Ils ne sont que quelques dizaines mais ils affichent calmement leur mécontentement. Pour eux, le gouvernement thaïlandais, le FMI et la Banque mondiale ne font pas ce qu’il faut pour eux.


Il soutiennent le People's Network Against the World Bank and International Monetary Fund. Ils étaient quelques dizaines, jeudi 15 octobre 2026, à marcher en direction du Queen Sirikit National Convention Center, lieu où sont organisées les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Stoppés par la police à quelques encablures de leur objectif, ils ont planté leurs tentes au pied de Khlong Toei Market. Jeunes, vieux, familles avec enfants, ils sont bien décidés à demeurer là jusqu’au vendredi 16 octobre 2026 à 19h.

Faire entendre la voix du peuple
Y aura-t-il convergence des mécontents ? Un autre mouvement doit marcher, vendredi 16 octobre, en direction du centre de congrès.
Ceux qui ont passé la nuit dans la rue demande plus de transparence et de considération de la part de leur gouvernement et des instances internationales. Supaporn Malailoy, représentante du Réseau populaire contre la Banque mondiale et le FMI, a appelé, devant les médias thaïlandais, le gouvernement à établir des règles claires pour la politique de développement et à expliquer comment les citoyens pourraient participer à la définition de l'orientation du pays. Elle voit aujourd’hui dans les accords internationaux une réduction des droits sociaux, une faiblesse des garanties environnementales et des violations des droits des personnes. Quant à la participation de la société civile aux Assemblées annuelles, elle déplore qu’elle ne soit que celle d’organisations établies, choisies par les instances officielles. Pas vraiment la voix du peuple en quelque sorte…
Ils sont pauvres. Ils se sentent seuls.
Sur place, au rythme d’une ambiance bon-enfant bercée de musique, il n’a pas été simple de trouver celles ou ceux qui acceptaient de discuter avec un représentant de la presse étrangère, même, ou peut-être surtout, installé en Thaïlande.

Un jeune collaborateur d’un sénateur d’opposition, venu en observateur, nous a expliqué leurs revendications avec ses mots. « Ceux qui sont là veulent s’émanciper du Premier ministre, du FMI et de la Banque mondiale. Ils sont pauvres. Ils se sentent seuls. Ils en ont assez du greenwashing. Ils viennent de divers endroits en Thaïlande, pas seulement de l’Isan, au nord-est du pays. Ils ne veulent pas spécialement de ces fonds. Ils pensent que l’argent ne va pas directement aux gens qui en ont besoin. » Auraient-ils envie, alors, d’être invités à s’exprimer dans le cadre des Assemblées annuelles ? « Je crois qu’ils ne veulent pas spécialement y aller. Ils n’ont pas de garanties d’être écoutés et que les discussions débouchent éventuellement sur quelque chose de positif. Ils veulent qu’on discute avec eux, pas seulement entre spécialistes, mais dans un cadre moins formel. »
Ils le demandaient, dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026, dans la rue, au son de la guitare, dans le plus grand calme.












