Alors que la Thaïlande commémore les dix ans de la disparition du roi Rama IX, une exposition met en avant, à Bangkok, cinq principes de développement hérités de son règne.


Mardi 13 octobre 2026, alors que son épouse sera inhumée dans deux mois, la Thaïlande commémore les dix ans de la disparition de son roi bien-aimé Rama IX. L’an dernier, lepetitjournal.com vous proposait de revenir longuement sur la vie et le parcours de celui que certains aiment appeler de son vrai nom : Bhumibol Adulyadej.
Vous pouvez retrouver l’article ici :
Cette année, l’anniversaire coïncide avec l’organisation des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, du 12 au 18 octobre 2026. La Thaïlande en profite pour exposer sa propre expérience du développement à la communauté internationale, largement représentée par quelque 15.000 délégués, venus de 200 pays.
L’héritage de Rama IX
Le média thaïlandais Krungthep Turakij en a profité pour s’intéresser à l’héritage économique et social de Rama IX, présenté au coeur du pavillon thaïlandais de l’événement, sous la forme d’une exposition royale. Elle est intitulée « The Royal Legacy: Empowering People, Building Resilience ». Elle met en lumière les projets de développement du roi Bhumibol Adulyadej, la philosophie de l'économie de suffisance et des principes centrés sur l'équilibre, la résilience et la qualité de vie. Elle s'inscrit dans le thème choisi par le pays hôte : « Thailand's New Horizons: Empowering People, Building Resilience ».
Selon Veerathai Santiprabhob, ancien gouverneur de la Banque de Thaïlande, cité par le média, des groupes de travail du ministère des Finances et de la Banque de Thaïlande ont retenu cinq principes parmi tous ceux associés à l'action du souverain. Ils ont ensuite été reliés aux Objectifs de développement durable des Nations unies.
Les cinq principes
- Commencer petit pour résoudre les grands problèmes. Le roi traitait les enjeux nationaux en partant de difficultés très concrètes, à l'échelle des communautés. Les solutions locales servent de fondations à un changement plus large.
- Placer les gens au centre. Le développement doit partir des besoins et des contraintes des habitants de chaque lieu, et non des priorités des administrations. Veerathai Santiprabhob y voit un précurseur de ce qu'on appelle aujourd'hui le développement territorialisé.
- « Comprendre, Atteindre, Développer ». Il faut d'abord comprendre le problème, aller à la rencontre des personnes concernées, puis seulement décider de l'action à mener. Pour l'ancien gouverneur, des résultats durables exigent le bon processus, même quand les gouvernements sont pressés d'obtenir des résultats rapides.
- Utiliser la nature pour résoudre les problèmes naturels. Ce principe rejoint ce que l'on nomme aujourd'hui les « solutions fondées sur la nature ». Il s'illustre notamment par le traitement des sols, la méthode des « joues de singe » pour retenir l'eau et l'usage de le vétiver (une herbe haute) pour protéger et réhabiliter les terres.
- Bâtir la résilience à tous les niveaux. Élément central de l'économie de suffisance, elle vaut des individus et des ménages jusqu'à la gestion de l'économie nationale. Veerathai Santiprabhob a évoqué la crise financière de 1997 pour rappeler l'importance de protections solides : le progrès se mesure aussi à la capacité de résister aux chocs.
Pour Veerathai Santiprabhob, ces assemblées permettent à la Thaïlande de présenter non pas de simples théories mais des approches que le roi Rama IX a mises en pratique durant son règne.
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