Édition internationale

Thaïlande : 1.000 milliards de bahts pour éviter le détroit de Malacca

Le gouvernement présente son projet de pont terrestre entre Chumphon et Ranong. Un corridor de 90 kilomètres pour éviter le détroit de Malacca, estimé à plus de 1.000 milliards de bahts.

Pont terrestre Thaïlande Pont terrestre Thaïlande
Écrit par Baptiste PICOT
Publié le 29 avril 2026


 

À Chumphon, port du golfe de Thaïlande, les cargos longent la côte sans s'arrêter. Ils mettent le cap vers le détroit de Malacca, allongeant leur route de plusieurs jours. À l'ouest, la mer d'Andaman. Entre les deux, la péninsule se resserre. Le gouvernement veut exploiter ce passage : un port sur la mer d'Andaman, un autre dans le golfe de Thaïlande, reliés par environ 90 kilomètres de route et de rail.

 

Quarante ans de tiroir

 

L'idée circule depuis des décennies. Elle apparaît dès les années 1980, puis revient régulièrement. Trop chère, trop risquée, jamais prioritaire. Aujourd'hui, elle s'inscrit dans un objectif précis : éviter le détroit de Malacca, l'une des routes maritimes les plus fréquentées au monde. Selon la Banque mondiale, près d'un quart du commerce mondial y transite.Le corridor permettrait de réduire certains trajets de deux à trois jours, à condition que le passage terrestre soit fluide et sans rupture logistique. Le coût dépasse les 1.000 milliards de bahts selon les estimations évoquées par les autorités.

 

Le terrain résiste

 

À Ranong et Chumphon, le projet inquiète. Des habitants évoquent des expropriations et la disparition progressive des activités locales, notamment la pêche. Les mangroves concentrent les critiques : ces zones protègent les côtes et abritent une biodiversité dense, et le tracé en traverse plusieurs. Les études d'impact sont jugées incomplètes par certains collectifs et l'adhésion locale reste fragile.

 

Un pari logistique

 

Pour Bangkok, le projet vise d'abord à repositionner la Thaïlande dans les chaînes de transport régionales.

 

Pont terrestre Thaïlande

 

Des investissements étrangers sont attendus, ainsi qu'un développement accéléré du sud, région en retrait par rapport aux zones industrielles de l’est. Mais le modèle reste incertain. Le détour terrestre devra rivaliser avec une route maritime directe, déjà optimisée. À Chumphon, les cargos continuent de passer sans s'arrêter. Le gouvernement n'a pas précisé quand il se prononcerait.

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