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Entreprendre en Israël : le guide complet

L’économie israélienne a connu un rebond en 2025, le pays encourage l'entrepreneuriat dans des secteurs innovants. Ce guide est dédié aux expatriés français souhaitant entreprendre en Israël.

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Écrit par Lepetitjournal Tel Aviv
Publié le 21 août 2026

 

Le contexte économique en Israël 

 

L’économie israélienne a montré une nette reprise en 2025, avec une croissance du PIB de 3,1% après une année 2024 marquée par un ralentissement. Cette performance place Israël au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, malgré un contexte sécuritaire tendu. 

Plusieurs secteurs portent l’économie israélienne : la technologie et l’innovation sont au cœur de celle-ci, notamment la cybersécurité, l’IA, la défense, la tech… Le secteur de l’industrie et des exportations, celui de la construction et de l’immobilier, ainsi que celui du tourisme sont également responsables du récent rebond de l’économie du pays. 

Israël a une réputation de “Startup Nation”. En 2025, des centaines de startups ont levé des fonds, et des programmes destinés aux réservistes de l’armée ont donné naissance à environ 150 nouvelles startups dans ce cadre. 

Plusieurs centaines d’entreprises françaises sont présentes en Israël, avec des investissements dans des secteurs variés : l’hôtellerie, les cosmétiques et le luxe, la défense et les transports, la tech et l’innovation… 


 

Les visas d'affaires et d'investisseurs en Israël

 

Il n’existe pas de “visa entrepreneur” unique en Israël. Les Français qui souhaitent créer ou gérer une entreprise utilisent principalement deux voies :

 

- Le visa B/1 : le visa de travail “expert” : 

Le plus courant pour les entrepreneurs, il dure généralement 1 an et est renouvelable tant que l’emploi et l’entreprise existent. Pour l’obtenir en tant qu’entrepreneur, il faut que l’entreprise israélienne soit immatriculée au Registre des sociétés (Rasham HaChavarot), avec les documents fiscaux à jour. Le poste doit aussi nécessiter des compétences spécialisées et être justifié par rapport au marché local. Un salaire brut mensuel est imposé (environ 23 460 NIS en 2026 pour les experts) et l’entreprise doit montrer qu’elle peut financer ce salaire. 

 

Les documents demandés : 

  • Extrait d’immatriculation de la société.
  • Attestations fiscales et documents comptables récents.
  • Contrat de travail signé (précisant la fonction, le salaire, la durée).
  • Lettre de justification : pourquoi ce poste nécessite un expert étranger.
  • CV, diplômes, preuves d’expérience…
  • Passeport valide.
  • Formulaire de demande de visa B/1 rempli.
  • Photos d’identité récentes.
  • Casier judiciaire récent.
  • Certificat médical (formulaire du ministère de la Santé israélien).
  • Preuve d’assurance maladie couvrant la période en Israël.

 

 

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- L’Israel Innovation Visa : 

Ce visa est conçu pour les fondateurs de startups innovantes qui souhaitent s’installer en Israël pour développer leur projet. Il offre un cadre plus souple et peut durer jusqu’à 5 ans. Les conditions principales pour l’obtenir sont un business plan détaillé montrant l’innovation, le marché visé et la scalabilité. Le projet doit aussi présenter une vraie innovation. Les services traditionnels ne sont généralement pas éligibles. Il faut également une preuve de fonds suffisants pour vivre en Israël, un casier judiciaire vierge et une assurance maladie couvrant toute la durée du visa.

 

Les documents demandés : 

  • Business plan complet.
  • Preuves de financement (épargne, levée de fonds, revenus).
  • CV, diplômes, lettres de recommandation.
  • Casier judiciaire, passeport, photos, assurance maladie…

 

 

Les différents statuts d'entreprises en Israël

 

Un étranger peut créer ou détenir une entreprise en Israël. Les deux options les plus courantes pour un Français sont la société israélienne à responsabilité limitée et l’activité indépendante. Une entreprise étrangère peut aussi s’implanter via une filiale, elle doit alors effectuer des démarches d’enregistrement local et des démarches fiscales.

La société israélienne à responsabilité limitée (Ltd. israélienne) est l’équivalent le plus proche de la SAS/SARL française : elle possède son propre patrimoine, signe ses contrats et paie ses impôts en son nom. C’est généralement le statut le plus adapté à un entrepreneur étranger qui veut limiter son risque personnel ou accueillir des associés et des investisseurs. 

Elle est enregistrée auprès de l’Autorité israélienne des sociétés (Israeli Corporations Authority). Après sa création, il faut ouvrir les dossiers nécessaires auprès des autorités fiscales, notamment pour la TVA et l’impôt sur les sociétés. Une redevance annuelle est due au Registre des sociétés, même si la société ne réalise pas encore de chiffre d’affaires, des déclarations annuelles sont également requises.

L’activité indépendante se rapproche énormément du statut d’auto-entrepreneur. En Israël, on parle généralement de Osek Patur ou Osek Murshe. Osek Patur correspond à une petite activité : l’entrepreneur ne facture pas de TVA à ses clients et ne récupère pas la TVA sur ses dépenses professionnelles. Ce régime est soumis à un plafond annuel de chiffre d’affaires, qui est actualisé régulièrement. Certaines professions réglementées ne peuvent pas l’utiliser.

L’Osek Murshe facture la TVA israélienne à ses clients et peut, sous conditions, déduire la TVA payée sur ses achats et sur ses frais professionnels. Il convient mieux si l’activité dépasse le plafond de l’Osek Patur, si les clients sont surtout des entreprises, ou si le travail nécessite beaucoup d’achats et de dépenses. Il est aussi souvent plus crédible pour des partenaires professionnels.

