Édition internationale

Pour une reconnaissance des qualifications professionnelles au sein de l’ASEAN

Comme l’Europe s’y est attelée, le Premier ministre thaïlandais souhaiterait que les onze pays membres de l’ASEAN parviennent à harmoniser leurs systèmes de certification professionnelle.

Réunion ministres du travail asean Réunion ministres du travail asean


 

Lors de la 29ème Réunion des ministres du Travail de l'ASEAN, organisée à Bangkok, Anutin Charnvirakul a plaidé pour une harmonisation des systèmes de certification des compétences à travers le bloc régional. Une proposition qui viserait à favoriser la mobilité professionnelle et la compétitivité économique en Asie du Sud-Est.

 

Des certifications reconnues sans frontières

 

Le Premier ministre thaïlandais a appelé les États membres de l'ASEAN à construire des systèmes crédibles de certification des compétences reconnus au niveau international, afin de stimuler l'emploi, la mobilité des travailleurs et la compétitivité régionale.

En clair, cela signifierait qu'un ingénieur certifié en Thaïlande pourrait voir ses qualifications acceptées aux Philippines ou au Cambodge sans se perdre dans des labyrinthes administratifs. Un électricien formé en Malaisie pourrait travailler en Indonésie avec une reconnaissance formelle de son expérience. Ce système, qui rappelle certaines réformes européennes, comme le LMD - qui permet de faire reconnaître sa Licence, son Master ou son Doctorat partout au sein de l’Union - apparaît comme une petite révolution, dans une région où la valeur des diplômes reste souvent enfermée au sein des frontières nationales.

 

Les défis à relever

 

Anutin Charnvirakul a rappelé que l'ASEAN dispose d'une main-d'œuvre de plus de 357 millions de personnes mais que le bloc est pénalisé par des lacunes en matière d’éducation, d’accès à la technologie et de protection sociale.

Et ce n'est que la moitié du problème. L'intelligence artificielle, la transition écologique et le vieillissement des sociétés remodèlent les marchés du travail et créent une demande croissante de compétences numériques, vertes et dans l'économie des soins. Autrement dit, les pays d'Asie du Sud-Est doivent non seulement reconnaître les qualifications existantes mais aussi préparer leur main-d'œuvre aux métiers de demain.

 

Une question d'ambition régionale

 

Les propositions du Premier ministre thaïlandais portent donc une ambition : transformer l'ASEAN en bloc capable de rivaliser avec d'autres régions, en capitalisant sur son immense réservoir de talents.

Pour les expatriés, cela pourrait signifier à terme plus de fluidité pour recruter localement, avec des certifications vérifiables et, pour les Thaïlandais, davantage de portes ouvertes pour travailler dans la région.

Mais la route est longue : harmoniser les systèmes d'éducation et de certification entre onze pays aux niveaux de développement très différents relève de la gageure.

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