Après la fermeture du détroit d'Ormuz, la Thaïlande se veut rassurante avec deux mois de stocks, mais redoute une hausse rapide des prix du pétrole.


Tandis que l'on évoque largement les perturbations des vols dues à la fermeture de l'espace aérien au Moyen-Orient, une autre question se pose en Thaïlande : le conflit aura-t-il un impact direct sur la vie quotidienne des résidents, entraînant une importante fluctuation des prix du pétrole ? Durant ce week-end, le ministère de l'Énergie a annoncé que la Thaïlande détient des stocks de pétrole suffisants pour une durée de deux mois.
L'Iran, en fermant le détroit d'Ormuz, une route maritime cruciale pour l'expédition du pétrole, a perturbé l'approvisionnement représentant environ 20% de la demande mondiale.
Des réserves pour l’instant suffisantes
La Thaïlande dispose à ce jour de quatre routes d’importation brut :
- Libye et Soudan, via le canal de Suez, la mer Rouge, le détroit de Malacca et le golfe de Thaïlande.
- États-Unis, Brésil, Panama, Nigeria, Gabon, Angola et Congo, via le cap de Bonne-Espérance jusqu'au détroit de Malacca et au golfe de Thaïlande.
- Extrême-Orient, via la mer de Chine méridionale et le golfe de Thaïlande.
- Moyen-Orient, via le golfe Persique, le détroit d’Ormuz, la mer d’Arabie, le détroit de Malacca et me golfe de Thaïlande.
Selon Veerapat Kiatfuengfoo, le secrétaire permanent adjoint du ministère de l’Énergie, la Thaïlande pouvait compter, au 23 février, sur des réserves nationales de 4,92 milliards de litres de pétrole brut et raffiné, suffisantes pour répondre à la demande pendant une période de 38 jours. Plus de 1,75 milliard de litres de pétrole brut destinés à la Thaïlande étaient déjà en route depuis et au-delà du détroit d'Ormuz, tandis que 1,12 milliard de litres supplémentaires provenant d'autres régions étaient aussi en cours de transport. Ces quantités pourraient répondre aux besoins thaïlandais pendant encore 23 jours.
La Thaïlande cherche des ressources alternatives
Bien qu'aucun impact sur les volumes ou les prix des réserves n'ait été constaté à ce jour, des scénarios ont déjà été élaborés. D'après des informations provenant de la Commission de régulation de l'énergie (ERC), la réunion du 25 février 2026 a abouti à l'élaboration de plans pour gérer les situations d'urgence, comme la fermeture du détroit d'Ormuz ou l'incapacité à recevoir du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) du Qatar et des Émirats arabes unis. Pour faire face aux risques de pénurie d’énergie, la Thaïlande cherche à augmenter ses réserves de gaz naturel en important davantage de gaz par gazoduc depuis les pays voisins et en achetant plus de gaz naturel liquéfié. Elle essaie aussi de négocier des volumes supplémentaires en cas d’urgence. En parallèle, les autorités de l’électricité et le groupe énergétique national travaillent ensemble pour vérifier les stocks de pétrole des centrales électriques et s’assurer qu’elles pourront continuer à fonctionner si besoin.
Un baril à 100 dollars ?
Cette situation fait grimper les prix du pétrole dans le monde. Le baril, qui était à 92 dollars fin février 2026, pourrait atteindre 100 dollars, ce qui risque d’augmenter fortement le prix du diesel. L'augmentation des tarifs mondiaux du pétrole influencera sans doute les prix à la pompe en Thaïlande, étant donné que le pays doit se conformer aux dynamiques du marché global. Elle va également aggraver la conjoncture économique mondiale à cause de l'augmentation des prix de l'énergie et vraisemblablement de nombreux produits.










