, avec au moins 10% de matière organique restituée selon le ministère de l’Agriculture. Weerachai Arjharn, gouverneur du TISTR, retient jusqu’à 60% d’économies par rapport aux formules chimiques standards. Le dispositif prévoit de former les travailleurs agricoles au mélange, pour qu’à terme ils produisent eux-mêmes leurs engrais sur place.

 

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