Pour ces deux options, il faut s’enregistrer séparément auprès de la TVA, de l’impôt sur le revenu et de l’assurance nationale israélienne. Pour un étranger, l’administration prévoit notamment un dossier TVA spécifique, avec un passeport, un visa et la nomination d’un représentant local. 

Si une entreprise française souhaite s’implanter en Israël, il est préférable de créer une filiale : elle sépare les risques israéliens de ceux de la maison mère et donne une structure plus lisible aux clients, aux banques, aux salariés et aux partenaires locaux.

 

 

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Comment enregistrer son entreprise en Israël ?

 

Une fois le format de l’entreprise choisi, il faut se lancer dans les démarches pour enregistrer son entreprise. Pour un étranger, créer l’entreprise ne donne pas automatiquement le droit de vivre ou de travailler en Israël : le visa ou le titre de séjour doit aussi autoriser l’activité. 

 

Les étapes pour créer une société Ltd. : 

1 - Choisir un nom et préparer la structure. 

2 - Déposer le dossier au Registre des sociétés, rattaché à l’Autorité israélienne des sociétés.

3 - Ouvrir un compte bancaire professionnel israélien après l’immatriculation.

4 - Ouvrir les dossiers fiscaux : TVA, impôt sur les sociétés et, s’il y a des salariés, retenues à la source et assurance nationale. 

5 - Demander les autorisations sectorielles si l’activité est réglementée.

 

Les documents nécessaires : 

 

  • formulaire de demande d’immatriculation 
  • statuts de la société 
  • déclarations des premiers actionnaires et administrateurs 
  • justificatif du paiement des frais d’immatriculation 
  • passeports des dirigeants et des associés étrangers 
  • justificatif d’adresse de la société 
  • Si les documents sont signés hors d’Israël, il faut une signature devant un consulat israélien ou devant un notaire.


 

Les étapes pour ouvrir une activité Osek, une fois le type d’Osek choisi : 

1 - Ouvrir le dossier TVA et impôt sur le revenu.

2 - S’inscrire à l’assurance nationale (Bituach Leumi).

3 - Mettre en place une facturation conforme et conserver les justificatifs des recettes et dépenses.

 

Pour un Osek Murshe, le formulaire TVA 821 est utilisé. Il faut notamment joindre une pièce d’identité ou un document équivalent, ainsi qu’un justificatif de compte bancaire professionnel local. Pour un Osek Patur, la demande peut être déposée en ligne pour les personnes éligibles, elle ouvre les dossiers TVA et l’impôt sur le revenu, sans inscription séparée. Un bail ou un contrat d’achat des locaux peut être demandé lorsque l’activité s’exerce dans un local loué. 

Un non-résident ou une entreprise étrangère qui ouvre un dossier de TVA doit désigner un représentant en Israël. L’intervention d’un avocat israélien et d’un expert-comptable est souvent utile, en particulier pour l’apostille, les traductions, la banque et les déclarations fiscales. 


 

Les obligations de l'entrepreneur en Israël

 

Une fois l’activité créée, l’entrepreneur doit tenir une comptabilité fiable, déclarer ses recettes, conserver les factures et les justificatifs, et régler les impôts et cotisations dus. Un expert-comptable israélien est très utile, car les déclarations concernent plusieurs administrations distinctes : l’impôt sur le revenu, la TVA et l’assurance nationale. 

Un compte professionnel séparé est fortement recommandé, il est pratiquement indispensable pour une Ltd. : pour payer les fournisseurs, les salaires, les impôts et recevoir les règlements de façon traçable. La durée normale de travail des salariés ne doit pas dépasser 42 heures par semaine, hors heures supplémentaires.

 

 

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Un entrepreneur doit aussi financer sa part de l’assurance nationale et cotiser à la retraite pour les salariés éligibles : une partie des cotisations peut être prélevée sur le salaire du salarié, tandis qu’une autre est supportée par l’entreprise. 

Pour justifier le recrutement d’un salarié étranger qualifié, l’employeur doit démontrer le besoin réel de son expertise, la demande nécessite notamment une note explicative, le CV et les diplômes de la personne, ainsi que des éléments prouvant l’activité de l’entreprise et son emploi local. Un salarié étranger ne peut pas travailler légalement avec un simple visa de visite. L’entreprise doit d’abord demander un permis de travail, puis le salarié demande le visa de travail B/1 correspondant.


 

Les ressources pour les entrepreneurs en Israël

 

Pour entreprendre en Israël, de nombreuses ressources sont disponibles : 

Business France : 

Business France accompagne les entreprises françaises qui souhaitent se développer en Israël. Le bureau de Tel Aviv met en relation avec des réseaux locaux et des partenaires israéliens

 

Chambre de commerce France–Israël (CCI France Israël) : 

La CCI France Israël organise des rencontres d’affaires, des petits-déjeuners thématiques, des missions économiques et des événements franco-israéliens. Elle propose aussi un accompagnement pour les entreprises françaises qui s’implantent.

 

- French Tech Tel Aviv : 

French Tech rassemble l’écosystème start-up français présent en Israël. Elle propose des événements, des ateliers, des sessions de networking et un accès à un réseau d’entrepreneurs, d’investisseurs et de mentors.

 

 


 

Israel Innovation Authority (Autorité israélienne de l’innovation) : 

Cet organisme public aide les start-ups et les projets technologiques. Il propose des subventions, des programmes d’accompagnement, des aides à l’innovation…

 

Certains événements prennent aussi place dans le pays : DLD Tel Aviv, une conférence internationale sur l’innovation et la tech, mais aussi la Cyber Week ou des salons dédiés à de nombreux secteurs de l’innovation.


 

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